L’UFR sciences et techniques, souvent dénommée « fac des sciences de Besançon », est bien connue du milieu bisontin. Installée depuis la fin des années soixante au campus de la Bouloie, elle était jusqu’alors située au centre-ville, rue Mégevand, où elle fut supprimée en 1815, puis réouverte en 1845. C’est en effet en 1962 que le plan d’aménagement du futur campus de la Bouloie est conçu par Georges Jouven, architecte en chef des Monuments historiques et précédemment conseiller technique et coordonnateur au ministère de l’Éducation nationale. Dans ce nouvel espace au milieu des champs, où seul l’observatoire existe alors, depuis 1884, et constitue son point dominant, G. Jouven imagine le site universitaire autour de l’avenue de l’Observatoire et délimité par la ceinture de voies urbaines[1]. Avec ses deux collaborateurs, les architectes René Tournier et Paul Phelouzat, ils conçoivent, en 1964, les deux premiers bâtiments, nommés métrologie et propédeutique.

Photographie de l’Est Républicain, Bernard Faille.

Ludovic Godard.
Ces nouveaux locaux universitaires sont situés dans la partie Sud du campus de la Bouloie, marquant l’entrée de la ville par la route de Gray. Malgré les surfaces importantes ainsi bâties, plusieurs activités restent délocalisées, comme certaines en chimie, sise rue Mégevand jusqu’au milieu des années 1990, et dans le bâtiment de la place Leclerc, conçu entre 1952 et 1955 par René Tournier à côté du jardin botanique, et qui appartient à l’UFR ST jusqu’en 2017.
Ces bâtiments abritent, depuis près de soixante ans, la majorité des activités de formation et de recherche en sciences et techniques. Elles portent sur des domaines variés, allant des mathématiques aux sciences pour l’ingénieur et l’informatique, en passant par la chimie et la physique, mais aussi les sciences de la vie, l’écologie et la géologie. L’UFR ST abrite des laboratoires de recherche et des plateformes technologiques à très forte notoriété, dont certains sont en cotutelles CNRS ou INSERM. Plus de 500 personnels enseignants, ingénieurs, techniciens et administratifs travaillent dans ses locaux. Cette proximité entre lieux de formation et de recherche est une véritable richesse pour les étudiants qui bénéficient des dernières avancées scientifiques, ainsi que de la mise à disposition d’équipements de très haut niveau.
Depuis son installation à la Bouloie, les effectifs étudiants se sont multipliés, avec près de 2 900 étudiants en 2023. La vie étudiante est animée au sein de diverses associations. Adossées aux unités de recherche hébergées[2], les formations de l’UFR ST présentent une offre complète, centrée sur l’ouverture professionnelle, et répond aux enjeux sociétaux, comme la transition environnementale ou le développement des micro- et nanotechnologies. Actuellement, l’UFR sciences et techniques propose un large éventail de formations de licence, licence professionnelle, master et doctorat. La totalité des licences professionnelles et plus de 80 % des parcours de masters sont ouverts à l’alternance ou à l’apprentissage, en collaboration étroite, depuis plus de vingt ans, avec le tissu industriel local, régional et national. Les filières se sont renforcées par un développement international, porté par les différents projets d’investissement d’avenir (PIA), dont l’UFC et ses laboratoires de recherche (instituts FEMTO-ST, UTINAM notamment) ont pu bénéficier durant la dernière décennie grâce à la dynamique créée par l’université Bourgogne Franche-Comté (UBFC).
Les masters internationaux (domaines de la photonique, des microsystèmes ou impacts de l’activité humaine sur la biodiversité), sont dispensés en anglais. Cette ouverture a renforcé la visibilité des activités scientifiques et de formation de l’UFC et l’accueil d’étudiants internationaux. L’UFR ST a préparé les étudiants se destinant à l’enseignement en mathématiques, physique-chimie et sciences de la vie et de la terre, avant qu’ils intègrent l’INSPÉ. Signalons une remarquable préparation à l’agrégation de mathématiques, portée par leur département, qui offre une attractivité accrue pour l’UFR ST dans cette discipline d’excellence française. Un autre domaine en émergence et pleine structuration concerne les enjeux sociétaux et environnementaux, pour lesquels l’expertise du laboratoire Chrono-environnement est essentielle.
L’UFR ST s’inscrit donc tout naturellement dans cet axe prioritaire de développement de l’UFC à tous les niveaux : formation, recherche, diffusion des savoirs, mais aussi dans la gestion bâtimentaire et son engagement éco-responsable au quotidien. Après six décennies, l’UFR ST bénéficie du vaste programme de rénovation et de réhabilitation de ses bâtiments, dans le cadre du plan de relance et du projet « Campus Bouloie Temis », porté par l’État, la région Bourgogne-France-Comté, Grand Besançon métropole, le département du Doubs et l’UFC[3]. Ces projets extérieurs et intérieurs, structurants et particulièrement importants, transforment le campus et proposent, à terme, des conditions d’étude optimales. L’ensemble de cette communauté universitaire dispose désormais de locaux rénovés à faible coût énergétique. Cette démarche est complétée par l’installation d’une centrale photovoltaïque sur le toit du bâtiment principal de métrologie afin d’alimenter plusieurs bâtiments du campus, dont les futures serres du jardin botanique voisines qui ouvriront en 2025. Cette diminution attendue des coûts énergétiques, grâce aux rénovations en cours, sera couplée à une requalification de la quasi-totalité des accès aux bâtiments de l’UFR ST, par le développement d’axes réservés aux circulations en mode doux et par une restructuration des espaces verts qui font l’attrait du campus depuis plusieurs décennies.

Le 4 juin 2024, l’UFR sciences et techniques fête les 60 ans du site de la Bouloie, qui s’inscrivent dans le cadre des célébrations du 600e anniversaire de son université. À cette occasion, un amphithéâtre a reçu le nom de Claude Lorius, célèbre glaciologue et ancien étudiant de l’UFR ST[4]. En avril 1996, sous le président Claude Oytana, un autre amphithéâtre avait pris celui de René-Pierre Jacquemain, doyen de la faculté de 1958 à 1968.

Georges Pannetton.
S’appuyant sur les thématiques scientifiques développées en son sein, la faculté de sciences est, et a toujours été, un lieu ouvert vers la société. Ses locaux spacieux disposent d’amphithéâtres et d’un hall d’exposition à l’architecture remarquable. Ces derniers et ses laboratoires de recherche constituent d’emblée des lieux de transmission du savoir et de curiosité, de séminaires et de colloques scientifiques, mais aussi d’accueil du grand public et des scolaires de tous niveaux, ou de manifestations culturelles (le village des sciences, dans le programme national de la fête de la science).
Les directeurs successifs depuis 1968 :
René-Pierre Jacquemain (octobre 1958) ; Jean Thiébaut (10 octobre 1968) ; Jean Bernard (24 mars 1971) ; Louis Galatry (6 janvier 1977) ; Jean Bulabois (10 janvier 1980, réélu le 6 janvier 1983) ; Jean Parizet (20 mai 1986, réélu le 17 avril 1990) ; Philippe Thibert (21 février 1992) ; Joël Berger (14 février 2002) ; Abderrazak Kadmiri (31 mars 2011) ; Jean-Pascal Ansel (9 juillet 2015) ; Pierre Joubert (27 août 2020).