La culture, une mission transversale

Maryse Graner et Lucie Vidal

Émanant des services, des associations, des personnels ou des étudiants, la culture a toujours été présente à l’université. Les équipes de direction successives ont eu pour projet de coordonner, d’amplifier et de rendre plus visibles ces actions, le tout avec l’ambition de faciliter l’accès des étudiants à la culture.

À la rentrée 1993[1], sous le mandat de Michel Woronoff, un passeport culturel est créé sur proposition du conseil des études et de la vie universitaires (CEVU), en collaboration avec le Crous Franche-Comté. D’un coût de 40 francs[2], il donne accès aux étudiants à deux spectacles de leur choix, parmi la vaste programmation des cinémas, concerts, théâtres ou expositions des scènes de Besançon, Belfort, Montbéliard, Sochaux et Vesoul. L’objectif est de permettre à tous les étudiants, notamment ceux issus de milieux moins favorisés, de bénéficier de l’offre culturelle régionale à moindre prix. Bernard Laude, professeur de chimie organique, coordonne ce programme.

En 1997, sous le mandat de Claude Oytana, Françoise Bévalot, alors vice-présidente du conseil des études et de la vie universitaire (CEVU), réalise une enquête sur la vie culturelle à l’université. Elle en recense les forces vives que constituent les associations culturelles (le théâtre universitaire, l’orchestre, la chorale, le projet Aurore) et sportives, le dispositif du passeport culturel, les projets étudiants et les actions du Crous. Au total, l’université subventionne la culture pour un montant annuel de 957 000 francs.

L’idée est de créer une structure de coordination consacrée à la culture. Bien identifiée, cette cellule culturelle apporte une plus grande lisibilité à ces différentes initiatives jusqu’alors éparpillées, une meilleure gestion et un bénéfice commun. Lors du mandat de Françoise Bévalot, ce dispositif s’intitule « Campus envies ».

Flyer d’information « Campus envies », invitant les étudiants aux ateliers artistiques, culturels et scientifiques animés par les associations universitaires, 2002-2003.

Il a pour objectif de susciter la curiosité, l’ouverture d’esprit et l’adhésion aux enjeux culturels d’un plus grand nombre d’étudiants.

À la rentrée universitaire de 1999, sous Claude Oytana, un guichet unique se met en place, une première sur le plan national : les fonds du FAVE (université) et ceux du dispositif Culture action (Crous) sont rassemblés et une commission commune décide des projets à soutenir. Dès 2000, ce fonds permet la réalisation d’une quarantaine de projets étudiants. L’université s’associe également à la promotion de la carte avantages jeunes proposée par le centre régional d’information jeunesse (CRIJ) Franche-Comté et financée par le conseil régional de Franche-Comté[3] qui se substitue au passeport culturel de l’université.

Dépliant d’information sur « Les bons plans étudiants avec la carte avantages jeunes », saison culturelle 2002-2003. Rudolf Van Keulen.

Olivier Thévenin, nommé chargé de mission aux affaires culturelles, pilote la signature, le 27 octobre 2000, d’une convention tripartite entre la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), l’université et le Crous de Franche-Comté. Elle vise à dynamiser la vie culturelle en direction des étudiants, à les sensibiliser aux arts et à la culture, et plus largement à favoriser les pratiques artistiques et culturelles de toute la communauté universitaire, à encourager sa diffusion et la fréquentation des équipements culturels. Elle invite l’université à être force de propositions dans les manifestations nationales organisées par le ministère de la Culture et de la Communication (le Printemps des poètes, Lire en fête, les journées du patrimoine, la fête de la musique…) et du ministère de l’Éducation nationale, comme Figures libres. Des spectacles et des résidences d’artistes sont programmés sur les campus bisontins du centre-ville et de la Bouloie. Anne-Cécile Klur est chargée de la coordination et de la mise en œuvre opérationnelle, sa mission concernant la vie associative et culturelle est rattachée au SCUIO[4].

Claude Condé, soucieux lui aussi de développer cette démarche artistique, nomme Louis Ucciani, enseignant-chercheur en philosophie à l’UFR SLHS, chargé de mission Politiques culturelles et artistiques, à la rentrée universitaire 2008 jusqu’à la fin du mandat. Louis Ucciani contribue à l’ouverture de la licence professionnelle développement et protection du patrimoine culturel, spécialité métiers de l’exposition et technologies de l’information (METI), dont la caractéristique est de proposer une spécialisation en art contemporain ou patrimoine. Avec les étudiants, il organise des expositions et des performances artistiques en liaison étroite avec les partenaires régionaux : direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Franche-Comté, institut supérieur des Beaux-arts, musées de Besançon et des maisons comtoises ou encore FRAC, fonds régional d’art contemporain. En 2007, le service vie étudiante culturelle et associative est créé, avec pour responsable Émilie Parisot.

