Depuis novembre 1968, avec son nouvel IUT à Belfort, l’université de Besançon ouvre son ancrage de l’enseignement supérieur en Franche-Comté, avec un premier site qui ne soit pas bisontin. Le décret de sa création, en date du 9 juillet 1968, est officialisé par le rectorat[1].
En vue de cette installation, la ville de Belfort, qui attendait avec impatience cette très bonne nouvelle, rachète[2] aux établissements BULL, une parcelle de terrain de 6,18 ha, sur le lieu-dit « Canton sous le Mont », qu’elle remet à l’État à titre gracieux. Le projet de construction de l’IUT est mis au point entre le 15 septembre 1967 et le 15 février 1968. Les travaux commencent aussitôt : la première réunion de chantier hebdomadaire débute le 29 février 1968. En avril, le rectorat de Besançon demande à la ville de Belfort d’acquérir sur un terrain contigu une seconde parcelle d’un peu plus d’un hectare. Le site de l’IUT de Belfort s’étend désormais sur près de 7,45 ha. Sept mois plus tard, le 8 octobre 1968, les travaux sont achevés en un temps record. Pour la première rentrée de l’IUT de Belfort, le 3 novembre 1968, les bâtiments sont opérationnels[3].
D’un montant de 13 200 000 francs et pour une surface totale de 20 000 m2, ils comprennent des locaux d’administration, d’enseignement, des ateliers et des laboratoires de recherche. Un laboratoire de langues est équipé de cabines modernes pour l’enseignement « individuel » des langues vivantes. En complément, une résidence universitaire de 300 chambres[4] et un restaurant de 1 000 places[5], ouvert également aux étudiants de l’ENI (École nationale d’ingénieurs) de Belfort, sont achevés en octobre 1969. De plus, 9 000 m2 de terrain sont à pourvoir pour les futures installations sportives, mutualisables elles aussi avec les autres étudiants belfortains.
Claude Oïknine est le premier directeur de l’IUT (de 1968 à 1975), très jeune puisqu’il n’a que 29 ans lors de sa prise de fonction. Sorti en 1962 de l’ENSEIHT avec le diplôme d’ingénieur d’électronique-informatique de Toulouse, il soutient sa thèse de doctorat ès sciences en 1966. D’abord chargé de recherches au CNRS, il est nommé maître de conférences à la faculté des sciences de l’université de Besançon, avant d’être affecté à la direction de l’IUT de Belfort.

En 1968, l’IUT de Belfort compte 110 étudiants inscrits[6] dans les deux premiers départements ouverts : le premier, en génie mécanique, et le second, en génie électrique[7]. Ils disposent tous deux de salles de travaux pratiques, d’ateliers machines et de laboratoires très bien équipés.

L’année suivante (rentrée 1969), s’ouvre le département génie informatique.

Dix ans après, toujours sur ce site belfortain initial, qui mêle industrie et enseignement supérieur et prend le nom de Techn’hom, l’IUT de Belfort se dote successivement de nouveaux départements : en 1979, génie thermique et énergie (GTE) ; en 1987, organisation et gestion de la production (OGP), qui deviendra QLIO (qualité et logistique industrielle et organisation).

En 2000 et 2008 naissent respectivement les deux départements carrières sociales et génie civil.

Ce dernier bénéficie d’un nouvel atelier de 900 m², inauguré le 11 janvier 2013, permettant des TP d’énergie, d’hydraulique, de mécanique, de géotechnique.

À cette date, le département génie civil prend la mention construction durable, sous la direction de Valérie Lepiller[8].
Dès 1993, l’IUT dispose cependant d’une deuxième implantation, au centre-ville de Belfort, sur le site Marc Bloch, à proximité aujourd’hui de la bibliothèque universitaire Lucien Febvre[9] et de l’INSPÉ[10]. Ces locaux accueillent le premier département de formation tertiaire de l’IUT, techniques de commercialisation.
Une expansion du territoire comtois de l’enseignement supérieur a lieu, en parallèle, sur le campus de Montbéliard, où les élus politiques et académiques, les pouvoirs publics et des entreprises, dont Peugeot, s’entendent pour construire un véritable pôle universitaire Nord Franche-Comté, dit « Portes du Jura », qui rassemblerait l’IUT, doté de nouvelles formations, et l’UFR STGI, composante créée par l’université de Franche-Comté.
En 1989, le projet d’une antenne de l’IUT à Montbéliard devient officiel et les travaux peuvent débuter à partir de mai 1991. Dans cette attente, le département mesures physiques occupe temporairement des locaux rue Montbard[11]. Une année avant l’UFR STGI, dès octobre 1992, l’IUT déménage et peut accueillir les étudiants dans ses nouveaux bâtiments[12]. L’offre de formations de l’établissement, qui s’intitule désormais IUT de Belfort Montbéliard, s’étoffe rapidement. En 1994, le département génie des télécommunications et réseaux (GTR) ouvre ses portes ; puis le département service et réseaux de communication (SRC), futur MMI (métiers du multimédia et de l’Internet), et enfin le dernier département de formation accueilli dans ce campus montbéliardais, gestion administrative et commerciale des organisations (GACO), en 2004.

