Françoise Bévalot (février 2001-février 2006)

Maryse Graner

Professeur de pharmacognosie[1], Françoise Bévalot est issue de la même discipline scientifique qu’un de ses prédécesseurs, Jean-François Robert. Tout comme lui, elle connaît bien l’université de Franche-Comté, qu’elle pratique depuis quelque trente années. Elle y a fait ses études de pharmacie, y est devenue pharmacienne (1972), assistante, docteure d’État ès sciences pharmaceutiques (1979), maître de conférences, puis professeure des universités en 1987. Membre du laboratoire de pharmacognosie, son domaine de recherche est l’étude des fonctions et dysfonctions des cellules épithéliales. À partir de 1994, elle s’engage dans la vie politique de l’établissement, en qualité de vice-présidente du conseil des études et de la vie universitaire de 1994 à 1998, lors des mandats des présidents Michel Woronoff et Claude Oytana, puis de vice-présidente du conseil d’administration sous la présidence de Cl. Oytana, de 1998 à 2001.

Françoise Bévalot, présidente de 2001 à 2006, le 8 janvier 2001, lors de son élection à la présidence de l’université. Georges Pannetton.

À sa suite, le 8 janvier 2001, à 55 ans, Fr. Bévalot est élue présidente de l’université de Franche-Comté[2] par l’assemblée des trois conseils (CA, CS, CEVU), soit 137 membres inscrits. Septième du nom et première femme à occuper ce poste, Fr. Bévalot prend effectivement ses fonctions, le 6 février 2001, jusqu’en février 2006. Sa direction se place dans la ligne des mandats des présidents précédents, auxquels elle a activement participé et pleinement adhéré. En réponse à l’attente exprimée vis-à-vis des universités, à la fois économique, sociale, scientifique et culturelle, elle porte un projet ayant pour fil rouge le lien indissociable, entre l’enseignement supérieur, la recherche et innovation, dessinant un pont solide avec l’économie locale.

« Madame le président »[3], ainsi qu’elle se fait appeler, entend bien continuer à être présente sur le terrain, comme elle a toujours su le faire, pour écouter, mobiliser les compétences et l’inventivité de toute la communauté. Dans le creuset de ressources que constitue l’université, elle s’efforce que tout projet bénéficie des conditions optimales pour sa réalisation. Elle engage sa gouvernance dans la modernisation de la gestion. C’est ainsi, qu’elle fonde le service d’aide au pilotage[4] afin de disposer d’indicateurs stratégiques réels pour pouvoir mûrir les décisions. Désireuse de favoriser une meilleure cohésion de l’université et de faire vivre un véritable esprit d’établissement, elle s’attache, notamment, à améliorer la communication interne, entre les équipes, les filières, les composantes et les différents sites universitaires régionaux. En septembre 2001, une antenne universitaire jurassienne ouvre à Lons-le-Saunier avec la licence professionnelle gestion et traitement des déchets, inscrivant, une cinquième ville universitaire dans le territoire régional.

En même temps, elle contribue à l’ouverture internationale, tout d’abord au niveau européen. En effet, en 2004, Fr. Bévalot et son équipe[5] doivent fait face à un chantier d’envergure qui concerne l’ensemble des universités européennes : le passage au LMD (licence, master, doctorat). Chaque composante doit mettre en œuvre la semestrialisation des cursus. Pour renforcer la mobilité des étudiants, l’université crée des masters Erasmus Mundus, qui résultent d’accords tripartites entre universités européennes. Soucieuse de la réussite des étudiants dans leur parcours universitaire, la présidente souhaite les voir considérés comme des acteurs et non comme des usagers, selon leur désignation habituelle. Elle engage l’UFC dans une stratégie de qualité de l’environnement des formations, tant pour accompagner l’étudiant (dispositifs d’aide à la réussite et tutorat) que pour fonder son orientation et son insertion professionnelles. En son début de mandat, en janvier 2001, s’ouvrent les portes de la première maison des étudiants, située au cœur de l’UFR SLHS. Ce projet se concrétise ensuite en 2005 quand est construite la maison des étudiants de la Bouloie.

