Parmi les nouvelles thématiques qui s’imposent aujourd’hui dans l’élaboration de la politique de recherche des établissements figurent désormais la question de la science ouverte et la problématique de l’intégrité scientifique.
La science ouverte est la diffusion sans entrave, sans délai et sans frais, des publications et des données de la recherche financées en tout ou partie par des fonds publics. Elle s’appuie sur l’opportunité que représente la mutation numérique pour développer l’accès ouvert aux publications et – le plus largement possible – aux données de la recherche. Elle permet une réelle démocratisation de l’accès aux savoirs pour la recherche, la formation, l’économie et la société. Elle augmente l’efficacité de la recherche et de l’innovation par une science plus cumulative, plus transparente et d’un accès plus universel, et représente un véritable levier pour l’intégrité scientifique. Elle vise enfin à améliorer la confiance des citoyens dans la science. La mise en œuvre d’une politique de science ouverte est fortement encouragée par les instances nationales, comme en témoignent les créations du site Ouvrir la science et de la plateforme nationale Recherche Data Gouv. Les grands organismes de recherche tels que le CNRS, l’INSERM, l’INRAE et le CEA ont engagé des plans d’action en ce sens.
Dès le début de son mandat, Macha Woronoff nomme Thérèse Leblois, professeur en sciences pour l’ingénieur et microtechniques, chargée de mission science ouverte et intégrité scientifique et référente intégrité scientifique pour l’établissement. Rattachée au pôle recherche et valorisation de la recherche, son champ d’action est multiple. En octobre 2021, l’UFC établit un comité de pilotage (Copil) science ouverte et un groupe de travail pérenne qui se réunit environ tous les mois et travaille sur les publications, les données et l’édition ouvertes. Une charte science ouverte est rédigée et une feuille de route stratégique est validée en conseil administration le 31 mai 2022[1]. Il ne s’agit pas seulement de partager les résultats de la science (données, publications, logiciels…), mais de changer peu à peu la manière de faire de la science. Des indicateurs sont identifiés pour mesurer la progression vers la science ouverte alors que dans le même temps le baromètre national pour la science ouverte voit le jour, avec ses déclinaisons locales.
En 2023, est créé au SCD le pôle appui à la recherche et science ouverte[2], dont Françoise Chambefort est responsable. Constitué de quatre membres, il a notamment pour rôle d’inciter à la publication en libre accès et au dépôt dans l’archive institutionnelle HAL-UFC[3] qu’il administre. Ces efforts ont conduit à une augmentation significative de la proportion de publications en accès ouvert (49 % en 2016, 65,1 % en 2020, 74% en 2023), et à une augmentation importante du nombre de dépôts annuels dans HAL (multipliés par quatre entre 2016 et 2021). La maîtrise des frais de publication est un enjeu majeur de l’ouverture de la science. Le SCD a passé plusieurs accords en ce sens avec des éditeurs et opère un suivi des dépenses dans le cadre d’une enquête nationale. Le pôle appui à la recherche et science ouverte incite également la communauté à créer des identifiants numériques pérennes (IdHAL, ORCID), préalable nécessaire à l’identification unique de chaque auteur ou créateur de données. D’autres initiatives concourent à cette démarche.L’UFC soutient fortement le projet dat@UBFC relatif aux données de la recherche, né en 2018. Ce portail régional d’exposition des données figure parmi les cinq premières structures labellisées « atelier de la donnée », en juin 2022, par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il intègre ainsi l’écosystème Recherche Data Gouv, ce qui ancre solidement l’UFC dans le paysage national. Lié à la politique sur le numérique, il permet de mettre à la disposition de la communauté scientifique des moyens techniques pour gérer les données de la recherche tout au long de leur cycle de vie : stockage, sécurisation et réutilisation. Le portail dat@UBFC se décline en sous-portails réservés aux équipes de recherche. L’équipe dat@UBFC s’est structurée à l’échelle régionale en créant un bureau de quatre personnes et un réseau de onze référents de proximité dans lesunités de recherche.
