Le Mésocentre de calcul de Franche-Comté

Fabien Picaud, Kamel Mazouzi et Maryse Graner

Dans de nombreuses disciplines, la recherche s’appuie sur des simulations et sur des modélisations qui nécessitent un matériel informatique adapté au calcul haute performance. C’est aussi le cas dans certaines formations, notamment pour le master informatique.

En 2008, sous la présidence de Claude Condé, une réflexion est menée sur la nécessité de mutualiser tous les moyens de calculs des laboratoires au sein d’un seul service. Ce dossier est confié à Jacques Bahi, alors vice-président recherche. En 2009, avec le soutien affirmé de la région Franche-Comté, Laurent Philippe, enseignant-chercheur, est mandaté pour étudier et acquérir ce premier cluster de calcul. Le mésocentre[1] de Franche-Comté, service commun de l’université de Franche-Comté, est inauguré le 1er mars 2010[2].

Inauguration du mésocentre de calcul de Franche-Comté. Claude Condé, président de l’université, et Laurent Philippe, premier directeur, devant le cluster, mars 2010. Ludovic Godard.

Cette structure inclut des moyens matériels, logiciels et humains. Ce cluster (nommé Comté) possède une capacité de 5 téraFLOPS (5 mille milliards d’opérations flottantes par seconde). Il fait alors partie des dix premiers mésocentres classés en France : ce super calculateur offre à la communauté scientifique des ressources informatiques adaptées au calcul haute performance. Pour assurer son exploitation et son utilisation, Kamel Mazouzi, ingénieur de recherche, est recruté en qualité de directeur technique et expert en calcul scientifique.

Deux années plus tard, sa puissance passe à 9 téra-flops[3] et son utilisation ne cesse de croître. Pas moins de 130 000 programmes sont exécutés en 6 millions d’heures de calcul. Afin de marquer ses anniversaires, des semaines entières de calcul sont réservées à deux projets sélectionnés, appelés alors « grands challenges », dont le but est d’exploiter, en période creuse d’utilisation, le maximum de puissance du mésocentre. Cet engouement a permis de mettre en place une rencontre autour du calcul de haute performance en Franche-Comté. La « journée des utilisateurs » est créée et devient récurrente pour présenter les travaux de recherche que le mésocentre permet de réaliser.

Dossier de presse du mésocentre de calcul de Franche-Comté, févr. 2010. Catherine Bouteiller.

Le mésocentre de l’UFC est disponible pour toutes ses unités de recherche, ainsi que pour les entreprises de la région. Il met à leur disposition une plateforme technologique de qualité et un lieu d’échange, d’expériences et de compétences dans le domaine du calcul intensif haute performance et de l’intelligence artificielle (IA). Son défi majeur est de maintenir cette plateforme compétitive malgré les évolutions très rapides des technologies, qui imposent un renouvellement régulier de machines vite rendues obsolètes. Grâce au soutien de la région Franche-Comté, une première mise à jour est réalisée en 2013, portant la puissance du mésocentre à 12 téraFLOPS. Malgré cet investissement important, il quitte cependant le “top 10” des machines de calcul haute performance française.

En 2017, le mésocentre déménage dans une nouvelle salle machine. C’est l’occasion de déployer un nouveau calculateur d’une capacité de 100 téraFLOPS (nommé Lumière).

Depuis 2020, Fabien Picaud, enseignant-chercheur, nouveau directeur scientifique, et Kamel Mazouzi, directeur technique, pilotent le mésocentre. Une nouvelle impulsion est donnée en 2022 : pour répondre aux besoins des chercheurs en intelligence artificielle, le mésocentre se dote d’un tout nouveau cluster (appelé Hélios) spécialisé en machine-learning et deep-learning d’une capacité de 600 téraFLOPS.

En 2024, le mésocentre dispose ainsi d’une capacité de 700 téraFLOPS et d’environ 4 000 cœurs de calcul. Il délivre approximativement 8 millions d’heures de calculs annuels, pour près de 80 publications scientifiques annuelles le citant.

Notes :
  • 1. Financé par la Région Franche-Comté, l’université de Franche-Comté, l’ENSMM et l’UTBM. Les entreprises peuvent y faire appel moyennant finances.
  • 2. Le mésocentre est inauguré le 1er mars 2010 par Claude Condé, en présence de Bernard Cretin, directeur de l’ENSMM et Pascal Fournier, directeur de l’UTBM et d’Antoinette Gillet, vice-présidente déléguée à la recherche et à l’enseignement supérieur à la Région Franche-Comté, à partir de 2004.
  • 3. Un téraflops correspond à 1012 billions d’opérations à virgule flottante par seconde.
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