Dès le début de son mandat, en 1996, Claude Oytana a souhaité développer la sensibilisation à l’entrepreneuriat pour favoriser la création d’entreprises issues des chercheurs et des étudiants. Plus de 150 étudiants (de niveaux bac +4 et bac +5) de l’université de Franche-Comté, de l’ENSMM et de l’UTBM bénéficient ainsi d’une formation à la création d’entreprise, avec le soutien actif de la Banque populaire de Franche-Comté, du Mâconnais et de l’Ain. En avril 1999, est lancé un séminaire d’initiation à la création d’entreprise[1], coordonné et organisé par Sophie Zecchini, du service commun universitaire d’information et d’orientation (SCUIO). Lors d’une conférence de presse, le 8 avril 1999, les quatre partenaires institutionnels[2] présentent cette nouvelle action aux journalistes afin de lui donner plus d’audience. Ils sont accompagnés des 29 participants du séminaire, 10 étudiantes et 19 étudiants, porteurs de projets très variés.


L’année suivante, sous l’impulsion de Françoise Bévalot, vice-présidente du conseil d’administration, et de Jean Piranda, directeur du service de la valorisation de la recherche[3], l’université crée un séminaire d’initiation à l’entrepreneuriat et à l’innovation réservé aux doctorants. C’est également à cette période que naît l’incubateur d’entreprises innovantes de Franche-Comté. Il accueille les premiers chercheurs qui décident, dans le cadre de la toute nouvelle loi Allègre, de relever le défi de la création : Henri Porte (CNRS) avec PHOTLINE devenue IXBLUE ; Laurent Py et Bruno Legeard avec SMARTESTING ; Patrice Minotti (CNRS) avec SILMACH ; ou encore Séverine Vienney avec ERDIL.
Créer sa propre entreprise est un parcours complexe et risqué qui requiert des compétences spécifiques. Depuis 2008, Pascale Brenet, enseignante-chercheuse à l’IAE, s’investit auprès des étudiants pour le développement de l’entrepreneuriat. Elle crée cette année-là deux formations à l’IAE de Franche-Comté ; le master management, entrepreneuriat et innovation, décliné sous la forme d’un DU (diplôme de l’université) au format plus resserré, s’adresse aux étudiants, diplômés et porteurs de projets issus de disciplines variées (sciences et techniques, sciences humaines et sociales, lettres et langues, santé, sport) et souhaitant construire ou piloter des projets ou des entreprises innovantes.

En 2014, le MESR- impulse le plan « Esprit d’entreprendre »,donnant naissance à des pôles pour l’entrepreneuriat étudiant au sein des établissements d’enseignement supérieur français[4]. Le PÉPITE BFC, pôle étudiant pour l’entrepreneuriat, le transfert et l’innovation, est créé sous la direction de Pascale Brenet.

Il assure ses missions sur toute la région Bourgogne Franche-Comté pour l’ensemble des étudiants et jeunes diplômés de sept établissements : UFC, UB, UTBM, Sup Microtech-ENSMM, Institut Agro Dijon, ENSAM Cluny et BSB. La première mission du PÉPITE BFC porte sur la sensibilisation à l’entrepreneuriat et à l’innovation des étudiants dans les formations, de la licence au doctorat, en apportant supports et ingénierie pédagogique aux responsables de formations des sept établissements et en organisant des actions de sensibilisation transversales. C’est ainsi que de nombreux ateliers « idée d’entreprendre » et hackathons[5] sont organisés chaque année, invitant des étudiants à faire émerger des projets répondant à des défis sociétaux et environnementaux. Certains sont proposés par des partenaires locaux, entreprises et collectivités, comme c’est le cas à l’IUT Besançon Vesoul[6]. La deuxième mission porte sur l’accompagnement les étudiants qui souhaitent franchir le pas, dans le cadre du statut national étudiant entrepreneur (SNEE), avec une offre de services qui associe du travail en groupe (séminaires à la saline royale d’Arc-et-Senans), un suivi individuel, une mise en réseau, ainsi que la possible substitution du projet entrepreneurial au stage. PÉPITE porte cet accompagnement, avec l’aide des enseignants référents des établissements et d’une équipe de jeunes entrepreneurs mentors issus de l’université, mais aussi avec l’appui de l’écosystème entrepreneurial régional. Depuis 2014, ces étudiants entrepreneurs peuvent participer au prix PÉPITE.

Chaque année, ce concours met à l’honneur quatre lauréats régionaux et un lauréat national. Les projets, très variés, portent pour les deux tiers d’entre eux sur des projets d’innovation, vue sous toutes ses formes, de l’innovation sociale et d’usage à l’innovation Deep Tech[7].
En 2024, l’équipe de PÉPITE-BFC est composée de trois personnes, sous la direction de Pascale Brenet[8] et de Cyril Bauduret, directeur-adjoint. Compétences entrepreneuriales et apprentissage par l’action sont les maîtres mots des actions menées. Depuis sa création en 2014, plus de 30 000 étudiants ont été sensibilisés à l’entrepreneuriat dans les sept établissements d’UBFC. Entre 2015 et juillet 2020, 69 entreprises ont été créées par 280 étudiants entrepreneurs accompagnés, présentant une grande diversité de profils et de projets innovants. Les 700 étudiants entrepreneurs guidés en dix ans forment aujourd’hui une communauté active. Environ 20 % d’entre eux ont créé leur entreprise, d’autres apportent leurs compétences entrepreneuriales et jouent un rôle d’« intrapreneur » ou d’« innovateur » dans les entreprises qu’ils rejoignent.
D’autres mesures incitatives, comme le prix initiative au féminin[9] consacré aux étudiantes, ou d’autres dispositifs tels que l’itinéraire chercheur-entrepreneur, financé par la région BFC, et s’appuyant sur le collège doctoral d’UBFC et l’IAE de Franche-Comté, ont ensuite vu le jour. En 2023, a été créé le pôle universitaire d’innovation (PUI BFC) qui vise à intensifier l’ensemble des actions relevant de la troisième mission de l’université. En 2024, s’est tenue la première édition du challenge STARTHESE, conduit par PÉPITE-BFC et le collège doctoral d’UBFC. Il invite les jeunes chercheurs à présenter les innovations issues de leur recherche et leur offre un accès aux dispositifs d’accompagnement entrepreneurial. Cet ensemble d’initiatives portées par l’université de Franche-Comté au sein d’UBFC s’inscrit dans un écosystème dans lequel existent des connexions avec les structures de valorisation, l’incubateur régional DECA BFC et d’autres réseaux d’accompagnement et de financement de la création d’entreprise. Ils constituent une composante essentielle de l’engagement de l’université de Franche-Comté dans sa troisième mission, qui cherche à intensifier les actions de diffusion des connaissances et des talents issus de l’enseignement supérieur dans l’environnement socio-économique.