Formidable géologue, passionné et apprécié de tous, Didier Marquer a participé au rayonnement de la recherche en géologie de l’université de Franche-Comté.

Son importante contribution scientifique est aujourd’hui largement reconnue par la communauté des sciences de la Terre, en France, en Suisse et à l’échelle internationale.
À l’issue de ses études en géologie à l’université de Rennes I, il y soutient sa thèse en 1986. Intitulée « Transfert de matière et déformation progressive des granitoïdes : exemple des massifs de l’Aar et du Gothard (Alpes centrales suisses) » , elle lui permet d’acquérir une très bonne connaissance des massifs alpins. Il a mené cette thèse dans un environnement scientifique très stimulant, au contact de chercheurs de renom qui ont largement contribué au développement de la géologie structurale et posé les bases modernes de la tectonique. Très sociable, il y fonde la même année Géocontact, l’association des étudiants en géologie de son université.
Sa carrière débute, en 1988, à l’université de Neuchâtel en Suisse, où il devient, pendant plus de dix années, le spécialiste de la géodynamique des Alpes centrales en établissant des modèles tectoniques de nappe crustale. Il participe aussi au levé de plusieurs cartes géologiques helvétiques. élu professeur à l’université de Franche-Comté en 2000, il garde comme champ de recherche les Alpes, thématique qu’il élargit aux chaînes anciennes, telles que la chaîne Varisque en France et les chaînes Paléoprotérozoïque au Canada. Il contribue largement au développement des géosciences à l’université de Franche-Comté en s’inscrivant, en 2008, comme l’un des fondateurs de l’unité mixte de recherche Chrono-environnement (CNRS-UBFC). Aux côtés des chercheurs géologues, archéologues, biologistes, chimistes ou médecins, il apporte son expertise afin de comprendre l’évolution des environnements actuels et passés sous l’effet des pressions naturelles et anthropiques. Au début des années 2000, réunir dans un même laboratoire des chercheurs de cultures scientifiques très différentes (des sciences humaines et sociales aux sciences de la santé en passant par les sciences fondamentales et naturelles) était un défi majeur, que Didier a brillamment relevé en débloquant des situations parfois complexes.
Tectonicien résolument moderne, avec de très fortes compétences en pétrologie et en géochimie, il publie près d’une centaine d’articles scientifiques qui améliorent largement la compréhension de la géodynamique des chaînes alpines, et en particulier des Alpes centrales. Membre actif de la communauté nationale des sciences de la Terre, D. Marquer participe au Conseil national des universités de la 35e section, mais aussi au comité de la carte géologique et au référentiel géologique de la France sous l’égide du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Depuis 2014, il met ses connaissances géologiques et ses compétences professionnelles au service du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, comme chargé de mission « sciences de la terre, géoressources et géotechnologies » à la direction générale de la Recherche et l’Innovation. Il y apporte son expertise et aide le ministère à traiter des sujets hautement stratégiques et sensibles, tels que la crise sismique à Mayotte entre 2018 et 2020 ou la création d’infrastructures de recherche comme l’European Plate Observing System France (Epos-France).
D. Marquer décède le 29 août 2024, à l’âge de 65 ans, à la suite d’une longue lutte contre la maladie. Chercheur reconnu et excellent enseignant, des générations d’étudiants se souviennent de son enthousiasme, de sa passion et surtout de son plaisir à encadrer des stages de terrain. Son amour de la géologie, ses qualités scientifiques et pédagogiques ont été des atouts majeurs dans l’accomplissement de sa carrière, tout autant que sa gentillesse, son charisme et sa sérénité.