L’UFC est aussi un acteur direct de l’édition scientifique grâce aux Presses universitaires de Franche-Comté (PUFC), qui jouent un rôle important pour développer la science ouverte, précocement pour les revues, depuis une dizaine d’années pour les ouvrages[4]. Elles forment leur personnel aux chaînes de traitement numérique (Lodel, Métopes), sensibilise responsables de collections et auteurs pour intégrer les grands portails de diffusion scientifique ouverte. Elles jouent un rôle moteur dans la structuration de l’édition scientifique publique, à l’échelle régionale comme nationale. Ainsi, un pôle d’édition publique en science ouverte Bourgogne Franche-Comté (PEPSO-BFC) s’est créé en 2023, associant pour l’UFC et l’UB les deux services communs des presses universitaires (PUFC et EUD), les deux Maisons des sciences de l’homme (MSHE et MSH Dijon), les bibliothèques universitaires des deux établissements et l’infrastructure de recherche (IR) nationale Collex-Persée. PEPSO-BFC inclut la pépinière de revues PREO[5], plateforme de diffusion de revues et de collections. Il assure un accompagnement à l’édition scientifique ouverte et encourage les projets qui y sont relatifs, en privilégiant des infrastructures publiques comme OpenEdition ou Persée… De nouvelles directions se concrétisent : la voie diamant pour les revues, un modèle économique harmonisé et le développement de la couverture numérique ouverte irréversible des ouvrages, avec parution simultanée imprimée et numérique. PEPSO-BFC, lauréat du 3e appel à projets 2023 du Fonds national pour la science ouverte sur la publication et l’édition scientifique ouvertes, doit consolider les structures régionales d’édition et de diffusion et fournir à l’édition publique française des outils juridiques sûrs (contrats de cession non exclusive des droits d’auteur, garanties sur l’utilisation des illustrations de fonds patrimoniaux…).
Accompagner la communauté à la science ouverte se traduit par différentes actions de sensibilisation : la semaine de la science ouverte en Bourgogne-Franche-Comté, le printemps de la donnée… L’offre de formation des usagers est étoffée, portée de cinq à quinze formations entre 2022 et 2024, notamment pour les doctorants. Plus visible, elle est harmonisée à l’échelle du territoire régional.

L’UFC s’est également engagée à faire évoluer l’évaluation de la recherche en rejoignant fin 2022 la coalition COARA en tant que membre fondateur et en déposant un premier plan d’action en juin 2024. Cette coalition pour l’avancement de l’évaluation de la recherche promeut une approche qualitative, pour laquelle l’examen par les pairs est essentiel, étayée par une utilisation responsable d’indicateurs quantitatifs – correspondant aux orientations nationales et internationales. Depuis 2015 déjà, conformément au label HRS4R, l’UFC s’est engagée à améliorer les conditions de recrutement et de travail des chercheurs[6]. Elle contribue également à promouvoir les pratiques d’open peer review[7]. Ces engagements convergent autour de la science ouverte et de l’intégrité scientifique.
La science ouverte est un levier pour l’intégrité scientifique : l’ouverture des publications, des données et des codes sources permet de mieux détecter les erreurs, fraudes et plagiats. Les façons renouvelées d’évaluer la recherche portées par le mouvement de la science ouverte tendent à favoriser la qualité et la diversité de ses produits au détriment de la quantité, ce qui réduirait le poids de l’incitation à la publication. L’open peer reviewing permet de lever certains biais liés aux conflits d’intérêts ou aux partis pris lors de l’expertise des publications. L’ouverture des données et des codes oblige à les organiser et à les documenter, ce qui facilite leur reproductibilité et leur réutilisation. Finalement, la transparence à tous les niveaux impulsée par la science ouverte ne peut que renforcer la robustesse de la recherche, l’intégrité de la science et la confiance de tous.
