Deux projets précurseurs : la chaufferie bois de la Bouloie et les panneaux solaires et photovoltaïques de l’UFR ST

Jean-Claude Chevailler, Maryse Graner, avec l’aide de Gabriel Loustalot

En 2002, sous l’impulsion de la direction du patrimoine de l’université, l’équipe animée par le président Claude Oytana choisit l’énergie bois, sous forme de plaquettes forestières régionales, pour alimenter le réseau de chaleur du campus de la Bouloie. Cette décision permettra de chauffer les bâtiments d’enseignement et de recherche, ainsi que les restaurants universitaires et les 2 370 logements étudiants du Crous. L’objectif est de remplacer le charbon, venu de l’hémisphère Sud, qui fournit plus des trois-quarts de l’énergie[1]. Le gaz, comme précédemment, apporte le complément pour passer les pics de consommation en période hivernale et l’eau chaude sanitaire en dehors de celle-ci. Accompagné par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), ce projet université-Crous, d’un coût total de 2,5 millions d’euros, voit le jour fin 2005 avec l’aide financière de l’ADEME, du conseil régional de Franche-Comté et du conseil général du Doubs, l’université assurant la maîtrise d’œuvre. Le réseau souterrain, de 6 km environ, étendu à l’IUT et à l’Observatoire, concerne à l’époque 115 000 m2 (et davantage à ce jour). D’après l’ADEME, les rejets évités dans l’atmosphère sont évalués, annuellement, à 4 164 tonnes de CO2 et à 26 tonnes de SO2.

La chaufferie, dotée d’une puissance de 5,3 MW, est conçue par l’architecte Christian Schouvey.

OLYMPUS DChaufferie, dotée d’une puissance de 5,3 MW, conçue par l’architecte Christian Schouvey, 2005.
Christian Schouvey.

Stratégiquement située à l’entrée ouest du campus, elle est visible de tous au carrefour de la route de Gray et depuis la rocade. Dix ans avant les accords de Paris (COP 21), elle marque la volonté de l’université et du Crous de lutter contre le réchauffement climatique. Le réseau de chaleur de la Bouloie est ainsi alimenté à 90 % par du bois. Les 10 % restants correspondent aux appoints ponctuels de gaz, lors de pics de froid ou lorsque les besoins sont insuffisants pour démarrer la chaufferie bois (l’été ou en intersaison). Cette forte présence de bois dans le mix énergétique de l’installation permet, au-delà de l’impact positif sur l’environnement, une maîtrise des coûts d’utilisation. Les tarifs fixés à environ 5 centimes d’euro par kWh sont stables et deux fois inférieurs au prix du gaz, qui peut, par ailleurs, fortement varier comme durant l’hiver 2022-2023.

Dans le même esprit, l’université de Franche-Comté a commencé à déployer du photovoltaïque sur son patrimoine en 2010, lorsqu’elle a remplacé les pare-soleil du bâtiment DF de métrologie de la faculté des sciences par des pare-soleil photovoltaïques.

Panneaux photovoltaïques pare-soleil du bâtiment DF de métrologie de l’UFR ST, 2023.
Jean-Claude Chevailler.

Ceux-ci, tout en remplissant le rôle protecteur des activités de recherche du laboratoire de biochimie-biologie moléculaire, produisent de l’électricité, vendue à Électricité de France. L’installation possède une puissance de production de 29 kWc pour une surface installée de 250 m2 et permet de créer environ 15 000 € de recettes par an. Pour faire suite à cette première installation photovoltaïque, une seconde est déployée sur la toiture du bâtiment FEMTO-ST à Témis, en 2014. Cette installation, d’une puissance de production de 88 kWc pour une surface de 560 m2, était prévue dès l’étape de conception du bâtiment et fonctionne sur le même principe que la première : revente de l’électricité produite à EDF. Bien que plus puissante et récente que l’installation de métrologie DF, cette installation n’engendre que 5 000 € de recettes par an. La baisse considérable des tarifs de rachat de l’électricité produite à partir du photovoltaïque freine le développement de ce type d’installations sous cette configuration de revente.

À partir de 2023, l’université de Franche-Comté reprend l’installation de productions photovoltaïques sur son patrimoine de la Bouloie en choisissant d’auto-consommer la production électrique, en complément des opérations de rénovation thermique, visant à réduire son impact énergétique et écologique. Ces installations photovoltaïques se répartissent sur la façade du bâtiment métrologie A, sur les toitures de métrologie B et C de l’UFR ST.

Centrale solaire installée sur la toiture de métrologie à l’UFR sciences et techniques, 2024.
UFR ST, Pierre Joubert.

Mises en service en 2024, elles se composent de 1 040 panneaux photovoltaïques, pour une surface d’environ 1 780 m2, et offrent une puissance de 360 kWc. En complément, des panneaux sont disposés sur l’ombrière du parking vélo du learning centre. Lorsque la production excède la consommation, le surplus est réinjecté dans les bâtiments alentours[2] et permet de garantir l’utilisation de la totalité de l’électricité produite.


Notes :
  • 1. Entre les années 1990 et jusqu’en 2004, pendant une période transitoire entre charbon et bois, le gaz était la seule énergie utilisée pour le chauffage du réseau avec une puissance installée de 12 MW.
  • 2. Notamment dans les futures serres du jardin botanique voisines qui ouvriront en 2025.
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