L’application des récentes réformes des études de santé

Maryse Graner, avec l’aide de Laurence Ricq et de Frédéric Muyard

Le cursus très spécifique des études de santé a fait l’objet de nombreuses réformes. La dernière en date est le plan « Ma Santé 2022 », présenté par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, adopté par le Parlement dans le cadre du projet de loi sur la santé, le 16 juillet 2019. L’objectif est de répondre aux problèmes rencontrés jusqu’ici par les étudiants lors de leur première année d’études, souvent qualifiée de « spirale de l’échec ». Avec un taux de réussite au concours de fin de première année de médecine se situant entre 10 % et 30 %, chaque année, 70 % à 90 % des meilleurs lycéens s’y inscrivant perdaient une à deux années d’études supérieures, sans reconnaissance d’acquis et sans forcément de possibilité de réorientation, après un concours basé uniquement sur la mémorisation.

La réforme concerne la PACES[1] (première année commune aux études de santé) et provoque le regroupement du concours de médecine, odontologie et maïeutique avec celui de pharmacie. Depuis la rentrée universitaire 2020, la première année d’études en santé offre le choix entre les filières PASS (parcours d’accès spécifique santé), proche de l’ancienne PACES, avec une « mineure » disciplinaire autre que la santé, et LAS (licence accès santé), nouvelle voie d’admission avec une « majeure » hors santé (en économie, histoire, droit, physique-chimie, biologie…) et une « mineure » en santé. Cette deuxième option, ouverte vers les sciences humaines et les sciences et techniques, permet de diversifier les profils des étudiants, offrant une possibilité à ceux qui ne sont pas issus de catégories socioprofessionnelles supérieures. Ces deux voies d’accès permettent aux étudiants, après validation de leur première année, de poursuivre en seconde année d’une licence générale, leur offrant ainsi la possibilité de retenter le concours une seconde fois. Ce nouveau schéma universitaire, parfois contraignant, doit être installé en quelques mois par les facultés. Avec plus de 450 LAS, la filière ouvre ainsi une plus grande diversité de lieux d’enseignement dans tout le territoire français, se fixant à terme l’objectif de combler les déserts médicaux. L’autonomie de décision et d’organisation des universités leur permet désormais d’adapter chacune le nombre de professionnels de santé formés, le numerus apertus, aux besoins de leur territoire, en liaison avec les autorités de santé.

Mise en place en 2021, la réforme du 2e cycle des études de médecine et de l’accès au 3e cycle est fondée sur une stratégie pédagogique rénovée. Elle vise à améliorer l’adéquation entre les aptitudes et les aspirations professionnelles des étudiants afin de réduire l’insatisfaction, voire la frustration, ressentie par un certain nombre d’entre eux à l’issue de leur choix de spécialité de 3e cycle.

Les études paramédicales sont également concernées par l’universitarisation des formations des professions de santé.

Dossier de presse « L’universitarisation des formations en santé », présenté le 14 mars 2018 par le ministère des Solidarités et de la Santé et par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

À l’UFC, depuis la rentrée 2009, le diplôme d’État d’infirmier intègre le processus LMD. Cette réforme concerne les sept instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) qui se répartissent entre Besançon, Pontarlier, Montbéliard, Belfort, Dole, Lons-le-Saunier et Vesoul, adossés aux établissements de santé de ces villes. Au total, sept écoles, dont deux appartenant à la Croix Rouge, apportent un flux de 1 800 étudiants à l’université. Dès 2012, cette intégration se manifeste par la reconnaissance du titre du diplôme d’État infirmier au grade de licence soins infirmiers. L’université de Franche-Comté est l’une des universités qui concrétise très rapidement sa dynamique volontariste d’universitarisation de cette formation.

Avec le décret du 11 mai 2020, appliqué dès 2021, la réforme se poursuit pour les études paramédicales et de maïeutique, quand sont mises en œuvre la création de formations transversales entre les métiers, la délivrance du grade de master aux kinésithérapeutes et la nomination d’enseignants-chercheurs en sciences infirmières, maïeutique et rééducation-réadaptation.

Cette expérimentation vise, pendant six ans, à favoriser les passerelles et les enseignements transversaux entre diverses formations en santé, et à permettre un meilleur accès à la formation par la recherche. Début septembre 2021, vingt projets d’expérimentation sont portés par dix-huit universités, dont l’université de Franche-Comté[2]. Si, au terme de l’année universitaire 2025-2026, une évaluation appréciera l’intérêt de généraliser l’une ou l’autre de ces expérimentations, l’université de Franche-Comté obtient d’ores et déjà en 2024 de très bons résultats, en étant classée 2e parmi les universités offrant les meilleures chances d’accéder aux études de médecine à l’issue de la première année d’études supérieures[3].

Notes :
  • 1. Résultant elle-même d’une réforme de 2010 qui mettait un terme au PCEM (premier cycle d’études médicales).
  • 2. Arrêté́ du 9 septembre 2021 portant autorisation d’expérimentations relatives aux modalités permettant le renforcement des échanges entre les formations de santé, la mise en place d’enseignements communs et l’accès à la formation par la recherche, JORF, 17 sept. 2021 [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044053615].
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