Dès les années 1970, la prévention en matière de santé des étudiants est prise en compte. Les services universitaires de médecine préventive (SUMP), nouveaux services communs de l’université, sont créés le 23 décembre 1970 par un décret[1] qui définit leur organisation générale et leurs missions. En 1974, le SUMP de l’université est dirigé par le Dr Albert Duplessis de Pouzilhac, conseiller médical de l’académie de Besançon. Le service comprend à Besançon une secrétaire à mi-temps, des médecins vacataires, six infirmiers, une assistante sociale, un manipulateur radio et une lingère. À Belfort, une permanence est proposée sur un mi-temps.
La loi de 1984[2] sur l’enseignement supérieur permet la création des services universitaires (ou interuniversitaires) de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS ou SIUMPPS). Le SUMPPS de l’université de Besançon s’occupe des 10 500 étudiants de Besançon et des 1 500 de Belfort-Montbéliard. Il faut attendre le décret de mai 1988[3] pour la nomination officielle de leurs directeurs. Ce second décret permet de dissocier désormais les deux fonctions, précédemment conjointes, de conseiller médical de l’académie auprès du recteur et celle de directeur de SUMP. Le Dr Monique Bertaud, alors conseillère médicale de l’académie de Besançon et directrice du SUMP depuis 1986, est remplacée par le Dr Annie Bauley[4].
Les missions s’élargissent au domaine de la santé publique avec des actions collectives de prévention. Avec le plan de dépistage de la tuberculose, les premières consultations avec médecins et infirmiers sont proposées en 1974 aux étudiants dans le cadre de la visite obligatoire, complétées par une radio pulmonaire. L’année suivante, un décret[5] donne des précisions pour le dépistage de la tuberculose et de la syphilis. En 1996-1997, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour les filières santé : un poste est créé pour un nouvel agent et l’achat des vaccins est effectué sur le budget du service[6]. En 2014-2015, face à l’augmentation des cas de tuberculose, un dépistage renforcé est proposé en étroit partenariat avec le centre de lutte antituberculeuse. En 1999, le Dr Ghislaine Briot occupe en continu le poste de médecin au SUMPPS. Une nouvelle antenne ouvre à Montbéliard ; l’infirmière de Belfort y assure également les consultations. Dix ans plus tard, le service accompagne 23 000 étudiants.
L’université prend des mesures spécifiques pour améliorer les conditions de vie et d’études, notamment pour les étudiants qui connaissent des difficultés ou un handicap, temporaire ou définitif. Prolongeant la loi d’orientation de 1975 sur l’intégration des personnes handicapées dans la société, le ministère de l’Éducation nationale entend mener une action continue pour favoriser l’accueil des étudiants dans cette situation. Les dispositifs ne sont pas encore structurés. Les étudiants concernés sont aidés ponctuellement par le personnel des services de scolarité et du Crous pour surmonter leurs difficultés. À la rentrée universitaire de 1982, il devient nécessaire de mieux intégrer la quinzaine d’étudiants en situation de handicap inscrits. À l’initiative du président Jacques Robert, une cellule d’accueil et de liaison des personnes handicapées (ALPHA) ouvre, à titre expérimental, sous la responsabilité d’un membre enseignant de l’université, en collaboration avec un médecin conseil, une assistante sociale, des enseignants, des membres du personnel administratif et des étudiants. Un des objectifs consiste à établir un point très complet des conditions d’accessibilité de tous les locaux universitaires pour les personnes porteuses d’un handicap moteur. Le SUMPPS prend le relais et gère au plus près l’accompagnement de ces étudiants, quel que soit leur handicap. Ainsi, en 1998, le service suit 16 étudiants ; en 2000-2001, 51 sont accueillis par l’assistante sociale. En 2002, le plan « handicap-aménagement » des études permet de recruter, à mi-temps, un médecin spécifique. En 2003, alors que le SUMPPS est sous la direction du Dr Nicole Voirin, le Dr Jacqueline Sow[7] est chargée de coordonner les différentes actions pour les étudiants ayant un handicap, en animant un réseau de correspondants chargés de leur accueil dans chaque composante. En complément, afin d’encourager les étudiants concernés à se rapprocher des professionnels en mesure de mieux les accompagner, différents guides de l’étudiant en situation de handicap vont être successivement réalisés, conjointement avec les chargés de mission Aide à la réussite.



