Les cursus, grades et examens

Thierry Kouamé

L’université de Dole comprend cinq facultés consacrées aux disciplines qui dominent la culture savante à la fin du Moyen Âge. Les facultés des arts, de médecine, de droit civil et de droit canonique existent dès la fondation du studium, tandis que celle de théologie n’est instituée qu’en 1437. Dans ce système, la faculté des arts, où l’on étudie essentiellement la philosophie, sert de propédeutique aux quatre autres, qui sont qualifiées de « facultés supérieures ». Chaque faculté délivre trois grades universitaires, qui s’obtiennent toujours dans le même ordre. Le baccalauréat, d’abord, sanctionne le cursus d’un étudiant assez avancé pour commencer à enseigner sous le contrôle d’un maître. La licence, ensuite, héritière de l’ancienne autorisation ecclésiastique d’enseigner (licentia docendi), distingue le bachelier qui possède une parfaite connaissance de sa discipline et peut donc enseigner seul. La maîtrise (ou doctorat), enfin, marque l’intégration du licencié au corps professoral de sa faculté. Si les deux premiers grades donnent lieu à de véritables épreuves orales, publiques ou privées, l’obtention du dernier se limite le plus souvent à une cérémonie officielle d’investiture, qui s’accompagne de la remise d’objets symboliques, comme la barrette (ou bonnet carré) des docteurs. Les statuts de l’université de Dole prescrivent des durées d’études différentes, selon que le candidat au grade étudie à la faculté des arts ou dans l’une des facultés supérieures. 

Mention du mot “baccalauraei Juris “(baccalauréat de droit), 1563. Bibliothèque municipale de Besançon, Ms. 984, f°41 v°.

Liste des bacheliers de mars 1500. Bibliothèque municipale de Besançon, Ms. 982, f°10 v°.

Mention du mot “LICENTIATU “(licence), 1541. Bibliothèque municipale de Besançon, Ms. 984, f°9v.

Liste des licenciés en droit de mars 1500. Bibliothèque municipale de Besançon, Ms. 982, f°11.

À la faculté des arts, les candidats au baccalauréat doivent justifier d’au moins un an d’études et « déterminer » publiquement, c’est-à-dire trouver la solution à un problème posé par un maître, si bien que les statuts les qualifient de « déterminants », sur le modèle de l’université de Paris (§ 60-61). Les bacheliers doivent ensuite étudier pendant un an et demi et soutenir trois disputes scolastiques par semaine pendant le Carême. Ils passent enfin un examen devant les quatre professeurs de la faculté, afin d’être admis au grade de maître ès arts (§ 62). 

Dans les facultés supérieures, les durées étaient, à l’origine, de quarante mois avant le baccalauréat, puis quarante mois avant la licence, comme l’atteste encore, en 1433, le mandement de Philippe le Bon imposant aux juristes le respect de ce règlement2. Mais la dernière version des statuts semble avoir intégré les demandes des juristes, puisque le texte édité par Fournier réduit leurs durées d’études à deux périodes de trente mois (§ 4). Au XVIe siècle, à Dole, on peut donc obtenir sa licence en droit au bout de cinq ans de formation, comme étudiant, puis bachelier. Un licencié de l’une des deux facultés juridiques peut même se présenter à la licence dans l’autre faculté au bout de seulement trois ans, grâce à un système d’équivalence (§ 32). Le candidat au baccalauréat, s’il veut collationner son grade (§ 44), doit soutenir son propositum (sorte d’opinion doctrinale prononcée en chaire) dans les deux mois qui suivent son examen. Quant au candidat à la licence, il est auditionné pendant au moins deux heures par un jury de docteurs sur un sujet donné la veille (§ 45). Si cet examen privé s’avère concluant, le lauréat est présenté dans les trois mois au vice-chancelier de l’université, qui lui confère la licence, lors d’une cérémonie officielle à la collégiale Notre-Dame de Dole. 

Notes :
  • 2. Ibid., p. 122-123, no 1620. 
  • 3. Henri Beaune, Jules d’Arbaumont, Les universités de Franche-Comté. Gray, Dole, Besançon, DijonMarchand, 1870, p. 121. 
  • 4. Ibid., p. 147-149, 171-172. 
  • 5. Ibid., p. 173. 
  • 6. Ibid., p. 181. 
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