Orientaliste et helléniste, Véronique Schiltz a été et reste la grande spécialiste des peuples nomades des steppes, du premier millénaire avant notre ère au premier millénaire de notre ère. Experte de l’Asie centrale et des régions avoisinantes, elle contribue, dès les années 1970, et tout au long de sa carrière, à les faire connaître. Ses remarquables expositions rencontrent un succès retentissant : L’Or des Scythes (Paris, 1975)[1], L’Or des cavaliers thraces (Montréal, 1987)[2], L’Or des Sarmates (Daoulas, 1995)[3], L’Or des Amazones (Paris, 2001, et Toulouse, 2002)[4]. Membre de l’Institut des études slaves, elle est également membre associé de l’unité mixte de recherche Archéologies d’orient et d’occident, dans l’équipe Hellénisme et civilisations orientales (fouilles de Samarcande) au Laboratoire d’archéologie de l’École normale supérieure-Ulm. Passionnée par la transmission du savoir au grand public, ses recherches donnent lieu à de magnifiques ouvrages, dont Les Scythes et les nomades des steppes, VIIIe siècle av. J.-C.-Ier siècle ap. J.-C[5], qui reste aujourd’hui une référence ou encore La redécouverte de l’or des Scythes[6].

Véronique Schiltz est également spécialiste de l’histoire de l’art russe et traductrice de recueils de poèmes et d’essais, notamment des œuvres de Joseph Brodsky. Jusqu’en 1998, elle collabore à « Panorama », l’émission quotidienne de France Culture sur l’actualité des arts et des lettres. Agrégée de lettres classiques en 1964, sa passion pour le monde russe la conduit à Moscou où, de 1965 à 1967, elle est lectrice à la faculté de langues romanes à l’université d’État de Moscou et chargée d’un cours de littérature et civilisation françaises. Elle va y nouer des liens indéfectibles avec des intellectuels et artistes russes, ainsi qu’à Saint-Pétersbourg.
À son retour en France en 1967, elle choisit l’université de Franche-Comté pour y poursuivre sa carrière universitaire. De 1967 à 2000, maître de conférences d’archéologie et d’histoire de l’art classique à la faculté des lettres et sciences humaines, son enseignement, grâce à sa personnalité si singulière et riche, passionne des générations d’étudiants. Hors norme, esprit brillant, encyclopédique, d’une curiosité intellectuelle insatiable, spécialiste des nomades des steppes, elle leur apprend à déambuler hors des sentiers battus. Ses années d’enseignement à Besançon sont marquées par son goût pour la transmission du savoir et par sa tendresse pour la région de Franche-Comté, qui s’accorde si bien à son caractère chaleureux et réservé. Elle n’hésite pas, par exemple, à animer des séminaires annuels de cuisine historique, organisés avec ses étudiants bisontins à Villars-Saint-Georges.
Nommée chevalier dans l’ordre des Palmes académiques (2005), chevalier de la Légion d’honneur (2010), officier dans l’ordre national du Mérite (2016), elle devient membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres le 2 décembre 2011. Son élection en qualité d’Immortelle marque la consécration de ses recherches et de son engagement dans l’archéologie du monde scythe et des peuples des steppes.