L’accompagnement des étudiants se poursuit avec les premiers contrats de preneurs de notes.
À l’université de Franche-Comté, sur les 80 étudiants porteurs d’un handicap, 16 ont des handicaps visuels. Concernant ces derniers, le conseil des études et de la vie universitaire débloque une enveloppe de 61 000€ pour acquérir des équipements pédagogiques adaptés, comme des ordinateurs avec des écrans 19 pouces équipés de télé-agrandisseurs, de claviers tactiles en braille et d’un logiciel de lecture. Ils sont répartis entre salles de cours et les bibliothèques universitaires.
Depuis 2005, année de l’importante loi pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap », le Dr Corinne Lesueur-Chatot assure la direction du SUMPPS. Les universités doivent rendre les enseignements accessibles aux étudiants en situation de handicap et leur proposer, si nécessaire, des aménagements d’études et d’examens. La charte de l’université pour l’accompagnement du handicap [8] officialise ces mesures, confortant la dynamique impulsée par l’UFC. Entre-temps, un logiciel spécifique a permis d’informatiser les dossiers médicaux. De nouveaux services sont proposés : en 1992, des consultations en diététique ; en 2002, des consultations sur la contraception, ainsi qu’une première formation de 85 étudiants aux gestes de premiers secours (SST). Dix ans plus tard, ces chiffres sont triplés : 43 étudiants déjà formés bénéficient d’un stage de mise à niveau en SST et 198 étudiants sont nouvellement formés. En 2008, afin de diminuer le turn-over des médecins des SUMPPS et de faciliter les recrutements pour faire face à la charge de travail et absorber la montée des effectifs étudiants, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche accorde un changement de statut. Il améliore les contrats et les salaires des médecins, de la psychologue et de la diététicienne et permet de substituer, majoritairement, des postes de contractuels à ceux des vacataires précédents.
En 1999, le SUMPPS propose des consultations psychologiques[9] à Besançon, complétant le dispositif du bureau d’aide psychologique universitaire (BAPU)[10]. À la rentrée 2010, la centaine d’étudiants en situation de handicap reçus dans le service sont accueillis par un référent-handicap, accompagné en binôme par un médecin ou une infirmière. De 2010 à 2016, un poste d’assistante sociale est ouvert pour les étudiants, facilitant leurs démarches d’accès aux soins (sécurité sociale, complémentaire santé…). Elle s’adresse, tout particulièrement, à des cas complexes, comme les étudiants internationaux, en situation de handicap ou précaires. En réponse à la demande des personnels de l’université, en difficulté face à certaines situations d’étudiants et en complément des journées bien-être, une formation « Prévention du mal-être étudiant » est organisée par le SUMPPS.

Afin de proposer un lieu d’échanges pour les étudiants internationaux, le service offre, dès 2014, des rencontres intitulées « Arbre à palabres », réalisées en collaboration avec le service social du Crous Franche-Comté. Le SUMPPS développe des outils de communication plus attractifs pour le public étudiant. Le sigle SUMPPS étant toujours aussi hermétique pour le public concerné, le service communique désormais avec le sigle « Campus + Santé ! »[11] pour que les étudiants identifient mieux sa mission et les services attendus.


