Au début des années 1980, les principaux responsables économiques et politiques du conseil général de la Haute-Saône[1] s’accordent pour demander la création d’un IUT à Vesoul. Ils sollicitent pour ce projet une audience auprès de Robert Sanzogno (1981-1987), directeur de l’IUT de Besançon. Ce dernier les reçoit, mais leur indique que les services compétents du ministère ont fait peu avant connaître leur refus de tout nouveau projet qui ne s’appuierait pas sur l’existence d’une structure universitaire préexistante sur le site pressenti. Les visiteurs repartent avec la maquette du dossier à mettre en œuvre, mais qui ne semble pas pouvoir aboutir.
Quelques mois plus tard, à la grande surprise des universitaires bisontins, l’accord du ministère est donné au projet vésulien, grâce notamment à l’action extrêmement efficace d’un élu haut-saônois, Christian Bergelin (1945-2008)[2], plus tard secrétaire d’État.
Le conseil général organise aussitôt une attribution des moyens pilotée par M. Koesch, secrétaire général des services, qui fait preuve d’une efficacité remarquable. Les moyens mis en œuvre consistent à attribuer la quasi-totalité des locaux de l’ancienne coopérative agricole Vesoul Belfort (CAVB), en faillite, qui se situent dans le secteur de Vaivre-Montoille. Le conseil général assure la transformation nécessaire des locaux, les frais de fonctionnement général et le salaire de trois personnels non enseignants. L’ampleur de cet engagement constitue vraisemblablement un exemple unique en France de la participation d’une collectivité territoriale à ce type de projet.
Le directeur de l’IUT, R. Sanzogno, recrute Gilbert Grangeot, qui fait figure de responsable idéal pour mener cette entreprise à bien. Son expertise s’avère décisive car G. Grangeot, un des pionniers de la création de l’IUT de Belfort une dizaine d’années plus tôt est de surcroît très implanté à Vesoul, où il dispose d’un important réseau personnel. En attendant l’équipement et l’ouverture du restaurant universitaire nécessaire, également financé par le conseil général, les étudiants peuvent bénéficier d’un hébergement et d’une restauration, fournis par le foyer des jeunes travailleurs de Vesoul. Au bout de quelques mois, Pierre Cousson, responsable administratif et financier de l’IUT, crée et préside l’association Essor campus Vesoul, qui va assurer plusieurs années, par contrat avec la Générale de restauration et avec l’accord du Crous de Besançon, la restauration universitaire du site. Y sont également accueillis les élèves d’autres formations locales bénéficiaires des œuvres universitaires, ainsi que les personnels.

Georges Pannetton.
En 1988, l’antenne universitaire vésulienne voit le jour avec l’accueil de la première promotion d’étudiants dans le département de génie industriel et maintenance (GIM). Deux autres départements ouvrent ultérieurement : gestion de la logistique et des transports (GLT)[3] en 1992, et hygiène, sécurité, environnement en 1997. L’IUT de Besançon prend alors le nom d’IUT Besançon Vesoul.