L’ancien arsenal du centre-ville de Besançon est l’un des édifices patrimoniaux de l’université de Franche-Comté. Construit pour le service des armées au milieu du XIXe siècle, il est désaffecté à la suite de la Seconde Guerre mondiale.
La décision de construite un nouvel Arsenal afin de développer la place de l’artillerie à Besançon date de 1830 mais les travaux ne commencèrent qu’en 1840, pour s’achever en 1890[1]. L’emplacement choisi est l’ancien couvent des Capucins dont l’église, depuis 1805, accueillait la communauté réformée de la ville. De 1840 à 1845, le creusement des fondations des nouveaux bâtiments permet, sous la direction du garde d’artillerie A. Lafosse, la découverte des vestiges gallo-romains d’un sanctuaire au péribole circulaire[2]. Ce sanctuaire vraisemblablement dédié au culte du dieu Mars donne, aujourd’hui encore, son nom au quartier de Chamars (champ de Mars).

Bibliothèque municipale de Besançon, YC.Bes.D1.10a.
La direction des travaux de construction du nouvel arsenal est confiée au capitaine Eugène Boulart (1808-1885). Le nom de l’architecte n’a pas encore été retrouvé mais l’esthétique de la façade principale et, en particulier, l’emploi des bossages, ne sont pas sans rappeler l’œuvre d’Alphonse Delacroix, architecte municipal de Besançon de 1837 à 1878.
Constituée d’un pavillon central (la salle d’armes), encadré par deux autres pavillons (le magasin au matériel et l’atelier de peinture), la façade d’entrée, située en face de la grille d’honneur de l’hôpital Saint-Jacques, mesure 110 m de long et fut construite entre 1841 et 1849.

Archives municipales de Besançon, 655 W 72.
Monumental et inspiré de décors antiques, le grand portail présente un décor sculpté et des bas-reliefs en fonte, produits par les talentueux frères Pierre-Louis, Jean Étienne et Louis Saint-Ève, de Besançon[3]. Quatre des bas-reliefs représentent des glaives entrecroisés et des boucliers ornés de masques d’officiers romains et de gorgones ; les deux bas-reliefs centraux figurent des couronnes de laurier, des lances, des boulets, des bombes et des mortiers, accompagnés de la médaille et de la devise de la Légion d’honneur : « Honneur et patrie ». Un faisceau de piques marque le centre de ce portail, dominé par une imposte ajourée composée de lances et d’éclairs de fonte rayonnants à partir d’un mufle de lion.

Georges Pannetton, 2013.
Le bâtiment de l’aile gauche, ancien atelier des charrons, est daté, au-dessus du cadran solaire[4], de 1844 ; celui de droite, ancien atelier des menuisiers, de 1847, et celui qui ferme la cour face à l’entrée, de 1876. Ce dernier abritait autrefois la machine à vapeur et était donc dominé par une haute cheminée, foudroyée et détruite en 1952.