Le SCUIO-IP : affirmer la mission d’information, d’orientation et d’aide à l’insertion professionnelle des étudiants

Maryse Graner avec l’aide de Michel Stimpfling, de Ghislaine Savonet et de Karin Monnier-Jobé

À l’université de Franche-Comté, le service qui était initialement installé au campus de la Bouloie, tout comme les autres services généraux, déménage avec eux, en 1994, dans les nouveaux locaux de Goudimel, où la présidence s’est installée[1]. L’intitulé du service évolue : le BIRE fait place au nouveau sigle national de SCUIO-IP[2], service commun universitaire d’information et d’orientation et d’aide à l’insertion professionnelle, chargé également de l’insertion professionnelle des étudiants. Le cabinet d’architecture Lefranc-Corbet a bien pris en compte le cahier des charges relatif aux besoins spécifiques des différents professionnels du service lors de la rénovation du bâtiment. Ce sont donc enfin des locaux parfaitement adaptés à la documentation et à l’orientation qui sont livrés. Les conseillères d’orientation disposent de box individuels où elles peuvent recevoir les étudiants, leur assurant la confidentialité nécessaire aux entretiens individuels. La partie documentation dispose d’un bel espace, où elle est accessible en autonomie, avec rayonnages, tables de lecture et éclairage adapté à la lecture. Des espaces permettent aussi les échanges sur la rédaction de CV, les simulations d’entretiens d’embauche, l’aide à l’insertion professionnelle en général. Un ordinateur est à la disposition des étudiants.

Étudiant consultant des dépliants d’information, en autonomie, dans la salle de documentation. Georges Pannetton.
L’accompagnement d’étudiants au service de la documentation, en 1994, par Annie Jeunot (à droite) et Marie-Thérèse Carry (à gauche). Georges Pannetton.

L’équipe gère 25 000 contacts annuels, renseignant les étudiants à la recherche d’un service, d’une orientation, d’une aide pour trouver un premier emploi. 5 000 étudiants sont reçus annuellement sur place, dont près d’un millier en entretiens individuels. En interne, le service travaille en étroite relation avec les équipes pédagogiques et administratives de l’université. En externe, pour l’orientation, il collabore avec le CIO[3], le rectorat, et l’ONISEP, l’APEC, l’ANPE, la chambre de commerce et d’industrie ainsi qu’avec de très nombreux partenaires extérieurs représentant le monde des entreprises, les collectivités, les associations[4].

Pour mettre en œuvre ses actions, le SCUIO-IP s’appuie fortement sur les données fournies par l’observatoire des formations et de la vie étudiante (OFVE), créé en 1989, et surl’Observatoire du suivi et de l’insertion professionnelle des étudiants, en 1997 : tous deux réalisent des enquêtes sur le suivi des cohortes de diplômés et des travaux récurrents comme le tableau de bord annuel[5]. En étroite collaboration avec la direction de la communication, le SCUIO édite de nombreuses plaquettes d’information sur les diplômes en ciblant les publics (fiches-lycéens), de poursuite d’études pour les étudiants (LP, masters…) et sur ses services.

Exemple de plaquette informative sur les services du SCUIO, années universitaires 1996-1997. Catherine Bouteiller.
Exemple de plaquette informative sur les services du SCUIO, année universitaire 2008-2009. Catherine Bouteiller.

En 2005, le SCUIO-IP rejoint les locaux de la Maison des étudiants, qui vient d’être inaugurée au cœur du campus de la Bouloie. Là encore, des espaces sont conçus pour faciliter ses différentes activités[6].

Le pôle information-orientation répond à la première mission du SCUIO-IP. Il s’agit d’abord de créer du lien avec les lycéens, futurs étudiants. Ghislaine Savonet assure la liaison « lycées-université[7] » grâce à des réunions régulières entre les différents acteurs : le service académique d’information et d’orientation du rectorat (SAIO), l’ONISEP, les CIO et les lycées de la région. Un réseau de correspondants d’enseignants du secondaire et d’enseignants universitaires se met en place[8]. C’est ensuite en 1998 que la décision d’organiser des Journées portes ouvertes (JPO) à l’université devient un élément décisif, permettant aux lycéens de s’approprier une vision concrète de leurs futures études.

Les forums et les salons étudiants sont une autre voie d’ouverture, à la rencontre du public. Le personnel du SCUIO y est toujours présent, accompagné d’enseignants des différentes composantes universitaires. En 1994, l’université coorganise le « Forum de l’avenir »[9] où 160 stands renseignent les lycéens de Besançon sur les filières de formation. Depuis 2000, l’université est également co-responsable[10] du « forum Initial, carrefour des métiers et des formations », qui s’adresse à 20 000 visiteurs, dont 16 000 lycéens et apprentis, mais aussi à un plus large public : familles, étudiants, demandeurs d’emploi. Il leur permet de bien s’orienter et d’élaborer un projet professionnel. Le SCUIO organise également des forums des métiers[11], comme ceux de l’industrie, du social, de la formation, du sport..

