ELLIADD est une unité de recherche regroupant principalement des enseignants-chercheurs en arts de la scène, littérature, sciences du langage, sciences de l’information et de la communication, ergonomie. C’est aussi un lieu de ressources archivistiques et documentaires internationalement connu pour la recherche universitaire, riche d’une histoire de plus de cinquante ans, qui lui confère une identité tout à fait spécifique.
En 1970, Jacques Petit (1928-1982) fonde le Centre de recherches de littérature des XIXe et XXe siècles, labellisé par le CNRS. Universitaire brillant, auteur d’une thèse sur Barbey d’Aurevilly, avant de multiples travaux portant sur Léon Bloy, François Mauriac ou Julien Green – dont il est l’ami –, il est aussi l’un des meilleurs spécialistes de Paul Claudel. Il obtient de la BnF une copie de ses archives manuscrites sur microfilms, ressource fondamentale toujours exploitée les chercheurs du monde entier. Sa mort brutale en 1982 n’entame pas le développement du Centre Jacques-Petit. Sous les directions de Michel Malicet, de Jacques Houriez puis de Catherine Mayaux, il ne cesse d’accroître ses fonds documentaires propres. Au tournant des années 2000, sous l’impulsion de Bruno Curatolo, le Centre Jacques-Petit se définit par sa gestion des sources et ressources archivistiques, qu’il s’agisse d’écrivains, de dramaturges ou de chorégraphes. Il devient le laboratoire Archives, textes et sciences des textes avec une équipe rompue à la gestion des banques de données, ce qui la conduit à la publication d’éditions et d’études critiques, ainsi que de dictionnaires de grande envergure.
De leur côté, les sciences du langage, dont l’origine à Besançon remonte aux années 1960, sont liées à des dynamiques scientifiques générales, mais aussi aux personnalités de leurs fondateurs. Jean Peytard (1924-1999), linguiste, agrégé de grammaire, considère que la linguistique et la didactique ne se séparent pas de la sémiotique, dont les textes littéraires sont un des objets privilégiés, et doivent entretenir le dialogue avec les sciences humaines et sociales. Il défend une théorie différentielle du sens. Son importante activité de structuration de la recherche et de direction de thèses (près d’une centaine) contribue fortement au rayonnement de Besançon, où exerce également le linguiste Bernard Quemada (1926-2018), pionnier du traitement mécanographique du lexique. Thomas Aron (1928-1990), professeur de lettres, rejoint Jean Peytard au milieu de la décennie 1960, au sein d’une section du département des lettres qui s’autonomise par la suite.

Ils créent en 1983 Semen, revue de sémiolinguistique des textes et des discours, soutenue à l’origine par les équipes du GRELIS puis du LASELDI et aujourd’hui par ELLIADD. La revue, semestrielle, a acquis une audience nationale et internationale en études du discours. Jean Peytard et Thomas Aron que rapprochent leurs orientations scientifiques et leur engagement politique, marxiste sans exclusive, fondent le GRELIS (Groupe de linguistique et sémiotique) à la fin des années 1970. En 2000, le LASELDI (Laboratoire de sémiotique linguistique didactique informatique) naît du regroupement d’équipes de recherche en sciences du langage (GRELIS, ELADI, IDIOMES).
Sous l’impulsion de Jean-Marie Viprey, linguiste spécialiste du traitement informatique des textes, issu d’une formation littéraire, le Centre Jacques-Petit et le LASELDI décident d’additionner leurs forces pour donner naissance, en janvier 2012, à ELLIADD (édition, langues, littérature, informatique, arts, didactique, discours), l’une des plus grosses unités de recherche en sciences de l’homme au sein de l’UFR SLHS de l’université de Franche-Comté. Aujourd’hui structuré en 5 pôles scientifiques, ELLIADD est un laboratoire solide, fort d’une politique éditoriale particulièrement développée et investi dans des projets de recherche multiples, placé sous la double tutelle de l’UTBM et de l’UFC. Le laboratoire contribue à interroger l’homme, son langage, sa culture littéraire et artistique au sein d’un monde marqué par les défis de la transition numérique et de l’avenir même de nos sociétés.