La création des premiers départements de l’IUT de Besançon

Témoignage de Pierre Cousson †

En 1967, le recteur Guey désigne  le professeur Raymond Chaléat pour assurer la mise en place et le démarrage de l’IUT. Ce dernier fait appel, pour le seconder, à Robert Sanzogno, ingénieur chevronné possédant une sérieuse expérience professionnelle du secteur industriel privé. Le département de génie mécanique et productique (GMP)[1] ouvre ses portes en octobre 1967 à un groupe d’étudiants, dans des locaux et du matériel prêtés[2].

Équipe du département de génie mécanique et productique, rassemblée autour de Robert Sanzogno, son directeur (placé au centre avec les lunettes fumées), à la fin des années 1970. IUT de Besançon.

La construction d’un vaste ensemble de locaux, aussitôt lancée, n’est que très faiblement ralentie, pas plus que le déroulement des cours, par les événements de 1968. Cela permet à la rentrée de 1968 de se dérouler avec plus de confort et de voir le lancement de deux nouveaux départements : carrières de l’information, dirigé par le professeur Jacques Petit, et chimie, par le professeur André Martinet, ancien directeur de l’institut de chimie de la faculté des sciences.

Travaux de construction de l’IUT de Besançon, septembre 1968. IUT de Besançon-Vesoul.

Les équipes pédagogiques sont mixtes, constituées d’enseignants universitaires, de professionnels issus du monde socio-économique et d’enseignants du second degré des lycées bisontins. Le département carrières de l’information est composé de deux branches : publicité-marketing et documentation. Jacques Petit fait appel à quelques solides professeurs de lycée prévus pour la section techniques de commercialisation, qui sont pour l’occasion transférés du lycée Pergaud à l’IUT de Besançon[3]. En chimie, l’encadrement est assuré par une équipe constituée essentiellement d’enseignants, de statut universitaire, motivés. Pour la chimie, André Martinet demande à son équipe de privilégier la pédagogie à ses travaux de recherche.

En 1969, le démarrage du département gestion des entreprises et des administrations (GEA), dirigé par Bernard Schütz, enseignant en sciences économiques[4], ne pose pas de problème particulier. Toutefois, les lycées techniques de Besançon acceptent avec réticence le prélèvement de leurs enseignants dû à la création des départements d’IUT, qui les amaigrit dans leurs projets d’extension.

Laboratoire de langues vivantes, 1969. IUT de Besançon-Vesoul.
Laboratoire audio-visuel pour le département carrières de l’information, qui devient ensuite info-com, mars 1977. Bibliothèque municipale de Besançon, photographie de L’Est Républicain, Ph 64591. Bernard Faille.

Les équipements à vocation générale (la bibliothèque de 200 places et le laboratoire de langues ou les équipements techniques spécialisés, tant en GMP (une salle de dessin industriel, une chambre sourde et un atelier de métallurgie de commande numérique) qu’en chimie (un imposant atelier demi-grand qui permet la mise en œuvre de travaux à l’échelle industrielle ou pilotes) permettent, à bref délai, de jouer un rôle très important dans le développement, non seulement de la formation initiale, mais aussi de la formation continue grâce à l’IUFC.

Équipement du département de GMP : atelier de métallurgie de commande numérique, 1969. IUT de Besançon-Vesoul.
Équipement du département de GMP : salle de dessin industriel, 1969. IUT de Besançon-Vesoul.

Dès le mandat du premier président, Jean Thiébaud, en 1971, lors de la création de l’université et, en raison des rares locaux administratifs inoccupés et disponibles, les services généraux de l’université trouvent un hébergement dans le bâtiment de l’IUT. Ce dernier subit au fil des années une annexion-expansion durable, corollaire de l’augmentation du nombre de ses services et des personnels recrutés à la présidence de l’université[5].

Équipement du département de chimie : tables de manipulation, décembre 1969. Bibliothèque municipale de Besançon, photographie de L’Est Républicain, Ph 37456. Bernard Faille.
Équipement du département de chimie : atelier demi-grand, décembre 1969. Bibliothèque municipale de Besançon, photographie de L’Est Républicain, Ph 37430. Bernard Faille.

Dans chacun de ces départements, il faut souligner l’enthousiasme et la ferveur avec lesquels les équipes initiales se mettent au travail. L’attrait de la nouveauté fut sans doute consolidé par une joie ludique de participer à un jeu de construction où la plupart des règles restent à définir.

À partir de 1978, l’IUT de Besançon poursuit l’ouverture de nouvelles filières de départements à Vesoul[6], devenant ainsi l’IUT de Besançon-Vesoul.

Notes :
  Pierre Cousson (1938-2024), attaché principal des services universitaires, est le responsable des services administratifs et financiers de l’IUT de Besançon-Vesoul, pendant trente années, de 1968 à 1998.
  • 1. Expert reconnu, il devient par la suite président des chefs de département de génie mécanique et productique de France, offrant à l’IUT une visibilité nationale, puis directeur de l’IUT (1981-1987).
  • 2. Dans l’attente de la construction du nouveau bâtiment, les cours de GMP ont lieu au lycée Jules Haag dans les anciens locaux de l’école de chronométrie. Les travaux dirigés et les travaux pratiques se déroulent dans des salles de la faculté des sciences, prêtées par Claude Devin, qui deviendra ensuite directeur de l’IUT de Besançon de 1976 à 1981.
  • 3. Pour favoriser l’ouverture de cette première année, le ministère flèche les étudiants de la section de BTS techniques commerciales du lycée Pergaud vers ce département.
  • 4. Issu de la faculté de droit et de sciences économiques, il y est élu doyen de 1973 à 1974.
  • 5. Cet hébergement provisoire dure en effet jusqu’en 1993, date à laquelle a lieu le déménagement à l’hôtel Goudimel, lors du mandat de Michel Woronoff. Voir la notice, dans ce volume, « La présidence de l’université : quête de longue date et choix géopolitique » par Maryse Graner.
  • 6. Il s’agit des départements génie industriel et maintenance (1978), gestion de la logistique et des transports (1992) et hygiène, sécurité, environnement (1997). Voir la notice sur ce sujet dans ce volume.
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