L’ouverture d’une antenne de l’IUT de Besançon Vesoul dans le Jura

Maryse Graner

L’IUT de Besançon Vesoul[1] est un institut très prisé par les collectivités territoriales. Sa bonne réputation, la courte durée des études, la bonne insertion professionnelle et l’enseignement dispensé en prise directe avec les besoins des entreprises les séduit. L’idée d’ouvrir une antenne de l’IUT de Besançon dans le département du Jura est ancienne. Lors du mandat de Jean-François Robert (1986-1991), Jean Charroppin (1938-2009), député-maire de Champagnole, souhaite ouvrir une filière universitaire dans sa ville. Ainsi, une implantation d’enseignement supérieur viendrait conforter le pôle éducatif et de recherche de l’École nationale d’industrie laitière (ÉNIL), dont la tutelle est l’unité de recherche technologie et analyses laitières (URTAL) de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique)[2]. Cependant, le conseil général de la Haute-Saône arrive avec son projet bien ficelé, les appuis et les moyens nécessaires, et emporte l’ouverture d’une antenne à Vesoul[3].

Un nouvel essai, tenté par la ville de Lons-le-Saunier en 1995, est proche d’aboutir, puisque le conseil d’administration (CA) de l’université du 9 janvier[4] délibère sur l’ouverture d’une antenne de l’IUT de Besançon dans cette ville demandeuse. Sur proposition de Michel Tachez (1995-2005), directeur de l’IUT, c’est un département sciences des matériaux qui est retenu. Toutefois le CA assortit son avis d’un certain nombre de conditions ayant trait à l’obtention de moyens significatifs pour faire fonctionner ce département, notamment en personnels, matériel pédagogique, locaux et financements, sur le modèle de l’implantation en Haute-Saône. Ces conditions de réalisation ne semblent pas avoir pu être remplies car le projet n’a pas de suite. En 2001, la ville de Lons-le-Saunier obtient cependant une licence professionnelle sur la protection de l’environnement, option gestion et traitement des déchets.

Finalement, l’antenne jurassienne de l’IUT de Besançon Vesoul voit le jour. Elle est implantée à Dole, en 2023, année du 600e anniversaire de la création de l’université, offrant ainsi un beau retour historique au berceau. Le choix d’ouvrir un site universitaire dans cette ville répond à une volonté d’aménagement du territoire et aux attentes conjointes du maire de Dole, Jean-Baptiste Gagnoux, de Jean-Pascal Fichère, président de la communauté d’agglomération du Grand Dole, des équipes de direction de l’UFC, avec Macha Woronoff, et de l’IUT de Besançon Vesoul, avec Anne-Laurence Ferrari. Ils ont la volonté commune d’irriguer davantage le territoire, au plus près des jeunes et de leurs familles, en proposant des formations répondant aux nouveaux enjeux sociétaux et offrant une bonne insertion professionnelle.

Après plus de deux ans de travail, en étroit partenariat entre la région académique Bourgogne Franche-Comté, l’UFC et la ville de Dole, l’ouverture est actée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. À la rentrée universitaire 2023-2024, naissent deux bachelors universitaires de technologie (BUT)[5], l’un dans le packaging emballage conditionnement (PEC, secteur secondaire) et l’autre en science des données[6] (SD, secteur tertiaire).

Ces deux spécialités, peu présentes au niveau national, constituent un enjeu industriel d’avenir. La formation PEC, axée sur l’éco-conception et le développement durable, le design, le graphisme et le marketing, la résistance des matériaux ou les interactions contenus-contenants, correspond bien aux besoins de l’industrie agroalimentaire régionale (qui représente 55 % du marché de l’emballage en Bourgogne Franche-Comté), de la chimie pour les produits sensibles et des microtechniques. La spécialité SD permet de développer des connaissances et des compétences liées à la construction d’indicateurs quantitatifs et à l’usage d’outils d’analyse statistique pour la prise de décision, et ce dans toutes les branches d’activité.


Notes :
  • 1. Voir dans ce tome la notice d’Anne-Laurence Ferrari, « L’IUT de Besançon Vesoul ».
  • 2. Aujourd’hui INRAE (Institut national de la recherche agronomique et environnementale).
  • 3. Voir la notice de Pierre Cousson « La naissance de l’antenne vésulienne de l’IUT de Besançon : un projet, quelques hommes et beaucoup de moyens » dans ce volume.
  • 4. Tout l’U, no 29, févr. 1995, « Le conseil d’administration », p. 3.
  • 5. Préparé en trois ans, il remplace désormais le diplôme universitaire de technologie (DUT).
  • 6. Anciennement statistiques et informatique décisionnelle.
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