L’organisation des cours 

Thierry Kouamé

Les statuts divisent la journée de travail en deux temps, qui correspondent à des types d’enseignement différents (§ 18)1. Au lever du jour, la cloche appelle les professeurs et leurs étudiants à rejoindre les écoles pour débuter les leçons ordinaires. Il s’agit du principal cours de la journée, qui dure une heure et demie à la faculté de droit. Le professeur y pratique l’exercice classique de la lectio, qui consiste à faire le commentaire approfondi d’une œuvre au programme tout en explicitant ses liens avec les autres parties du corpus, de manière à faire une présentation complète de la discipline. À deux heures et demie de l’après-midi, la sonnerie de la cloche introduit le second temps de la journée, celui des leçons extraordinaires, qui ne doivent pas durer plus d’une heure et demie. Le professeur peut y aborder des points secondaires, résoudre une quaestio soulevée lors d’une leçon ordinaire ou superviser le commentaire cursif d’une œuvre au programme, réalisé par un bachelier.

Les cours n’ont toutefois lieu que les « jours lisibles », c’est-à-dire en dehors des vacances, des dimanches et des fêtes chômées. Les statuts définissent trois périodes de vacances : environ trois semaines à Noël, du 20 décembre au 7 janvier, deux semaines à Pâques, de la veille des Rameaux au lundi après Quasimodo, et trois semaines et demie à la fin de l’été, du 7 septembre à la veille de la rentrée, fixée au 2 octobre (§ 34). Mais une multitude de fêtes religieuses, parfois chômées de la veille au lendemain, réduisaient encore le nombre de jours ouvrés. Il ne reste plus ainsi qu’une douzaine de jours lisibles en août ou en juin, sans même parler du mois d’avril, qui est plus ou moins amputé par les vacances de Pâques. En somme, la période la plus studieuse de l’année s’étale du début du mois d’octobre au milieu mois de mars. 

Enluminure aux armes de Pierre Mercier, recteur en 1541. L’artiste a représenté, aux côtés du blason du recteur, un génie prenant son vol malgré les entraves. Bibliothèque municipale de Besançon, Ms. 983, f°11 v°.

Notes :
1 – Marcel Fournier, Les statuts et privilèges des universités françaises depuis leur fondation jusqu’en 1789, t. III, Paris, Larose et Forcel, 1892, p. 102-120, no 1616.
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