En 2012, au début de son mandat, Jacques Bahi nomme Estelle Seillès vice-présidente sciences et culture en société, mission qui évolue l’année suivante en vice-présidente politiques culturelles[5]. En 2014, naît le service sciences, arts, culture, rassemblant ces domaines en une dynamique commune. Cette année-là marque également la naissance des Journées arts et culture dans l’enseignement supérieur, les JACES, qui sont trois jours de festivals et d’événements artistiques et culturels dans les établissements d’enseignement supérieur, universités et écoles, ouverts à tous. L’objectif est de permettre l’accès du plus grand nombre à la culture et aux réalisations culturelles et artistiques des établissement.

Affiche des journées des arts et de la culture (JACES) à l’université de Franche-Comté, du 28 au 30 mars 2017. Élodie Crozier.

À l’occasion des JACES 2014, Sophie Montel, enseignante-chercheure à l’ISTA, l’Institut des sciences et techniques de l’antiquité de l’UFR SLHS, en collaboration avec Louis Ucciani et la galerie d’art de Jean Greset, conçoivent une intervention artistique éphémère et inédite[6] dans la domus gallo-romaine, située au sous-sol du pavillon d’archéologie. Côtoyant les vestiges antiques découverts dès les années 1920, des sculptures et des créations contemporaines, symbolisant un grand écart historique et artistique d’environ 2 000 ans, prennent la forme d’une exposition commune. Dans ce lieu patrimonial exceptionnel tout juste rénové et sécurisé, les visiteurs, guidés par les étudiants en licence d’histoire de l’art et d’archéologie et en licence professionnelle METI, découvrent l’exposition « Confrontation #1 ».

Exposition « Confrontation # » à la domus, UFR SLHS. Visites guidées par les étudiants en licence d’histoire de l’art et d’archéologie et en licence professionnelle METI lors des journées JACES 2014. Ludovic Godard.

Les journées européennes du patrimoine de la mi-septembre sont un autre espace d’intervention pour l’université. Coordonnées et accompagnées par le service sciences, arts, culture, les équipes des services, des composantes ou des laboratoires peuvent y valoriser leur patrimoine et l’ouvrir au public. Ces journées sont une très belle occasion pour, par exemple, l’observatoire des sciences de l’univers d’ouvrir sa magnifique méridienne ou pour les bibliothèques universitaires de présenter de précieux ouvrages anciens issus de leurs fonds et collections.

En 2020, le ministère de la Recherche, de l’Enseignement supérieur et de l’Innovation institue la CVEC (contribution vie étudiante et de campus), réglée par les étudiants au moment de leur inscription dans les universités. Une partie de cette somme étant destinée à l’action culturelle, la CVEC ouvre la voie à une nouvelle politique culturelle à l’université de Franche-Comté, portée par le service sciences, arts, culture. Une vingtaine d’ateliers de pratique artistique sont ainsi proposés aux étudiants, encadrés par des artistes professionnels de la région. Bande dessinée, photographie, arts textiles, céramique et musique se retrouvent au programme. Les JACES, rebaptisées « Grand Baz’arts » valorisent les créations artistiques étudiantes[7] issues de ces ateliers ou de pratiques extérieures. Les partenariats avec les structures culturelles de la région se renforcent, permettant aux étudiants de monter des spectacles, de visiter les coulisses des salles de spectacles ou d’expositions et de s’approprier ainsi davantage les lieux de culture.

Journées JACES, « Grand Baz’Arts », 2023. Service sciences, arts, culture.
Notes :
  • 1. Le Bire, « L’action culturelle à l’université », no 21, févr. 1976, p. 6.
  • 2. 60 francs en 1997-1998.
  • 3. Créée en 1993.
  • 4. Service commun universitaire d’information et d’orientation, dont Gilberte Genevois est alors responsable.
  • 5. Claire Dupouët lui succède de 2016 à 2018.
  • 7. Il bénéficie d’un financement de la CVEC (contribution à la vie étudiante et de Campus) de l’université de Franche-Comté et du Crous Bourgogne-Franche-Comté.
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