Gabriele Padberg fut la première femme, et la seule à ce jour, élue directrice de l’UFR sciences, techniques et gestion de l’industrie (STGI).
Née à Bonn (RFA), G. Padberg étudie la romanistique, l’histoire de l’art et la philosophie à l’université de sa ville natale. Après des séjours d’étude à Montréal et à Toulouse, elle passe ses Staatsexamina[1], à Bonn et à Düsseldorf. En 1986, inscrite à l’UFR SLHS de l’université de Franche-Comté à Besançon, elle obtient son DEA (diplôme d’études approfondies) en littérature française et comparée puis, en 1991, son doctorat d’études germaniques, avec la mention très honorable, sous la direction de Marita Gilli.

Maryse Graner.
Elle occupe en parallèle différents postes, notamment celui de lectrice d’allemand à l’UFR SLHS, puis accède, en 1992, à un poste de maître de conférences à l’UFR STGI, à Montbéliard. Elle enseigne la civilisation allemande au département de langues étrangère appliquées (LEA), dont elle devient la directrice jusqu’en 2002. Elle est également responsable du DESS langues étrangères et commerce électronique (LECE)[2], qu’elle a créé en 2000.
Sous le mandat de Françoise Bévalot, élue le 20 décembre 2002 directrice de l’UFR STGI par son conseil de gestion, elle succède à Raymond Porcar, directeur pendant les deux mandats précédents (1992-2002). La tâche n’est pas aisée car, même après dix années de vie, le campus du nord Franche-Comté, dont l’existence n’est plus remise en cause, doit se battre contre la pénurie de moyens. Les 1 691 étudiants sont répartis sur deux sites, à Belfort et à Montbéliard. En complément des 39 enseignants titulaires et des 28 membres du personnel administratif, l’UFR doit recourir aux services d’une centaine de vacataires. Cependant, par rapport aux cinq autres UFR bisontines, cette “petite” UFR (quant à ses effectifs) revêt une grande importance locale. Elle est, en effet, la seule composante à proposer une telle interdisciplinarité avec des formations en sciences, droit, administration économique et sociale, langues, histoire-géographie, multimédia, sciences de l’environnement, auxquelles s’ajoutent des équipes de recherche.
Devant la difficulté à gérer la cohésion de cet ensemble bicéphale, G. Padberg, femme courageuse et pugnace, n’hésite pas à relever de nombreux défis pour son UFR. Elle consolide la carte des formations tout en assumant la délicate mise en place du système européen LMD (licence-master-doctorat). Avec le soutien de l’équipe de direction de l’UFC, elle assainit la situation financière et encourage le développement de la recherche. Elle entend aussi consolider un esprit “maison” dans sa composante. Elle réforme le fonctionnement intérieur en créant une fonction de directeur adjoint à Belfort, pour qu’un relais soit présent dans chacune des deux villes, au plus près des usagers. Elle établit un plan de communication pour accroître le rayonnement de l’UFR. Dès le début, elle s’emploie à renforcer les liens avec les autres composantes bisontines. Elle multiplie également des démarches similaires auprès des élus locaux. G. Padberg dirige l’UFR STGI jusqu’en 2006[3].
À cette date, elle prend, pour deux années, la direction du service commun universitaire d’information et d’orientation et d’aide à l’insertion professionnelle (SCUIO-IP)[4], situé à la maison des étudiants de la Bouloie à Besançon, où elle s’implique avec la même énergie pour promouvoir la carte des formations (1).
Elle assure en parallèle différentes fonctions à l’UFR SLHS. À partir de 2008, elle est correspondante pour la plateforme d’enseignement en ligne Moodle. En 2009, elle est chargée de la communication pour le Centre de recherches interdisciplinaires et transculturelles (CRIT)[5], son laboratoire de recherche. De 2013 à 2016, elle est également responsable pédagogique du pôle des relations internationales et coordinatrice ERASMUS pour les pays germanophones.
Pendant toutes ces années, elle déploie un engagement très fort auprès de ses étudiants. En complément de son enseignement, elle organise pour eux le Cinékino, un cycle de projections de films germanophones. Lors de ces rendez-vous cinématographiques, elle anime elle-même un débat à l’issue de la projection. Elle organise la venue du réalisateur allemand Volker Schlöndorff[6], le 17 janvier 2012, qui donne une conférence sur le thème de « l’identité » et dialogue avec ses étudiants. En collaboration avec Les 2scènes, elle accueille le réalisateur Jean-Gabriel Périot, en mars 2016, pour la projection de son film Une jeunesse allemande.
Par ailleurs, G. Padberg poursuit ses recherches sur l’histoire de l’art, en particulier sur la thématique des échanges artistiques entre la France et l’Allemagne, son domaine d’expertise. Elle donne des conférences et publie des communications sur A. Dürer, G. Forster, A. Macke, F. Marc, E. L. Kirchner, P. Modersohn-Becker ou encore W. Kandinsky, F. Lang, J. Tinguely, N. de Saint Phalle, P. Klee et bien d’autres. Elle s’intéresse également au peintre d’origine comtoise, Gustave Courbet.
Son expertise de la civilisation allemande et de la dimension interculturelle franco-allemande lui permet d’écrire un ouvrage de référence de 408 pages, intitulé Deutschland – Grundwissen und mehr…, publié chez Armand Colin[7]. Destiné plus particulièrement aux élèves des classes préparatoires et aux étudiants en LEA et en LCE, il connaît une première édition en 2012, et en 2018 une deuxième, mise à jour. Rédigé dans un allemand contemporain, ce manuel présente la civilisation allemande selon trois axes : les grands repères historiques et culturels ; les structures politiques, sociales et économiques et les principaux débats actuels.
Sa force de travail, sa détermination et son enthousiasme, son franc-parler à toute épreuve et son optimisme ont su fédérer les différentes équipes universitaires avec lesquelles elle a travaillé au fil de sa carrière. Sa riche personnalité et sa grande humanité lui ont permis de s’attacher le soutien et l’amitié de ses nombreux collègues. Ses étudiants ont bénéficié d’une enseignante hors du commun qui a su leur transmettre une véritable passion de la culture, de l’art et de l’Allemagne. À sa retraite, en septembre 2016, G. Padberg retourne vivre à Nîmes[8], où elle intègre l’académie de Nîmes et s’implique dans la vie culturelle et associative de la ville.