Le service médico-social des personnels

Maryse Graner, avec l’aide de Sonia Racois et de Jennifer Bontent

Dès ses débuts, comme tout autre organisme ou entreprise, l’université de Besançon a l’obligation de disposer d’un médecin du travail pour ses personnels. De statut indépendant, il joue un rôle exclusivement préventif. Son action vise à supprimer les facteurs de risque, à surveiller la santé du personnel en fonction de l’âge et du milieu de travail et à minimiser les conséquences du travail sur la santé. Ce médecin doit aussi conseiller les employeurs afin d’améliorer les conditions de travail et de diminuer les risques professionnels, en concertation avec le service hygiène sécurité. Chaque année, il rédige un rapport sur les risques professionnels de l’entreprise, qu’il transmet au comité d’hygiène de sécurité au travail (CHSCT) et au président de l’université.

Durant ces premières années, le service de médecine préventive de l’université de Besançon, dirigé par le Dr Albert Plessis de Pouzilhac, reçoit en consultation les étudiants, mais aussi les personnels qui sont soumis à des risques, les personnels techniques et des services des différentes UER, du CNRS et du Crous. Différents examens complémentaires sont proposés, en plus de la visite médicale : examens radio-photographiques, tests biométriques (pesée, examen de la vue et des urines). Les locaux du service universitaire de médecine préventive sont déjà situés avenue de l’Observatoire, à côté de l’UER de droit et sciences économiques[1]. En complément, le comité d’hygiène et de sécurité (CHS), commission née au sein du conseil de l’université en mai 1976, pendant le mandat de Pierre Lévêque, est le seul service chargé de procéder à une étude des facteurs physiques du travail des personnels enseignants et non enseignants de l’université. En avril 1979, quand est constituée la commission de la politique sociale de l’université, la création d’un service de médecine du travail, en collaboration avec la faculté de médecine, est étudiée. Mais l’université n’a toujours pas les moyens de financer un poste de médecin du travail sur vacations, ni son nécessaire secrétariat, pas plus que l’équipement d’un cabinet médical.

À partir de 1988, l’université de Franche-Comté signe un accord avec le service de médecine du travail et des risques professionnels du centre hospitalier universitaire de Besançon, pour assurer la surveillance médicale de l’ensemble du personnel de l’université. En 1992, 433 personnes sont reçues en consultation, dont le tiers est réorienté vers d’autres médecins, généralistes ou spécialistes. Une autre mission du service est d’étudier les conditions de travail sur les postes des agents. Le médecin du travail effectue ces visites , selon les cas, seul ou accompagné par des collaborateurs ou par un groupe de visite du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Il s’agit d’identifier les risques, leur nature, leur localisation et leur importance afin de déterminer des actions préventives et de faciliter leur mise en œuvre. Le médecin affecté au suivi des personnels de l’université est d’abord le Dr Teyssier Cotte, puis le Dr Isabelle Thaon prend la suite, avant de passer le relais au Dr Sylvia Gantcheva. Ce service, externalisé, est réalisé dans les locaux du CHU.

En novembre 2003, répondant à un vœu de longue date des personnels, le rectorat partage un poste d’assistante sociale pour les personnels enseignants et BIATSS de l’université. Marie-Ève Sermier est recrutée à temps partiel, son poste est mutualisé avec l’inspection académique, puis Marie-Pascale Pradelle lui succède dans les mêmes conditions (60 % pour le rectorat et 40 % pour l’UFC). Il faut attendre le 1er avril 2011 pour que l’université ouvre son propre poste d’assistante sociale à l’attention de ses personnels, avec Saliha M’Piayi[2]. Ses missions s’organisent autour de l’accompagnement individuel, de la diffusion d’informations sur l’action sociale et de la participation à la politique sociale de l’université. Elle suit les personnels qui rencontrent des difficultés professionnelles ou personnelles, grâce à des permanences organisées dans les différents sites de l’université.

Lorsque le CHU ferme le service de médecine du travail et des maladies professionnelles, fin 2013, voit le jour le service de médecine de prévention du personnel,qui recrute un médecin de prévention, le Dr Sylvia Gantcheva, ce qui permet d’assurer une continuité.

Le 11 mai 2015, l’instance du comité technique de l’université de Franche-Comté valide la création du service médico-social des personnels (SMSP), constitué par ce médecin de prévention, l’assistante sociale des personnels et une secrétaire. Cette dernière, Jennifer Bontent, arrive le 1er septembre 2015. L’équipe est installée sur le campus de la Bouloie, dans une partie des locaux, situés au rez-de-chaussée, du service de prévention de la santé des étudiants SUMPPS.

Signalétique d’accès à la médecine préventive des personnels, service nouvellement hébergé dans les locaux du SUMPPS, en 2014. Catherine Bouteiller.

Au 1er septembre 2016, Hind Lafraoui rejoint le service médico-social, en qualité d’assistante sociale des personnels et de correspondante handicap, puis un psychologue du travail, Xavier Borot, est recruté à l’année. Il accompagne les personnels dont la situation de travail provoque un stress, voire une souffrance psychique, et met en place des actions préventives pour améliorer les conditions de travail. Il œuvre avec le CHSCT, tout comme le médecin du travail et l’assistante sociale.

En ce même 1er septembre 2016, le départ du DGantcheva marque une période assez longue de vacance du poste, sans médecin de prévention pour les personnels. Cette situation n’est certes pas propre à l’université de Franche-Comté, les médecins du travail demeurent rares et les salaires des établissements de la fonction publique peu attractifs. En outre, la tâche est immense : un seul médecin pour près de 2 500 personnels. Pour faire face à cette situation très difficile, le Dr Corinne Lesueur-Chatot, déjà au service de l’ensemble des étudiants dans sa mission de médecin de prévention au SUMPPS, accepte d’assurer temporairement le poste de médecin de prévention pour les personnels, en intérim, de 2017 à 2021. Une nouvelle vacance de poste s’ensuit. Pendant la pandémie, les personnels nécessitant une expertise médicale sont redirigés par la directrice des ressources humaines auprès de médecins ou experts extérieurs, qui effectuent les visites.

Le 1er septembre 2023, le service médico-psycho-social des personnels retrouve un médecin avec l’arrivée du DElisabeth Tourneret et compte une assistante sociale, Annabel Cicolari (depuis l’automne 2022), une psychologue pour le personnel, Floriane Mouget (depuis mai 2019) et la secrétaire. Pour les personnels éloignés, les consultations ont lieu sur site ou en visioconférence.

Notes :
  • 1- Bulletin d’information Le Bire, no 33, déc. 1977, p. 3. « Le service universitaire de médecine préventive »,
  • 2- Remplacée par Hind Lafraoui à l’automne 2016.
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