Né à Besançon en 1947, fils d’un ancien résistant mort avant ses deux ans[1], François Marcot est l’un des historiens les plus reconnus de la France sous Vichy et l’Occupation, et plus spécialement de la Résistance.
En janvier 1971, alors qu’il prépare un mémoire sur les sabotages ferroviaires dans le Doubs[2], il est recruté par la ville de Besançon à la demande de Denise Lorach (1916-2001), ancienne déportée, puis devient l’historien et le conservateur de la seconde version du musée qui ouvre en 1982. Il en préside le conseil scientifique et accompagne le travail de renouvellement de l’exposition permanente jusqu’en 2016. Par ailleurs, son expertise reconnue fait qu’il est chargé de concevoir avec Guy Langlois l’exposition du musée français d’Auschwitz, inaugurée en 1979.
Agrégé d’histoire en 1973, Fr. Marcot soutient sa thèse de doctorat à Paris I en 1986 sous la direction de Guy Pedroncini sur la Résistance dans le Jura[3]puis son habilitation à diriger des recherches en 1994 sur le vaste sujet « Résistance et population». Il devient maître de conférences (1989), puis professeur en histoire contemporaine (1995) à l’université de Franche-Comté.

Comme l’indique Bruno Leroux[4] dans son hommage à Fr. Marcot, décédé le 30 juillet 2024[5], ce dernier « s’est attaché à l’histoire des maquis et à leurs relations avec la population », organisant notamment, à partir de 1995, le colloque « Lutte armée et maquis », puis le cycle des six colloques sur « La Résistance et les Français », qui ont alors renouvelé l’historiographie. À compter des années 2000, Fr. Marcot s’est investi dans les activités scientifiques du comité historique et pédagogique de la fondation de la Résistance, dont il était l’un des membres fondateurs. C’est sous sa direction qu’a été élaboré le Dictionnaire historique de la Résistance, publié en 2006[6]. Cet ouvrage collectif rassemble 114 auteurs, dont les responsables scientifiques des colloques de la décennie précédente.
Infatigable animateur d’initiatives collectives, Fr. Marcot a impulsé et codirigé à Besançon, outre le colloque de 1995, cinq colloques, importants pour leur approche comparative, dont les deux derniers en association avec la fondation de la Résistance : « Les étrangers dans la Résistance » (1992)[7], « L’Occupation, l’État Français et les entreprises » (1999)[8], « Les Résistances, miroir des régimes d’oppression. Allemagne, France, Italie » (2003)[9], « Écrire sous l’Occupation. France, Belgique, Pologne » (2009)[10] et « Les comportements collectifs en France et dans l’Europe allemande. Historiographie, normes, prismes. 1940-1945 » (2012)[11].
Jusqu’à sa retraite en 2008, Fr. Marcot a été un enseignant passionné et passionnant. Il a accompagné des étudiants de maîtrise, de master et de doctorat dans leurs projets de recherche, avec une disponibilité rare : ses enseignements épistémologiques et ses appels à la rigueur scientifique dans le travail d’historien ont marqué des générations d’étudiants dans leurs pratiques pédagogiques et de recherche.