Créée en 1971, à la suite de la loi Faure, l’université de Besançon s’affirme, au fil des années, comme un moteur socio-économique et culturel de son territoire. Les collectivités territoriales prennent conscience que c’est une véritable richesse d’attractivité et de développement que de pouvoir compter un établissement d’enseignement supérieur et de recherche dans leur ressort.
En février 1977, Pierre Lévêque, président de l’université, signe un article intitulé « L’université de Franche-Comté, dans sa ville et dans sa région », dans le numéro 29 du journal le Bire. Il y fait part d’une analyse statistique qui vient d’être menée pour le colloque annuel des présidents d’universités. Elle dégage une typologie des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
La première étude vise à préciser le poids relatif de l’université dans la ville où elle est installée. Il en ressort que le site universitaire de Besançon appartient au type 1, celui où l’enseignement supérieur constitue la fonction urbaine la plus importante et où environ un citadin sur dix en tire directement ses revenus. Avec un rapport de nombre d’étudiants de 85,87 pour 1 000 habitants (à comparer à une moyenne nationale de 42), dit-il, l’université occupe une situation médiane derrière Montpellier, Poitiers, Rennes, devant Toulouse, Nancy, Caen et Grenoble.
Une seconde étude permet d’appréhender la part relative occupée dans les universités par la formation continue, part largement déterminée par l’importance du milieu économique régional et par les efforts déployés par les universitaires pour répondre à ses besoins. L’université de Besançon appartient, ici encore, au groupe 1, en cinquième position derrière Compiègne, Mulhouse, Valenciennes, Metz, et devant La Réunion, Lille, Toulon, Grenoble et Saint-Étienne. Le rapport du chiffre d’affaires de la formation continue par le nombre d’étudiants de la formation initiale est, en effet, pour elle, de 350, alors que la moyenne nationale s’établit à 107.
Avec Grenoble, l’université de Franche-Comté est la seule université française à appartenir au groupe 1 dans les deux classements, alors que normalement ils s’offrent comme un négatif l’un de l’autre. Toutes deux sont des universités anciennes et d’un poids considérable dans leur ville.
P. Lévêque conclut que l’université pèse d’un poids particulier dans la ville de Besançon, ce que, confirme-t-il, la municipalité a pleinement compris et ce qui la guide dans tous les efforts qu’elle réalise pour l’aider, dans la mesure de ses possibilités. Il ajoute que la seconde étude témoigne de l’impact de l’université en Franche-Comté sur les réalités économiques et sur l’amélioration de la formation des « masses laborieuses ». Ainsi, dès 1977, les universités sont fermement décidées à représenter un élément moteur de la formation et à innover pleinement, dans l’ensemble de leur région.