Née à Paris, Macha Woronoff passe toute sa jeunesse avec ses parents enseignants[1] à Dakar. Le Sénégal est, depuis, son pays de cœur. En 1979, elle arrive à Besançon, à l’âge de vingt ans, pour suivre des études de pharmacie à l’université de Franche-Comté. Elle y obtient son diplôme d’État de docteur en pharmacie en octobre 1987 et complète son cursus avec de nombreux autres diplômes[2]. Nommée praticien hospitalier au CHU de Besançon fin 1993, elle soutient son habilitation à diriger des recherches en 2001 et, en 2003, devient professeure des universités-praticien hospitalier[3] à l’université de Franche-Comté et au CHU de Besançon. En 2007, elle est élue membre de la commission scientifique de l’UFR sciences médicales et pharmaceutiques (SMP), puis vice-doyenne pharmacie de cette UFR, de 2008 à 2017. Elle préside la conférence nationale des doyens de pharmacie de 2014 à 2016. Elle accède également à d’autres responsabilités au CHU de Besançon après 2009[4].
En 2016, lors du second mandat de Jacques Bahi, elle est élue vice-présidente du conseil d’administration de l’université – dont elle est membre depuis 2006. Le 17 novembre 2020, M. Woronoff est élue présidente de l’université de Franche-Comté[5]. Après Françoise Bévalot, par ailleurs également docteure en pharmacie, elle est la deuxième femme à accéder à cette fonction, qu’elle occupe officiellement depuis le 1er décembre 2020.

Elle définit les priorités de sa direction, qu’elle souhaite au plus proche des nouveaux enjeux : attention portée à la qualité de vie des étudiants et des personnels ; attachement à délivrer des diplômes de haut niveau permettant de garantir l’insertion professionnelle et l’épanouissement des étudiants ; volonté d’accroître la visibilité européenne et internationale et de renforcer l’attractivité et le rayonnement de l’établissement, soutien à la recherche… Plusieurs priorités jalonnent la trajectoire politique de ce projet. Les étudiantes et étudiants en sont, tout d’abord, une pierre angulaire. Fortement meurtris par la crise sanitaire et par les confinements successifs, ils sont placés par la présidente au cœur de ses préoccupations. Si l’objectif est bien de favoriser leurs études avec des formations de qualité dans de meilleures conditions et d’accompagner leur bonne insertion professionnelle, elle souhaite aussi leur permettre d’acquérir une agilité intellectuelle. Pour s’adapter aux métiers de demain, difficile à anticiper, il est important qu’ils assimilent, dès leur cursus initial, les outils, la connaissance, la compréhension, l’esprit critique, mais aussi les soft skills nécessaires.
La laïcité, l’égalité des chances ou la lutte contre toutes les discriminations, ainsi que l’encouragement des femmes à occuper des postes de responsables, font aussi partie de ses priorités. Ainsi, la présidente fait mettre en place différents outils d’accompagnement : un guide des aides répertoriant l’ensemble des dispositifs consacrés aux étudiants, une ligne d’écoute pour les étudiants en détresse psychologique[6] ou encore la plateforme de signalement SOS ouverte à l’ensemble de la communauté universitaire.
M. Woronoff se montre très vigilante quant au bien-être des étudiants mais aussi à celui des personnels de l’université de Franche-Comté. Un effort, tout particulier, a été consacré à la revalorisation des primes des personnels BIATSS qui, malgré un contexte budgétaire défavorable, ont été augmentées, sur deux années. Au niveau des ressources humaines, l’équipe de direction a dû également gérer la mise en place de réformes nationales : attribution des primes du nouveau régime indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs et des personnels BIATSS ; ouverture de possibilités de repyramidages exceptionnels.
Durant son mandat, les campus se transforment, répondant enfin aux attentes des usagers. Grâce à l’aboutissement du CPER et du plan France Relance, une mue en profondeur est engagée avec de vastes opérations de rénovation-construction[7], à Belfort et à Besançon. La transition environnementale et sociétale et la sensibilisation au développement durable[8] deviennent une mission-clé, pour les étudiants et les personnels, tant dans les pratiques, les formations, la recherche qu’en ce qui concerne les enjeux de mobilité.
Afin d’œuvrer à l’identification de la région comme porteuse d’innovations, l’université poursuit son ouverture sur le monde socio-économique, en s’impliquant fortement dans de nombreux appels à projets pluridisciplinaires[9] structurant les équipes de recherche, en relation avec le CHU de Besançon ou l’établissement français du sang, avec des organismes nationaux de la recherche ou des entreprises.
L’année 2023 connait une résonnance particulière pour l’université, qui célèbre les six siècles de sa création par de multiples manifestations, dont le livre Trésors du savoir. 1423-2023, 600 ans d’histoire(s) de l’université de Franche-Comté, qui permettent de partager cette fierté d’appartenir à l’une des plus anciennes universités françaises.
Fort de cet héritage, l’établissement pluriséculaire pense aussi le futur. Ce mandat marque, en effet, l’articulation du nouveau projet d’établissement, intitulé IRRIS (insertion, rayonnement, responsabilité, innovation et solidarité), avec celui du futur établissement public expérimental (EPE), pour lequel M. Woronoff s’est engagée auprès des partenaires que sont l’UTBM, SupMicrotech-ENSMM, l’Institut Agro Dijon, l’École nationale supérieure d’arts et métiers de Cluny, le CHU de Besançon, ainsi que l’ESTA, l’ISBA, l’Établissement français du sang Bourgogne-Franche-Comté, le Crous BFC et les organismes nationaux de recherche (CNRS, INSERM, INRAE).
Sa démarche d’ouverture s’exprime par l’horizon international qu’elle a souhaité donner à l’UFC, en développant ses relations transfrontalières, mais aussi en intégrant, en 2022, l’alliance STARS EU[10] de neuf universités européennes. Ces établissements sont notamment unis dans une démarche stratégique commune, par leur préoccupation toute particulière à l’égard des transitions environnementale, énergétique, économique, numérique et sociétale dont la mise en œuvre façonnera le monde de demain.