Le service régional des stages : une mission expérimentale (1997-2011)

Michel Stimpfling

Les stages des étudiants jouent un rôle décisif dans leur cursus d’études et leur recherche d’emploi, sachant que de nombreuses embauches s’effectuent à leur issue. Les stages bien ciblés et bien conduits permettent aux étudiants de confronter leurs acquis à la réalité pratique, de préciser leur projet personnel et professionnel et de poser des jalons pour leur entrée dans l’emploi. De leur côté, les diverses structures font appel à ces étudiants pour réaliser une étude, mettre en place un projet innovant ou renforcer momentanément leur équipe de recherche et de développement.

Au milieu des années 1990, les pratiques de stage se développent dans l’enseignement supérieur régional. En Franche-Comté, près de 8 000 étudiants de bac +2 à bac +6 (université, BTS, ENSMM, UTBM et autres écoles…) en effectuent un chaque année, au niveau régional, national ou international. Ces stages sont alors dits « de découverte », « d’application » ou « de mission ».

Exemple du guide régional des stages : « Un profil sur mesure », édition 2004-2007, édité avec le soutien du conseil régional de Franche-Comté. Catherine Bouteiller, 2004.

Toutefois, rapidement, des constats s’imposent : aucune vision et aucune coordination globales n’existent. Par exemple, estimer à l’échelle de l’établissement, à un moment donné, l’effectif d’étudiants en stage en entreprises, administrations ou associations diverses, reste un exercice complexe. Les capacités réelles des étudiants et leur potentiel professionnel sont trop souvent méconnus des recruteurs. En retour, les offres de stages suscitent peu d’intérêt auprès des jeunes. Le flux des candidatures engorge certaines structures et en ignore d’autres par une non-identification des “niches” de stages. Et si certaines formations renommées bénéficient déjà d’une bonne attractivité, d’autres, moins connues ou moins aguerries, peinent à signer des conventions pour leurs étudiants. Aussi, afin de ne pas pénaliser les étudiants dans la validation de leur cursus, un comité de pilotage se met en place. Il fait suite à une analyse du sujet, menée avec l’aide d’un étudiant motivé et de quelques partenaires. Ce service n’a pas vocation à tout chapeauter : l’objectif consiste à agir, tant auprès des responsables de formation et de leurs étudiants qu’auprès des structures potentiellement émettrices d’offres, essentiellement dans la région.

La décision stratégique de créer ce dispositif partenarial régional (structure sans murs), soutenu par le conseil régional de Franche-Comté et l’État (contrat quadriennal avec l’université) est actée. Intitulé « service régional des stages », il démarre en novembre 1997, sous le mandat de Claude Oytana[1]. Trois partenaires sont chargés de sa mise en œuvre : le centre régional d’information jeunesse (CRIJ)[2], le MEDEF Franche-Comté et l’université de Franche-Comté, en associant d’autres établissements. La première étape consiste à gérer la part des stages qui, jusque-là, n’est pas traitée de manière satisfaisante. Durant le temps de cette expérimentation, 600 offres nouvelles sont collectées chaque année, auprès de PME-PMI, d’organismes divers, d’associations et d’administrations, puis diffusées. Par ailleurs, il élabore un catalogue constitué de 160 fiches présentant, d’une part, les formations supérieures concernées en Franche-Comté et, d’autre part, un référentiel des capacités et compétences des étudiants. En complément, il crée un site internet, sous la forme d’une “banque” régionale des compétences et des offres de stages, développé par deux étudiants d’IUP en informatique. Très rapidement, plus de 450 nouvelles offres de qualité sont proposées.

Exemple du guide régional des stages : « Faites rebondir vos projets avec un stagiaire », édition 2009-2012, édité avec le soutien du conseil régional de Franche-Comté. Catherine Bouteiller, 2009.

Une telle initiative, inédite en France, est restée fondatrice et structurante. Cette mission permit en effet à nos partenaires professionnels de connaître vraiment l’offre de stages et la diversité des formations de l’UFC, et à nos étudiants stagiaires de faire reconnaître leur apport professionnel et leurs compétences. Véritable porte d’entrée vers l’emploi, un tiers des embauches à bac +4 ou plus s’effectuent à l’issue d’un stage. Depuis, le nombre de stages a considérablement augmenté dans l’ensemble des filières.


Notes :
  • 1. Tout l’u,  dossier « Stages, premiers pas vers l’emploi », févr. 2002, n° 92.
  • 2. Aujourd’hui Info jeunes Bourgogne-Franche-Comté.
ARTICLES SIMILAIRES :
error: Contenu protégé.