En 2013, alors que le SUMPPS reçoit de plus en plus d’étudiants, il doit accueillir, dans ses propres locaux bisontins, le service de médecine de prévention du personnel de l’université. En 2017-2018, « Zen études », créé au sein du SUMPPS, propose des ateliers sur la gestion du stress, l’alimentation, avec de l’hypnose, du yoga et la sophrologie pour mieux appréhender l’angoisse des examens. L’année suivante, en partenariat avec la maison de l’adolescence, les étudiants de Belfort-Montbéliard peuvent bénéficier d’une consultation auprès d’un psychologue. En 2019-2020, le service se renforce avec un poste, à mi-temps, de chargé de prévention qui propose « Unidiversité », des ateliers mensuels de soutien aux étudiants en situation de handicap[12]. En 2020-2021, en raison de la crise sanitaire, le SUMPPS bénéficie d’un poste de psychologue à temps plein, se répartissant à 60 % à Besançon, 20 % à Montbéliard et 20 % à Belfort. Dans le cadre du dispositif relais-santé, quatre étudiants viennent en renfort dans le service. Le MESRI crée « Santé Psy étudiant[13] ». En 2021, le SUMPPS met en œuvre le dispositif « Précarité menstruelle ». La même année, pour mieux accompagner les 450 étudiants en situation de handicap reçus annuellement, le SUMPPS voit la création d’un poste de référent-handicap étudiant, à 80%, basé au bureau de la vie étudiante (BVE). En 2022-2023, le service couvre 25 000 étudiants et suit 556 d’entre eux, qui sont en situation de handicap.
En 2023, un récent décret[14] élargit les missions des services de santé étudiante et en modifie la dénomination : les SUMPPS deviennent les services de santé étudiante (SSE). Cette transformation en un service modernisé et aux missions réorientées est l’une des priorités du projet stratégique de l’UFC, sous le mandat de Macha Woronoff et de son équipe. Réorganisé en 2023 avec l’arrivée du Dr Marie Ancian qui renforce la direction et d’une secrétaire à l’accueil, ce service doit servir de support aux actions concrètes sur la santé mentale, les addictions, la contraception, la diététique ou la prévention, et envisage de devenir centre de vaccination pour les étudiants.

Ces évolutions rendent nécessaire une extension du bâtiment occupé par le service. Construit en 1969, ce bâtiment de 583 m2 sur trois niveaux, qui abrite le gros des effectifs du SSE (16 personnels) et le service de santé du personnel (4 personnes), n’a fait l’objet d’aucuns travaux de rénovation énergétique ou de réaménagement fonctionnel significatifs en 55 ans et est aujourd’hui inadapté et énergivore. Partiellement accessible aux personnes à mobilité réduite en raison de l’absence d’ascenseurs, le bâtiment a un aspect extérieur très dégradé, en contraste avec ceux avoisinants (UFR SJEPG, BU Proudhon et Learning centre) et avec les espaces extérieurs récemment refaits.
L’étude de réhabilitation du bâtiment du SSE, en cours, comprend une importante rénovation thermique, afin de répondre par anticipation aux exigences du décret tertiaire à l’horizon 2050 (- 60% de consommation en énergie). Une extension, par surélévation du bâtiment (+113 m2), permettra de faire face à l’augmentation de l’activité et d’assurer la confidentialité nécessaire aux consultations, en séparant les flux d’étudiants et de personnels. En 2025, avec la création du nouvel établissement public expérimental (EPE) Pasteur Bourgogne Franche-Comté, le SSE continuera d’accueillir les étudiants de SUPMICROTECH ENSMM et de l’Institut supérieur des beaux-arts (ISBA). Le coût de cette opération, estimé à 3,2 M€, est financé par l’université de Franche-Comté, sur ses fonds de roulement. La livraison du bâtiment rénové est attendue pour la rentrée 2027.
Médecins directeurs du service, du SUMP, SUMPPS au SSE
Dr Albert Duplessis de Pouzilhac, conseiller médical de l’académie de Besançon et directeur du SUMP (1972-1986) ; Dr Monique Bertaud, conseillère médicale de l’académie de Besançon et directrice du SUMP (1986-1989) ; Dr Annie Bauley (1989-1991) ; Dr Ghislaine Briot (1992-2002) ; Dr Nicole Voirin (2003-2004) ; Dr Corinne Lesueur-Chatot, depuis 2005, et Dr Marie Ancian, co-directrice depuis mars 2023.