Lucien Lerat (1909-1993)

Sophie Montel et Benjamin Clément

En 1950, au moment de l’acquisition de la parcelle auprès de la Banque de France, Lucien Lerat est professeur de langue et littérature grecques et directeur des Antiquités historiques de Franche-Comté. C’est déjà lui qui a surveillé les opérations de fouilles préventives menées en 1952-1953 sur les terrains nouvellement acquis, avant la construction du bâtiment D, regroupant à l’époque l’amphithéâtre Donzelot et l’institut de chimie1.

Photographie de Lucien Lerat (1909-1993). université de Franche-Comté, UFR SLHS.

Membre de l’école française d’Athènes, Lucien Lerat a l’opportunité de fouiller dans le sanctuaire d’Apollon à Delphes, sur lequel il ne cessera de travailler. De retour en France, après une année au lycée de Nancy, il est nommé, en 1937, à l’université de Besançon. Chargé d’enseignement de langue et de littérature grecques, il devient professeur de grec en 1950, puis professeur d’archéologie et d’antiquités nationales en 1956, chaire qui fut créée pour lui. Il joue un rôle majeur dans les découvertes archéologiques régionales. Directeur des Antiquités historiques de Franche-Comté entre 1942 et 1971, il assure la surveillance des chantiers archéologiques de la ville et de la région. De 1961 à 1981, il dirige les fouilles du sanctuaire des Villards-d’Héria. Il participe largement à la vie du musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon aux côtés des conservateurs de l’époque, tout en travaillant au déploiement et à l’étude des collections à Gray, à Vesoul ou encore à Luxeuil.

Lucien Lerat contribue à la publication de nombreux objets, issus des fouilles anciennes et des découvertes de la seconde moitié du XXe siècle. Il anime les Chroniques de la circonscription des Antiquités historiques dans la revue Gallia, la grande revue de l’archéologie nationale. Enfin, il marque des générations d’étudiants en archéologie. Son héritage est aujourd’hui vivace, que ce soit dans les travaux de réorganisation des collections archéologiques du musée des beaux-arts et d’archéologie de la ville ou sur le terrain.

Doyen de la faculté des lettres entre 1953 et 1960, il contribue à l’agrandissement des locaux et à la rénovation des espaces, qui doivent accueillir des étudiants en nombre croissant. Auprès d’eux, Lucien Lerat montre un engagement sans faille, comme le prouve  sa présence au tribunal pour soutenir Francine Rapiné lors de son procès, aux côtés de Paul Ricoeur, André Mandouz, ou André Philip, ancien ministre du général de Gaulle.

Notes :
1 – Ce dernier, actuel bâtiment D de l’UFR SLHS, accueille aujourd’hui des salles de cours et des bureaux sur trois niveaux.
ARTICLES SIMILAIRES :
error: Contenu protégé.