Lorsqu’en 1995 le ministère français de la Coopération décide d’étendre le plan d’aide au système éducatif djiboutien (PASED) aux mathématiques, il s’adresse à Ronan Chabauty, directeur du Centre de téléenseignement universitaire (CTU) de l’université de Franche-Comté, sur la recommandation de Maryse Quéré, chargée de mission à la Direction générale de l’enseignement supérieur. En effet, cette dernière connaissait et appréciait l’action du CTU pour l’avoir précédemment expertisé lors du plan de formation des professeurs de collège (PFPC)[1]. Ronan Chabauty, nommé « chargé de mission » par le président de l’université Claude Oytana, bénéficie alors de son soutien total et propose un projet, qui est retenu.
Ce projet est accueilli au centre de formation des personnels de l’éducation nationale (CFPEN) de Djibouti et assure, de 1996 à 2000, la formation de quatre promotions de 24 professeurs de collège au DEUG mathématiques, informatique et applications aux sciences (MIAS). Sur le modèle du PFPC, le CTU fournit le contenu de la formation et pilote un tutorat. Il s’appuie sur six assistants techniques français (agrégés), localisés à Djibouti. Les examens se déroulent sur place sous la supervision de l’université de Franche-Comté.
En septembre 1999, le ministre djiboutien de l’Éducation nationale exprime la volonté du nouveau président Ismaïl Omar Guelleh de créer une université de Djibouti qui ouvrira à la rentrée 2000 et proposera d’emblée une offre de cinq formations. En retour, le CTU propose de procéder plutôt par étapes et de commencer par créer un pôle universitaire de premier cycle. Là encore, ce projet étend le dispositif éprouvé du CFPEN, avec un tutorat qui s’agrandit au fur et à mesure des besoins et fait appel à des tuteurs djiboutiens. Ronan Chabauty joue un rôle central de conseil et de coordination entre la fédération interuniversitaire de l’enseignement à distance (FIED), regroupant 34 universités, et Djibouti. Son principal interlocuteur est Aïdid Aden Guedi, conseiller technique du ministre et premier recteur de la future université. À la rentrée 2000, le pôle universitaire de Djibouti (PUD) ouvre bien avec cinq DEUG. Besançon pilote ceux de MIAS et d’histoire, Dijon celui de lettres modernes, Grenoble 2 ceux de droit et de sciences économiques. En 2001 s’y ajoutent les DEUG d’administration économique et sociale (AES) avec Besançon et d’anglais avec Nancy.

En 2006, le président Guelleh décide la création de l’université de Djibouti (UD). Des conventions précisent la cessation progressive du PUD au profit de l’UD : l’université de Franche-Comté s’engage à accueillir les meilleurs étudiants de l’université de Djibouti dans ses masters. En 2009, un avenant programme l’ouverture de masters à l’UD.
Le couronnement de ces douze années de partenariat est la première soutenance de thèse à Djibouti par un étudiant djiboutien, Ramadan Ali Ahmed, d’un doctorat en physique réalisé à l’université de Franche-Comté sous la direction de Christophe Ramseyer. Elle se tient le 10 janvier 2010, en présence notamment de Claude Condé, président de l’université de Franche-Comté, et de Ronan Chabauty.




Après sa thèse, le jeune docteur est enseignant à l’université de Djibouti, où il continue à travailler sur son sujet de recherche avec l’UFC. Son université a, en effet, intégré le laboratoire virtuel[2] créé par le Méso centre de calcul de l’UFC, qui associe d’autres universités autour de thématiques propices au développement économique de leur pays. En 2023, Ramadan Ali Ahmed est doyen de la faculté des sciences de l’université de Djibouti. C’est l’engagement sans faille de l’ensemble des protagonistes à tous les niveaux dans les missions, les réunions, les groupes de travail, dans les enseignements et l’organisation des examens, qui a permis à l’université de Franche-Comté d’apporter sa contribution à la création de l’université de Djibouti.