Stand du SCUIO dans un salon pour les futurs étudiants. De droite à gauche Elodie Belle, Maryline Janiaud, toutes deux conseillères à l’insertion professionnelle, et Aziza Chinaoui-Zebbiche, chargée de communication. Collection particulière.

Un autre champ d’action du pôle d’information et d’orientation concerne le renseignement personnalisé sur l’orientation ou la réorientation des étudiants dans les parcours et les cursus d’études, que ce soit à l’université de Franche-Comté ou dans d’autres institutions de l’enseignement supérieur. Le pôle comprend un centre de documentation et des postes informatiques ouverts en accès libre. Cette mission est portée par des conseillères d’orientation-psychologues (COP). Le SCUIO se partage, avec le CIO de Besançon, deux conseillères, chacune à mi-temps, soit un poste à temps plein, ce qui est certes peu en regard du nombre d’étudiants à recevoir.

Les deux conseillères d’orientation-psychologues en 1994, Françoise Chamagne et Suzanne Jeancler. Georges Pannetton.

La seconde mission du SCUIO-IP concerne l’aide à l’insertion professionnelle des étudiants. Michel Stimpfling apporte sa riche expertise sur les secteurs d’emplois, les activités associatives et les jobs étudiants qu’il met à leur service. Sophie Zecchini organise les contacts avec le monde socio-professionnel et des séminaires d’initiation à la création ou à la reprise d’entreprise. À partir de 2003 et jusqu’à son départ en 2009, elle pilote un dispositif d’insertion professionnelle des doctorants, d’abord expérimental, puis généralisé en 2009 à l’ensemble des doctorants de l’UFC. L’équipe poursuit ses missions, bien implantées depuis des années, et n’hésite pas à innover, notamment avec la création pionnière du service régional des stages en 1997[12].

En 2009, Claude Condé restructure les activités du SCUIO en deux pôles, pour répondre à la nouvelle loi LRU. Même si, précise-t-il avec raison et légitimité, « [l]’université de Franche-Comté a fait de l’insertion professionnelle de ses étudiants l’une de ses priorités stratégiques, bien avant que la loi LRU ne l’inscrive dans ses missions »[13].

Le pôle information, orientation, attractivité (PIOA) s’implique dans les dispositifs d’orientation et de réorientation, doté de six personnels et d’un budget de 82 000 euros. Il organise, en 2005, le forum « Initial : Que faire après le bac ? » et la « soirée de promotion des masters ». Pour affirmer son attractivité, la même année, le PIOA participe au salon des études supérieures organisé par Studyrama à Dijon, et présente l’université de Franche-Comté au salon de l’étudiant 3e cycle et masters à Paris. Avec sa carte de masters spécialisés, un environnement préservé et une qualité de vie plus accessible, l’UFC et sa région sont attractives pour de nombreux étudiants parisiens.

D’autre part, le président applique le schéma directeur en installant le bureau d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP), avec neuf personnels, trois étudiants-relais et un budget de 94 000 euros. Pour la nouvelle loi LRU, sa mission est « de diffuser aux étudiants une offre variée de stages et d’emplois, en lien avec les formations proposées par l’université, ainsi que d’assister les étudiants dans leur recherche de stages et d’un premier emploi ».

À cet effet, afin de renforcer l’interface du service avec le monde socio-économique, deux axes se précisent au sein du BAIP : la mission stage-emploi se charge plutôt de l’accompagnement personnalisé des étudiants dans leur projet professionnel, les aidant à construire ce projet, à rédiger un CV et des lettres de motivation, à réaliser un bilan de compétences. À ce titre, Maryline Janiaud accompagne étroitement les doctorants et les jeunes docteurs en leur proposant des formations[14] pour aider ceux qui ne trouvent pas place dans la recherche académique à envisager sereinement une autre carrière. Elodie Belle accompagne plus particulièrement les étudiants en recherche de stage et d’emploi, propose de suivre leur projet professionnel individuel et collectif, en partenariat avec pôle emploi. Michel Stimpfling, très engagé auprès des associations étudiantes, suit les projets de ceux issus principalement de l’UFR sciences du langage, de l’homme et de la société (SLHS). D’autre part, la cellule Synergies-entreprises gère les relations avec les partenaires extérieurs de l’université, pour multiplier les contacts et les interventions de professionnels dans les formations, dynamiser les partenariats, communiquer sur les filières et formations auprès des entreprises – d’abord œuvre de Christine Viel, qui coordonne le secteur bisontin, rejointe par Emmanuelle Born huit mois plus tard, pour développer les relations dans l’aire urbaine de Belfort-Montbéliard.

