La construction de la nouvelle MSHE Claude Nicolas Ledoux

Maryse Graner

Le document de synthèse du plan pour l’université du IIIe millénaire, rédigé en 1999 par la préfecture de Région Franche-Comté et le rectorat de l’académie de Franche-Comté, préconisait de structurer et de dynamiser la recherche en sciences humaines et sociales grâce à la création d’une Maison régionale des sciences de l’homme (MSH). L’objectif consiste à fédérer les équipes de recherche autour de la thématique « Ville, cité, territoire », d’assurer des fonctions de plateforme technique, logistique et administrative commune. Ce centre de ressources documentaires, cet espace de travail ouvert sur l’environnement économique et social est une de vitrine de la recherche en sciences humaines et sociales et un lieu de rencontres et d’animation scientifique et culturelle.

Ce vœu, émis par le président Claude Oytana, puis l’idée, fortement soutenue par les présidents de l’université successifs (Françoise Bévalot et Claude Condé), se trouvent à l’origine du pôle de recherche « Homme, temps, territoire ». Créé au titre du contrat de plan État-région (CPER) 2000-2006, il préfigure la Maison des sciences de l’homme et de l’environnement (MSHE) Claude Nicolas Ledoux, unité d’appui et de recherche n°3124 du CNRS et de l’université de Franche-Comté.

Le 24 juin 2014, la première pierre des nouveaux bâtiments de la MSHE est posée.

Pose de la première pierre de la MSHE Claude Nicolas Ledoux, le 24 juin 2014.
De gauche à droite : Éric Martin, recteur de l’académie de Besançon ; Jean-Claude Daumas, directeur de la MSHE ; Anne Vignot, conseillère régionale représentant la présidente de région Franche-Comté ; Jacques Bahi, président de l’université ; Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon ; François Favory, précédent directeur et créateur de la MSHE.
Ludovic Godard.

L’inauguration a lieu trois années plus tard, le 27 février 2017, en présence de Raphaël Bartolt, préfet du Doubs, Marie-Guite Duffay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Louis Fousseret, maire de la ville, Jean-François Chanet, recteur de l’académie de Besançon, Éric Pierrat, secrétaire général pour les affaires régionales de Bourgogne-Franche-Comté et Jacques Bahi, président de l’université. Le financement initial du projet est assuré par le CPER 2007-2013, à hauteur de 2 M€ par la région Franche-Comté, de 2 M€ par la ville de Besançon, d’1 M€ par l’université de Franche-Comté et par 0,5 M€ de l’État. Une enveloppe supplémentaire de 1,6 M€ est accordée dans le cadre du CPER 2015-2020, soit un budget total de 7,1 millions d’euros. L’UFC ajoute également un complément final de 275 000 € pour boucler l’opération.

La MSHE est implantée dans le site universitaire bisontin de l’Arsenal, à l’angle de la place Saint-Jacques et de la rue Charles Nodier, dans les bâtiments conçus par l’architecte Adelfo Scaranello. La MSHE occupe deux bâtiments : le pavillon Bichat réhabilité et un bâtiment neuf qui abrite une salle de conférences d’une capacité de 150 places. Cette dernière accueille colloques, séminaires, conférences, tables rondes, dont plusieurs manifestations régulières[1] destinées au grand public dans le cadre des politiques de transfert des savoirs scientifiques et des façons de faire la science avec et pour la société.

La réhabilitation et la construction des bâtiments intègrent des contraintes techniques fortes, comme la nécessité de conserver une façade située en secteur sauvegardé. Les pierres, récupérées lors de la déconstruction d’un mur qui traçait la limite du parcellaire antérieur, ont été pour partie réemployées pour constituer l’ensemble des nouveaux volumes.

Nouveaux bâtiments de la MSHE, esplanade Germaine Tillion, 2017.
Ludovic Godard.

La disposition en retrait du bâtiment forme un parvis urbain, nommé esplanade Germaine Tillion (1907-2008), ethnologue et résistante ayant appartenu au réseau du musée de l’Homme, déportée à Ravensbrück et humaniste engagée[2]. Aménagée ultérieurement, l’esplanade est inaugurée le 6 avril 2022 et concrétise, respectivement, l’ouverture de cette unité d’appui et de recherche et de la recherche scientifique en sciences humaines, environnementales et sociales, sur l’espace public et la société.

Deux œuvres acquises dans le cadre du dispositif du 1% artistique sont présentées dans la salle de conférences de la MSHE. Il s’agit de deux photographies Counter memories 2 et 3 de l’artiste Brigitte Zieger.

Les œuvres de l’artiste Brigitte Zieger dans la salle de conférences, 1 % artistique de la MSHE Claude Nicolas Ledoux. Brigitte Zieger, ADAGP, 2025.

Ces photographies de statuaires du monde antique évoquent immédiatement la profondeur temporelle des activités de la MSHE. Ensuite, le regard y lit des silhouettes incrustées, faisant référence à des images connues du festival de Woodstock et du mouvement Flower power. L’intrication historique, les contradictions sémantiques entre scènes de guerre et revendications pacifistes, l’appel à ce qui est caché évoque aussi la recherche en sciences humaines et sociales[3].


Notes :
  • 1. Dont les « jeudis de la MSHE ».
  • 2. Le musée de la Résistance et de la Déportation à la citadelle de Besançon conserve un fonds documentaire important sur Germaine Tillion.
  • 3. Cf. note 1.
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