Logiques de l’agir, UR 2274

Arnaud Macé

Le renouveau de la recherche en philosophie à Besançon après la seconde guerre mondiale est porté par la fondation, en 1959, du Centre de documentation et de bibliographie philosophique. Le philosophe Gaston Berger, spécialiste de Husserl et ancien résistant, est alors, au ministère, directeur général de l’enseignement supérieur et cherche à faire émerger de nouveaux centres de recherche. Il repère le travail mené sur la bibliographie philosophique par Gilbert Varet[1] et crée le CDBP, qui s’inscrit alors dans le projet de Bibliographie de la philosophie lancé en 1909 par l’Institut international de philosophie.

Besançon devient un centre de collecte et d’analyse des publications philosophiques, de production de bibliographies et indices[2] et de réflexion sur le référencement des savoirs. Le livre issu de la thèse de Robert Damien, Bibliothèque et État[3], place la question de la classification des livres au fondement de la raison politique. Au XXIe siècle, cet héritage est transformé grâce à la création, par Thierry Martin, du « système d’information en philosophie des sciences ». La bibliographie philosophique entre dans l’ère numérique et participative, inscrivant le partage des métadonnées et des notices enrichies dans l’ère de la science ouverte.

En 1991, André Tosel crée l’unité de recherche qui s’appelle aujourd’hui Logiques de l’agir et qui comprend en son sein le CDBP. Elle se consacre alors à renouveler la philosophie de l’action collective et la philosophie des pratiques. L’originalité des recherches menées par cette équipe consiste dans l’hypothèse que le sens de nos pratiques ne s’éclaire que si on les considère à travers de multiples prismes, ceux de la philosophie politique et sociale, des sciences humaines, aussi bien que ceux de l’ontologie, de la philosophie des sciences et des techniques, sans séparer les phénomènes du présent de leur inscription dans le temps long. L’équipe nourrit en retour une nouvelle approche de l’histoire de la philosophie à partir de la considération des pratiques, comme le livre de Jean-Pierre Cotten sur Victor Cousin[4] en donne l’exemple en 1992.

Une publication fondatrice : André Tosel, Les logiques de l’agir dans la modernité, Paris, Les Belles-Lettres (« Annales littéraires de l’université de Besançon »), [JB1] 1992.
Visuel du premier volet des ateliers doctoraux 2019-2021. Jacky Frossard, Illustration PNGTREE, 2019.
Affiche du colloque « Forme et diagramme », avril 2019. Jacky Frossard.

Aujourd’hui, forte de l’afflux d’une nouvelle génération de collègues et de doctorants, l’équipe enrichit cette réflexion de nouveaux objets et de nouvelles interrogations, sans oublier de valoriser le patrimoine philosophique bisontin, terre de naissance de la philosophie sociale française, avec Fourier et Proudhon[5].

Notes :
  • 1. Gilbert Varet, Manuel de bibliographie philosophique, Paris, PUF, 1956.
  • 2. Cf. l’index des Méditations métaphysiques de Descartes publié aux PUFC en 1996 par Louis Ucciani, Jean-Philippe Massonie, Jean-Luc Marion et Pierre Monat.
  • 3. Robert Damien, Bibliothèque et État, Paris, PUF, 1995.
  • 4. Jean-Pierre Cotten, Autour de Victor Cousin. Une politique de la philosophie, Paris, Les Belles-Lettres (« Annales littéraires de l’université de Besançon »), 1992.
  • 5. Logique de l’agir est très actif aux PUFC, où il anime une revue (Philosophique), une collection d’épistémologie des sciences aujourd’hui unique (« Sciences : concepts et problèmes ») et des séries originales d’ouvrages dans les collections des « Annales littéraires » (« Agon ») et des « Cahiers de la MSHE Ledoux » (« Archives de l’imaginaire social »).
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