Elle s’applique à renforcer l’articulation entre formation et recherche, la pluridisciplinarité dans ces deux domaines constituant un pivot de sa stratégie politique. Elle déploie un effort tout spécifique pour l’accompagner des équipes de recherche, afin de valoriser la qualité des travaux scientifiques menés et de favoriser le rayonnement international des projets. Des axes visibles, soutenus par les liens développés avec les organismes de recherche (CNRS, CEA, INSERM, INRETS et INRA) s’affirment. Ils concernent particulièrement l’institut FEMTO-ST, la Maison des sciences de l’Homme Claude Nicolas Ledoux, l’Institut UTINAM, le LabFC et Chrono-environnement.

Cette structuration s’accompagne d’un développement renforcé des partenariats grâce à une politique de valorisation-innovation. De 2001 à 2006, elle préside l’incubateur d’entreprises innovantes et, de 2004 à 2006, est vice-présidente du Centre de transfert des microtechniques et des nanotechnologies. En 2005, le service de la valorisation, commun à l’UFC et au CNRS, s’implante dans la maison des microtechniques à Temis sciences, offrant un appui à la création d’entreprises issues des laboratoires de l’université, ainsi qu’un service d’aide au montage et à la gestion des projets européens, guidant les chercheurs dans leurs réponses aux appels à projets. Durant son mandat, le label institut Carnot, marquant la reconnaissance du partenariat industriel, est décerné à l’institut FEMTO-ST et au Centre de transfert en micro et nanotechnologies. Sous son impulsion, l’université s’implique également dans l’animation des volets recherche et formation des trois pôles de compétitivité Microtechniques (dans lequel l’UFC est un acteur majeur), Véhicule du futur et Vitagora. La remise du titre de docteur honoris causa à Umberto Eco, en 2004, et au président du Sénégal Abdoulaye Wade, en 2005, témoignent de sa volonté de conforter la place de sa communauté universitaire scientifique et d’amplifier le rayonnement de l’établissement tout entier qui compte, par ailleurs, 230 accords internationaux de coopération pour la formation et la recherche.

Pour répondre aux enjeux des universités, confrontées désormais à la concurrence en ce début du IIIe millénaire, l’université de Franche-Comté doit ainsi être toujours plus innovante et attractive, et s’ancrer plus fermement dans la région dont elle est, et doit être, une force majeure de développement[6]. C’est pourquoi Fr. Bévalot s’attache à développer un climat propice à jeter les bases d’un pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES), en nouant des relations de confiance avec les établissements voisins, l’ENSMM et l’UTBM, et avec son homologue, Jean-Claude Fortier, président de l’université de Bourgogne. Les relations se renforcent également avec les universités suisses de Neuchâtel et de Lausanne.

Notes :
  • 1- Pharmacognosie : connaissance des substances thérapeutiques d’origine naturelle. L’objectif de ses recherches est d’améliorer le transport des médicaments à travers le circuit digestif, mais aussi de mettre au point de nouvelles stratégies thérapeutiques pour combattre les effets des maladies inflammatoires chroniques. Françoise Bévalot préside l’Association française pour la recherche en pharmacognosie (AFERP) pendant plusieurs années.
  • 2- « Françoise Bévalot, nouvelle présidente de l’université de Franche-Comté », en direct, n° 148, févr. 2001.
  • 3- Dossier « Élection du président », tout l’U, n° 82, janv. 2001 ; « L’université n’existe que par l’implication de tous », tout l’U, n° 129, mars 2006, p. 8.
  • 4- Responsable : Alain Genevois, sous la direction de Jean-Jacques Girardot, chargé de mission « évaluation et aide au pilotage ».
  • 5- En particulier avec Éric Prédine, vice-président du conseil des études et de la vie universitaire (CEVU).
  • 6- À l’issue de son mandat, en 2006, Fr. Bévalot est nommée conseiller d’établissement auprès du directeur général de l’Enseignement supérieur (au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) et représente également la CPU dans la commission « Université-Emploi » présidée par le recteur Hetzel.
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