Vélocampus, une association étudiante engagée

Maryse Graner, avec l’aide de Stéphanie Chatelain, de John Pol-Pierrel et de Quentin Coussirat

L’idée initiale du concept Vélocampus est née dans l’esprit d’étudiantes et d’étudiants de l’université de Nantes : leur l’association voit le jour en 1997. Vélocampus s’attache tout d’abord à apporter une solution de déplacement écologique pour ceux d’entre eux qui sont en difficulté financière ou sociale, en leur fournissant un vélo de prêt. Ce mouvement essaime en France. En 2008, naît Vélocampus du lion[1], à l’initiative d’un groupe d’étudiants du département Carrières sociales de l’IUT de Belfort Montbéliard (désormais IUT Nord Franche-Comté) et de deux de leurs enseignants, Geneviève Chevrolat et John-Pol Pierrel. L’idée intéresse les étudiants bisontins qui viennent les rencontrer et l’année suivante, Vélocampus Bouloie est créée à son tour.

Ces deux associations, ouvertes aux étudiantes et aux étudiants mais aussi aux personnels de l’université, proposent des ateliers d’auto-réparation pour apprendre à réparer sa bicyclette. Dans leur atelier participatif, des outils mis à leur disposition. Les objectifs sont de favoriser la pratique du vélo au quotidien, de remettre en circulation des vélos délaissés, de réemployer les pièces détachées et de recycler les matières premières, tout cela en partageant les savoir-faire pour favoriser l’autonomie des cyclistes. Ce qui selon l’association se résume en « vélonomie » : l’autonomie dans l’usage, l’entretien et la réparation de leur vélo[2].

Si l’usage de la bicyclette est bon pour la santé, il l’est également pour la ville et pour l’environnement. L’action de Vélocampus encourage l’écomobilité et renforce la cohésion sociale dans les campus. Leurs activités s’orientent, par le biais des bénévoles et deux salariés[3], autour de la transmission de la mécanique, de la remise en circulation de vélos et de pièces d’occasion[4]. Les adhérentes et les adhérents aiment aussi organiser des évènements joyeux et revendicatifs, à l’occasion des journées portes ouvertes de l’université, lors de l’organisation de la vélorution, sorte de carnaval à vélo, ou pendant un week-end festif pour la Fête nationale du vélo[5].

Chez Vélocampus du lion, la location de vélos à petits prix est l’activité principale de l’association ; des bourses aux vélos sont organisées tout au long de l’année.

Atelier de Vélocampus à l’IUT Belfort Montbéliard, mars 2015.

À sa création, dix étudiants et enseignants accompagnateurs entreprennent un voyage à vélo, de Belfort aux Saintes-Marie-de-la-Mer, pour promouvoir l’association et la découverte de la randonnée sur une longue distance, pendant une semaine. Le 20 mars 2015, l’engagement de ses membres est récompensé par le prix « Association coup de cœur »[6], offert par les sociétaires de la caisse locale du Crédit Agricole, lors de l’assemblée générale au théâtre Granit de Belfort, devant un public de 800 personnes.

À Besançon, en 2016, Vélocampus ouvre un second atelier situé rue d’Arènes au centre-ville afin de faciliter l’accès à un atelier d’autoréparation et à des vélos d’occasion auprès d’un nouveau public. Il devient cependant difficile aux membres de l’association de gérer les deux ateliers simultanément, d’autant que les membres actifs ne restent que pendant leurs années d’études avant de partir ensuite pour d’autres villes. En 2022, les deux ateliers prennent chacun leur autonomie. L’atelier Vélocampus Bouloie constitue une nouvelle équipe et cette dernière s’organise et apprend à gérer l’atelier en proposant des formations en mécanique vélo et en vie associative.

Atelier de Vélocampus à la Bouloie (Besançon), 2013.
Ludovic Godard.

Elle souhaite élargir son champ d’activité autour du participatif, du social et du solidaire. Toutes les initiatives proches de ces valeurs sont les bienvenues et l’atelier est pensé comme un support à de nouvelles actions, allant du « repair’café » à l’atelier de couture, en passant par la ressourcerie, les ateliers de fabrication et d’expérimentation, de pédagogie… Certains fabriquent des meubles à partir de pièces détachées de vélo, d’autres des ceintures avec des pneus, le concept est d’être créatif et de recycler. Quant au précédent et second atelier rue d’Arènes, il déménage pendant l’été 2022 pour s’installer, à la rentrée de septembre, au 37 rue Battant. L’association s’intitule désormais « Les Manivelles ».


Notes :
  • 2. Voir le chapitre « Comment changer notre mobilité ? Analyse d’un atelier associatif de réparation de vélos à Besançon », de Mathilde Asciak, Marie Boudergues et Tifaine Picosson, in Bruno Laffort (dir.), Penser le monde d’après. Témoigner d’un engagement. Enquêtes dans le Doubs d’étudiantes en sociologie, Besançon, PUFC (« Pratiques & Techniques »), 2023, p. 43-69.
  • 3. Service civique et contrat aidé.
  • 4. L’association bénéficie de dons de vélos ou de pièces détachées.
  • 6. Sous la forme d’un chèque de 2 836 euros qui permet à Vélocampus du lion d’agrandir et de rénover son parc à vélos pour offrir aux adhérents des vélos de qualité, mais également de s’inscrire en profondeur dans la dynamique durable du projet Éco’Campus.
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