Dans le cadre de ce nouveau BAIP, est signée une convention le 7 mai 2009 entre Claude Condé, président de l’université, et Jean-Louis Boffy, président du comité partenarial régional de l’APEC pour la région Bourgogne-Franche-Comté[15]. Cette contractualisation entérine la collaboration exemplaire entre les deux institutions et un travail précurseur au niveau national depuis les années 1980. L’objectif de cette convention est de mutualiser les compétences. Avec elle, plus d’une centaine d’enseignants sont formés à l’animation de modules d’enseignement répondant à une nécessité nouvelle. Avec le passage au LMD, les ateliers de projets professionnels se transforment en unités d’enseignement transversal, présentes dans l’ensemble des formations, du DUT au doctorat.

En 2009, toujours, le dossier du BAIP fait partie des 165 projets retenus parmi les 500 proposés dans le cadre de l’appel à projets de Martin Hirsch, Haut-commissaire à la jeunesse, concernant l’expérimentation « Le temps des talents ». Le BAIP propose un accompagnement personnalisé vers l’emploi à un public diplômé ayant échoué aux concours de l’enseignement. Son objectif consiste à aider le jeune diplômé à travailler sur un nouveau projet, vers un emploi choisi pour une réinsertion professionnelle réussie, en assurant le lien entre université et monde professionnel.

La volonté d’implanter une antenne du BAIP dans le Nord-Franche-Comté se concrétise cette année-là également, à Montbéliard et à Belfort, avec Emmanuelle Born, offrant ainsi un meilleur service, au plus près des étudiants du territoire.

Le BAIP, devant les nombreux projets en cours, est doté d’un poste de chargée de communication, pourvu par Hélène Caire en 2008. De nouvelles actions sont alors engagées en ce sens, comme la réalisation d’un stand sous la forme d’une petite maison, dont la maquette est conçue à partir d’une création originale du peintre Godjo.

Petite maison du BAIP, Objectif 1er emploi, peinture originale de l’artiste Godjo. Jean-Michel Mourey.

Cette maison est également déclinée en maquette cartonnée, de format réduit, qui sert de vecteur de communication pour le service.

Le SCUIO-IP :

Les différents directeurs et chargés de mission : Joël Berger (1996), Bernard Lefort (1998), Oussama Barakat (2008), Daniel Gilbert (2004), Gabriele Padberg (2006), Jacqueline Callier, chargée de mission pôle information et Christine Gamba-Nasica, chargée de mission insertion professionnelle (2009), Laurence Jehle-Blanc, chargée de mission pôle information et BAIP (2012).

Les différents responsables administratifs : Christophe de Casteljau (1997), Gilberte Genevois (1999), Chantal Jeanningros (2002), Jeanne Choulet (2008).


Notes :
  • 1. Tout l’U, « Les missions du service commun d’information et d’orientation », 15 oct.1978, n° 61, p. 5.
  • 2. Service présent dans toutes les universités françaises depuis 1986 (JO du 12 février 1986), mais qui peut comporter des variantes de nom selon les établissements.
  • 3. CIO : centre d’information et d’orientation du rectorat de l’académie de Besançon.
  • 4. APEC : agence pour l’emploi des cadres ; ANPE : agence nationale pour l’emploi.
  • 5. Voir la notice, « Le pilotage de l’université : le recours aux indicateurs de performance » de Maryse Graner.
  • 6. Voir dans ce volume la notice « Les maisons des étudiants » de Maryse Graner.
  • 7. Tout l’U,  n° spécial « Liaison lycée université », juin 2023, n° 105, p. 6.
  • 8. Des journées de formation continue sont organisées pour les professeurs principaux des lycées et les COP, acteurs de l’information et de l’orientation dans le secondaire. En 2006, une newsletter spécifique « La lettre du correspondant » informant sur l’actualité de l’UFC est diffusée dans les lycées et les CIO.
  • 9. En collaboration avec le service académique d’information et d’orientation du rectorat (SAIO), l’ENSMM, avec le soutien de la Banque populaire de Franche-Comté.
  • 10. Avec l’académie de Besançon, la région Franche-Comté et la direction de l’agriculture et des forêts.
  • 11. Avec le soutien de la région Franche-Comté
  • 12. Impulsée par Michel Stimpfling, cette action est ensuite pilotée par Christine Viel entre 2002 et 2007, puis par Élodie Belle de 2007 à 2011.
  • 13. Tout l’Ufc, « Un partenariat pour l’insertion professionnelle », juin 2009, n° 142, p. 3.
  • 14. En collaboration avec l’agence pour l’emploi des cadres (APEC) et l’association Bernard Grégory, devenue Intelli’agence.
  • 15. Cf. Tout l’u,  n° 92, art. cité.
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