Les locaux de l’université de Dole, du Moyen Age à la Renaissance

Jacky Theurot

Les lettres patentes du duc, dont celle du 22 juin 1423, mentionnent la nécessaire construction de locaux ou le financement de leur mise en place. Bien qu’il n’obtienne pas tout de suite une faculté de théologie, dès 1426, Philippe le Bon, entend faire construire un collège de théologie. Avant 1467, dans son testament, il envisageait aussi une dotation pour construire des bâtiments destinés aux étudiants pauvres1

Dole au début du XVIe siècle, détail de la tapisserie “Louis XI levant le siège de Dole en 1477” et présentant les murailles de la capitale de la Franche-Comté. La tenture a été tissée à Bruges, ville appartenant au territoire des ducs de Bourgogne, entre 1502 et 1506. Elle était destinée à l’ornement de l’église Saint-Anatoile de Salins et y demeura jusqu’à la Révolution. Paris, Musée du Louvre, RMN-Grand Palais, OA 6705 bis. Martine Beck-Coppola.

Lors du siège de 1479, l’auditoire des lois, situé à l’étage de la grande salle de l’hôpital intra-muros, subit des dégradations, à tel point que les verrières doivent être ensuite déposées en 1483. Dès le rétablissement de l’université, en mars 1484, la Ville se soucie d’accueillir maîtres et étudiants et d’héberger les cours. Les délibérations municipales rapportent que l’université s’est réinstallée provisoirement dans la grande salle des malades de l’hôpital Notre-Dame contre rémunération, ce qui pose des problèmes aux échevins gestionnaires du lieu. L’université faisant la sourde oreille, ils s’en plaignent souvent auprès des autorités princières. Un projet de reconstruction est bien évoqué mais rien n’indique une solution définitive. Peut-être est-ce pour cette raison, qu’en 1515, Marguerite d’Autriche facilite la reconstruction de l’ancien hôpital du Saint-Esprit dont le recteur Claude Besançon, prêtre originaire de Montjustin, est d’ailleurs inscrit à l’université2. Dès 1498, lors de l’élection des recteurs, à l’occasion du passage des diplômes et de soutenances, l’auditoire est cité. 

La situation des locaux en cœur de ville, à proximité de la tour de ville et des Cordeliers, est semblable à celle de Poitiers. Au XVIe siècle, en plus de cet auditoire, la chapelle Saint-Georges, ancienne chapelle prieurale du XIIe siècle, est utilisée pour la célébration des grandes fêtes religieuses de l’université, mais aussi pour l’élection d’un recteur et des réunions. Des officiers élus, receveurs des amendes et choristes y officient. 

D’autres réunions du collège se tiennent dans la salle capitulaire attachée à la vieille collégiale. Dès 1497, il se peut que l’école de grammaire avec Odo de La Tour, et que, après 1500, le collège Saint-Jérôme, accueillent des cours de droit canon et de théologie. C’est dans ce lieu que se déroule la soutenance du dominicain polinois Étienne Marion pour son doctorat en théologie3.  

Ces locaux semblent modestes et, jusque vers 1530, ont peu évolué ni en site ni en volume, mise à part l’utilisation de la grande salle des malades de l’hôpital, avant 1479, et après 1484. De plus, jamais n’est vraiment évoqué un local pour une bibliothèque, ni un espace qui serait consacré à la conservation des livres, pourtant, il existe bien, car des bibliothécaires sont recrutés par le collège dès 1498. Cette exiguïté et cet inconfort peuvent sembler surprenants vu la dignité de l’institution, ne serait-ce qu’eu égard à la provenance parfois étrangère de maîtres éminents comme Raymond de Marlian, Anselme de Marenches, Antoine Lulle, Belloni, Stratius et d’autres, mais aussi des étudiants. Il est vrai que Dole n’abrite qu’une centaine d’étudiants tout au plus jusque vers 1530 et guère plus au-delà, sauf en 1556, avec la venue de Charles Du Moulin, et en 1561, avec le retour de Stratius. Il ne semble pas que l’université ait d’autres locaux jusqu’en 1691, d’autant que le collège des Jésuites, construit fin XVIe/début XVIIe siècles, accueille nombre d’élèves-étudiants auxquels l’université se contente sans plus de décerner les grades. 

Notes :
1 – Jacky Theurot, « Le pouvoir et le savoir. L’université de Dole, une université pour les terres de Bourgogne, des années 1420 à 1479 », Annales de Bourgogne, Dijon, tome 92-3-4, juillet-décembre 2020, n°366-367, p.100-101 ; et Jacky Theurot et Danielle Ducout , « La renaissance de l’Université de Dole, de Charles VIII à Marguerite d’Autriche (1484-1530), Mémoires de la Société d’émulation du Doubs, histoire et patrimoine de Franche-Comté, Nouvelle série n°63, 2021, Besançon, 2022, p. 37-42.  2 – BMB, Ms 982, 10 juillet 1523, f°171r.  3 – Jacky Theurot et Danielle Ducout , « La renaissance de l’Université de Dole », art.cit., p.126 n.233. 
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