L’intégrité scientifique représente un ensemble de règles et de valeurs[8] qui doivent guider les activités de recherche pour en garantir lecaractère honnête et rigoureux. Elle atteste une recherche de qualitédans un environnement mouvant. Il s’agit d’un enjeu majeur transversal pour l’établissement qui s’inscrit dans les valeurs qu’il porte. En effet, l’UFC a pour ambition de veiller au respect des principes de déontologie et d’intégrité scientifique par tous les membres de la communauté universitaire : chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants en master et doctorants. L’UFC est signataire de la charte française de déontologie des métiers de la recherche et du code de conduite européen pour l’intégrité en recherche. Ainsi, l’UFC s’engage à sensibiliser la communauté universitaire aux pratiques de la science ouverte et cette ligne de conduite concerne toutes ses dimensions. Olga Kouchnarenko[9], enseignante-chercheure, est nommée référente déontologue par la présidente Macha Woronoff le 27 novembre 2023. Elle a pour mission de veiller à apporter aux agents tout conseil utile au respect des obligations et des principes déontologiques, notamment la dignité, l’impartialité, la probité, l’intégrité, la neutralité, le secret et la discrétion professionnels ou l’absence de conflits d’intérêts.
Au niveau national, l’UFC participe aux réunions de l’Office français de l’intégrité scientifique (OFIS), département du HCERES qui concourt au respect des règles garantissant une activité de recherche honnête, rigoureuse, fiable et crédible. Elle entend lutter contre tout manquement aux principes de l’intégrité scientifique, tels que la falsification, le plagiat, la rétention de données, l’oubli volontaire d’un auteur sur une publication, le conflit d’intérêts non divulgué lors d’un processus d’évaluation ou d’une expertise ou encore l’encadrement inadéquat des étudiants et des jeunes chercheurs.
Le comité de pilotage intégrité scientifique bénéficie de l’encadrement juridique de la direction des affaires juridiques et institutionnelles (DAJI) de l’établissement. L’objectif est de respecter les règles d’ordre juridique, contractuel et éthique applicables aux résultats et aux informations concernées de tous les résultats issus de recherches financées sur fonds publics. Les actions de prévention de ce Copil sensibilisent les personnels et les usagers à diverses notions : plagiat, création ou falsification de données, et à l’utilisation d’outils de détection du plagiat[10]. Il peut traiter les signalements de tout manquement aux règles de l’intégrité scientifique et de la déontologie. En 2024, un guide de l’intégrité scientifique a été mis en ligne[11] et un flyer est destiné aux nouveaux entrants et au personnel des unités de recherche. Des formations à l’intégrité scientifique sont proposées et, depuis l’arrêté de 2016, les doctorants doivent suivre à minima 9 h de formation sur ce thème.
L’UFC s’investit dans différents dispositifs régionaux ou nationaux autour de ces thématiques. À titre d’exemple, face à la rapidité sans précédent des profondes mutations de la société et du système « terre », des infrastructures interopérables ont été mises en place. Elles permettent d’accélérer l’extraction, l’analyse, la diffusion et l’usage intelligent des données, des indicateurs et des modèles provenant des systèmes d’observation nationaux et internationaux. Les différents laboratoires peuvent les alimenter avec leurs résultats de recherche. Dans cette dynamique, au niveau territorial, l’université de Franche-Comté participe à la création et à l’animation de l’ART (animation régionale thématique)[12], en partenariat avec l’infrastructure de recherche Data Terra[13], Sigogne[14], IdéoBFC[15]/ARNia[16] et l’agence régionale de biodiversité. Enfin, l’UFC est l’une des six cotutelles de l’UMS (unité mixte de service) plateforme nationale des données de recherche, qui verra le jour en janvier 2025. Cette participation privilégiée à l’UMS permet à l’université de Franche-Comté d’être présente au niveau des instances décisionnaires nationales, prouvant ainsi sa mobilisation pour la science ouverte.