Jacques Mohcine Bahi (5 avril 2012-30 novembre 2020)

Maryse Graner

Après des études supérieures en mathématiques appliquées à Rabat, Jacques Bahi obtient, en 1991[1], son doctorat en mathématiques appliquées à Besançon. En 1992, il est nommé maître de conférences en mathématiques et affecté à l’IUT de Belfort-Montbéliard. Il participe ensuite au lancement de la filière multimédia à l’UFR STGI. Directeur adjoint de l’IUP multimédia et technologies de l’information, il créé la filière produits et services multimédia (PSM) en 2000 et, la même année, le DESS programmation multimédia[2].

De 1993 à 1999, il est directeur de l’antenne du laboratoire de calcul scientifique de Besançon. Dès 1998, il rassemble des expertises autour de l’algorithmique numérique et du calcul distribué,son domaine de recherche. Nommé professeur des universités en informatique en 1999, son projet se concrétise en 2000 lorsqu’est créée l’équipe Algorithmique numérique distribuée (AND), dont il devient directeur jusqu’à 2013 et qui est soutenue par le CNRS durant trois ans. De 2002 à 2007, il est directeur adjoint du laboratoire d’informatique de l’université de Franche-Comté (LIFC). De 2000 à 2008, il est élu au conseil d’administration de l’IUT de Belfort-Montbéliard. En 2008, il met en place le master Algorithmique haute performance et modélisation. Au niveau national, de 2001 à 2009, il est élu au conseil d’administration de SPECIF[3], dont il devient le vice-président recherche. Il rejoint en 2011 l’UFR sciences et techniques de Besançon, au département informatique des systèmes complexes (DISC) de l’institut Femto-ST, et il est membre du laboratoire d’Excellence ACTION.

Jacques Bahi, président de l’université de Franche-Comté de 2012 à 2020. Ludovic Godard.

De 2008 à 2012, il exerce la fonction de vice-président du conseil scientifique, chargé de la recherche et de la valorisation, sous le mandat de Claude Condé. De 2010 à 2012, il est le coordonnateur des appels à Projets investissements d’avenir (PIA) pour le PRES Bourgogne Franche-Comté. Le 5 avril 2012, à 50 ans, Jacques Bahi est élu 9e président de l’université de Franche-Comté. Il promeut le projet d’une université interrégionale, organisée en réseau. En juillet 2012, il entame son premier mandat de président de l’UFC et il est aussi élu président du PRES Bourgogne-Franche-Comté, devenu fondation de coopération scientifique (FCS). Convaincu que les universités de Franche-Comté et de Bourgogne ont une destinée commune avec l’UTBM et les écoles d’ingénieurs, ENSMM et AgroSup Dijon, il propose de s’allier dans le cadre d’une « union » et non d’une fusion. C’est lors de son mandat, en 2015, que l’université de Franche-Comté devient membre-fondateur d’UBFC (université Bourgogne-Franche-Comté). En 2015, UBFC concourt au Programme investissements d’avenir (PIA) et en est lauréate en janvier 2016 : son projet I-SITE BFC figure parmi les deux projets I-SITE retenus au niveau national par un jury international.

Pour l’UFC, le projet de Jacques Bahi est de donner de la visibilité aux équipes pour créer une université de recherche, pluridisciplinaire, et de développer le lien formation-recherche-valorisation[4]. Le président encourage la création de FC’INNOV (Femto-engineering) en 2013, celle des CMI (Cursus master en ingénierie) ainsi que le collegium franco-suisse Smyle[5].

Il est réélu pour un second mandat, le 5 avril 2016, jusqu’en novembre 2020. Il est ainsi le président qui aura exercé le plus long mandat, totalisant plus de huit années d’exercice. Il a alors pour projet de rendre plus cohérentes les politiques de recherche, de formation et d’innovation ; aussi fait-il le choix de créer cinq collegiums[6] pour renforcer le lien formation-recherche-valorisation et rendre plus efficace le dialogue entre UFC et UBFC. En 2018, sur sa proposition, le conseil d’administration de l’UFC valide la création du Centre d’études et de recherche olympique universitaire (CEROU), qu’il confie à un vice-président olympisme[7], une première nationale. Il renforce également le pôle vie étudiante, destiné à soutenir et encourager les initiatives étudiantes pour l’organisation de manifestations culturelles et sportives, ainsi que le pôle culture et sciences en société.

La stratégie politique de l’UFC consiste à structurer thématiquement ses sites, en cohérence avec le bassin territorial d’implantation. Cette vision s’accompagne d’un plan majeur de rénovation foncière. Grâce au soutien financier de l’État, de la région et des collectivités, d’importants chantiers immobiliers[8] voient le jour dans le cadre du CPER et du plan France Renov. Offrant des bâtiments modernes et moins énergivores, ces réalisations engagent la nécessaire transition des campus vers de nouveaux espaces d’apprentissage et de recherche, prenant en compte le numérique. C’est ainsi qu’en 2015 le président impulse le projet d’écocampus pour le Nord Franche-Comté, qu’en 2018 il décide, conjointement avec la ville de Besançon, d’unir la bibliothèque universitaire à la bibliothèque municipale pour un projet de bibliothèque d’agglomération (BUBA) approuvé par l’État, et qu’en 2019 il lance le « campus du xxie siècle » de la Bouloie avec son learning centre, son jardin des sciences et de nouveaux bâtiments destinés à l’ISIFC.

J. Bahi met l’accent sur la qualité, qu’il considère comme un levier d’attractivité, en matière de formation, de recherche et d’accueil. Il encourage l’université dans la démarche qualité pour l’obtention de labels, tels Marianne (2020) pour les bibliothèques, HRS4R (2016) pour l’accueil de chercheurs internationaux, ou encore Génération 2024. En 2019, l’UFC opère d’importantes restructurations des services : sont créés la DSIN (regroupement du CRI et du service informatique de gestion), le Sup-FC (regroupement du SUNIP et du Centre de télé-enseignement) et SEFOCAL, par intégration du CFA-SUP au service de la formation continue.

J. Bahi achève son mandat le 30 novembre 2020 après avoir exercé, également, la fonction de vice-président de la commission regroupement et politique de site de la conférence des présidents d’université.

Notes :
  • 1. Soutenu sous la direction de Jean-Claude Miellou.
  • 2. Le DESS (diplôme d’études supérieures spécialisées) programmation multimédia devient ensuite le master produits et services multimédia (PSM), porté ensuite par Ioan Roxin et qui bénéficie toujours d’une grande attractivité internationale.
  • 3. SPECIF : Société professionnelle des enseignants-chercheurs en informatique en France, où il est élu vice-président recherche de 2003 à 2006.
  • 4. Le service de la recherche devient d’ailleurs la direction de la recherche et de la valorisation.
  • 5. Avec l’université de Franche-Comté, le collégium Smyle rassemble l’École polytechnique de Lausanne (EPFL), le CNRS, l’ENSMM et l’UTBM.
  • 6. Voici les 5 collegiums : sciences fondamentales et sciences pour l’ingénieur ; sciences de la nature, environnement et territoires ; sciences juridiques, économiques et de gestion ; sciences de l’homme et humanités ; sciences de la santé et du sport.
  • 7. Éric Monnin est directeur du CEROU et vice-président olympisme – Génération 2024.
  • 8. Citons, au centre-ville de Besançon le site SLHS de l’Arsenal et, à la Bouloie, les UFR SJEPG et ST ou la Maison des sports.
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