Grâce à son service formation continue créé en 1973, l’IUT soutient également, depuis plus de cinquante ans, la formation tout au long de la vie des salariés et demandeurs d’emplois. C’est aujourd’hui en liaison avec SeFoC’Al, service de la formation continue et de l’alternance de l’université de Franche-Comté, que l’IUT propose des formations courtes (en un an) et diplômantes adaptées aux besoins sociétaux : le DU (diplôme universitaire) laïcité, religion, citoyenneté, rattaché au département carrières sociales, et le DIU (diplôme inter-universitaire) risque radon et qualité de l’air dans le bâtiment, rattaché au département mesures physiques et en partenariat avec la Haute école d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (Suisse).
La recherche reste au cœur de l’IUT de Belfort, lorsque le laboratoire d’optique de Besançon délocalise à Belfort, en 1973, un département consacré à l’analyse optique en mécanique des fluides, placé sous la direction de deux précurseurs, Raymond Porcar et Jean-Pierre Prenel[13]. Même si, à l’époque, « les IUT n’ont pas vocation à la recherche », ces deux chercheurs bénéficient du soutien du CNRS et de l’université de Franche-Comté. En 1979, de son côté, Jean-Marie Kauffmann, directeur de l’IUT de 1975 à 1989, y dirige l’équipe délocalisée « Électrotechnique et électronique » du groupe de recherche Green, antenne délocalisée de l’unité d’accueil CNRS de Nancy.
Les directeurs sont aussi des chercheurs estimés, comme en témoignent les exemples suivants. L’IUT de Belfort n’a connu qu’une seule direction féminine avec Marie-Odile Rigo, professeur d’université en génie thermique, qui a exercé son mandat de 1989 à 1993. À la fin de son mandat belfortain, elle retourne à Nancy pour piloter son laboratoire d’origine où elle a effectué de nombreux travaux de recherche, comme sur le transfert thermique dans les milieux semi-transparents[14], né d’un contrat avec la cristallerie de Baccarat auquel elle a également participé. Daniel Rondot, professeur d’université de métallurgie et de mécanique physique, lui succède pendant deux mandats, entre 1993 et 2002. Il est responsable d’une équipe de recherche, créée en 1991, qui travaille sur la métrologie des interfaces techniques et fait état de plus de 70 références scientifiques (communications et publications dans des congrès et des revues nationaux et internationaux).
De septembre 2017 à octobre 2018, l’IUT fête son 50e anniversaire par des expositions et de nombreuses festivités, en mettant à l’honneur chaque mois l’un de ses dix départements de formation. En septembre 2021, la réforme nationale des IUT conduit à l’ouverture des BUT (bachelor universitaire de technologie) : à Belfort et Montbéliard, dix spécialités de BUT[15] sont proposées, accentuant encore le caractère professionnalisant déjà très prisé des DUT.
En octobre 2022, l’IUT de Belfort Montbéliard prend le nom d’IUT Nord Franche-Comté. Il propose treize formations à bac +3, soit dix BUT (admission postbac) et 3 licences professionnelles (admission à BAC +2). Il compte près de 25 000 diplômés en 54 ans. L’enseignement est dispensé par plus de 160 enseignants et enseignants-chercheurs, 300 intervenants extérieurs issus du monde socio-économique et industriel.

L’IUT Nord Franche-Comté est aujourd’hui engagé dans des projets d’envergure sur des thématiques liées au développement durable, à l’énergie, aux mobilités et aux transports. Il participe à des programmes structurants pour son territoire comme Écocampus[16], qui lui permet de bénéficier d’un important plan de réhabilitation écologique et thermique de certains de ses bâtiments du Techn’hom.
Aux côtés de l’UFR STGI et de l’UTBM, l’IUT porte la création du pôle universitaire Nord Franche-Comté, 3e pôle de la région Bourgogne Franche-Comté, qui traduit la volonté de l’université de technologie de Belfort Montbéliard (UTBM) et de l’université de Franche-Comté de travailler ensemble et de rayonner à l’échelle internationale, par la qualité de leurs formations et de leurs activités de recherche[17].
La direction de l’IUT Nord Franche-Comté
Claude Oïknine (1968-1975) ; Jean-Marie Kaufmann (1975-1989) ; Marie-Odile Rigo (1989-1993) ; Daniel Rondot (1993-2002) ; Philippe Pracht (2002-2012) ; Olivier Prévôt (2012-2016) ; Bruno Viezzi (2016-2021) ; David Markezic (2021-…).