Le sport de compétition et le sport de haut niveau à l’université

Maryse Graner, Patrick Décimo

Les motivations des étudiants qui s’adonnent à un sport se concrétisent dans quatre formes de pratique : le loisir autonome, le loisir encadré, la pratique dite « qualifiante » au sein d’un cursus diplômant ou encore la pratique compétitive. Les étudiants de cette dernière catégorie (la plus réduite) sont tous adhérents à l’association sportive universitaire et sont licenciés de la Fédération française du sport universitaire (FFSU).L’association sportive de l’université de Franche-Comté (ASU FC), chargée de promouvoir la pratique sportive de compétition est gérée par et pour les étudiants de l’université[1]. Elle s’adresse aux étudiants de toutes les filières. En 2017, elle compte 1 880 licenciés, dont 952 filles et 928 garçons, dans 24 sports différents, individuels ou collectifs. Ils peuvent pratiquer leur sport favori dans les créneaux d’entraînement réservés à l’ASU FC, notamment le jeudi après-midi, et participer aux compétitions académiques, interrégionales et nationales de niveaux 1 (CFU 1) et 2 (CFU 2) organisées par la ligue du sport universitaire Bourgogne Franche-Comté de Besançon[2]. Les équipes championnes de France du niveau 1 sont qualifiées pour disputer les championnats européens labellisés European University Sports Association (EUSA).

L’Euro de handball EUSA 2023 (European University Sports Association), à Podgorica au Monténégro.
Patrick Décimo (à gauche) encadre les étudiantes de l’équipe de handball féminin de l’université de Franche-Comté.
Campus sports, 2023.

Par exemple, en avril 2002, le championnat de France universitaire de handball se déroule à Besançon : 52 matchs de haut niveau réunissent 32 équipes de 400 étudiantes et étudiants de toutes les filières. L’ASU les accompagne pour participer à ces championnats universitaires, contribue à leurs frais de déplacements (transport, hébergement et restauration) que ce soit en sports collectif ou en individuel. Ces étudiantes et ces étudiants rapportent bien souvent en retour des médailles[3] d’or, d’argent ou de bronze au niveau national et des titres européens (EUSA) au niveau international. En 2006, l’équipe universitaire de handball masculin obtient le titre de champions d’Europe universitaire EUSA.

Parmi eux, certains bénéficient du statut de sportif de haut niveau[4] (SHNU), ce qui signifie être inscrit sur l’une des six listes établies par le ministère des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques sur proposition des fédérations : catégories élite, senior, relève, reconversion, espoirs ou collectifs nationaux[5]. Le statut de haut niveau est aussi obtenu pour celles et ceux de la liste des juges et arbitres de haut niveau. Être athlète de haut niveau universitaire permet de bénéficier d’un régime spécial d’études qui accorde des aménagements à la durée du cycle de formation. Cela peut concerner une dispense d’une année de cours, la durée d’études, par l’étalement de l’année de formation en deux ans, la dispense d’assiduité aux cours, des changements d’emploi du temps et de groupes de travail. Il peut aussi profiter d’un tutorat individuel avec un preneur de notes et, à l’examen, d’un report de la date de l’épreuve sur présentation du justificatif de convocation à une compétition ou à un stage du calendrier sportif[6]. Patrick Décimo, professeur d’éducation physique et sportive au SUAPS (Campus sports) de Besançon, est leur référent à l’université et à l’UFR STAPS et assure le suivi de leur parcours sport et études supérieures. Lorsqu’un athlète en fait la demande, il intervient auprès du responsable de la formation concernée pour mettre en place les aménagements d’études possibles.

Photographie de groupe avec quelques sportives et sportifs de haut niveau, parmi les 43 qui sont encadrés et accompagnés par l’UFR STAPS, année universitaire 2017-2018.
Aziza Zebbiche.

En contrepartie, les athlètes s’engagent à participer aux championnats universitaires sous les couleurs de l’UFC et à adopter une hygiène de vie irréprochable en toute occasion.

Lors de son mandat, Claude Condé, président de l’université, organise des cérémonies pour féliciter, encourager et mettre à l’honneur les jeunes sportifs et sportives médaillés de l’université. Dans le cadre de ses projets d’aide à la réussite et notamment pour le sport de haut niveau, l’université de Franche-Comté conclut en 2010 un partenariat[7], fortement soutenu par C. Condé, avec l’Entente sportive bisontine féminine de handball (ESBF), dont Patrick Décimo est également l’entraîneur pendant de nombreuses années.

Quelques grandes figures du handball féminin actuel, précédemment étudiantes à l’UFC, en sont issues : Sandrine Mariot (capitaine de l’équipe de France aux JO de Sydney), Raphaëlle Tervel, Valérie Nicolas, Alice Lévêque, Catherine Gabriel, Marine Dupuis, Lucie Granier, Chloé Valentini, Clarisse Mairot, toutes sélectionnées en équipe de France A… Cela est également vrai dans d’autres disciplines comme, parmi de très nombreux autres, Juliette Labous, précédemment SHNU et étudiante au département génie mécanique et productique de l’IUT, sélectionnée par la fédération française de cyclisme sur la liste des coureuses retenues, en juillet 2020, pour les Jeux olympiques de Tokyo et, en juillet de cette année, pour ceux de Paris 2024. Lors de cette dernière édition olympique, parmi les 14 940 athlètes venus du monde entier, la délégation française comptait 875 athlètes, dont 261 étudiantes et étudiants SHNU. 34[8] des 64 médailles olympiques françaises ont été attribuées à des étudiants-athlètes.

En 2020-2021, l’UFC compte 72 SHNU, étudiantes et étudiants à parts égales, dont 28 % sont inscrits sur une liste ministérielle. Leur taux de réussite à l’examen (68 %) démontre que les aménagements proposés bénéficient bien à ces athlètes et que la politique sportive de l’UFC les aide à réussir leurs études.


Notes :
  • 1. Ces étudiants bénévoles bénéficient d’un accompagnement de la part des enseignants et d’une valorisation de leur engagement dans le cadre des UE libres.
  • 2. Anciennement le CRSU (comité régional du sport universitaire).
  • 3. Il est impossible de citer, dans cet encadré, la liste des étudiantes et étudiants médaillés de l’université dans les différentes disciplines : L’Actu, 14 sept. 2018, « Des étudiants en or » [https://actu.univ-fcomte.fr/article/des-etudiants-en-or-006566].
  • 4. Tout l’U, no 41, mai 1996, p. 7, dossier « Les athlètes de haut-niveau », Anne Beauseigneur.
  • 5. Les étudiants sportifs non inscrits sur liste ministérielle (ou hors listes) peuvent également obtenir le statut SHNU, sous réserve d’avoir les mêmes charges sportives en entrainement et compétition.
  • 6. Le statut SHNU octroie également un accompagnement en restauration par l’obtention de points supplémentaires par repas universitaire déterminés en fonction de l’offre sociale définie par le Crous BFC et par une file d’accès prioritaire en caisse du restaurant universitaire Lumière à Besançon.
  • 7. Didier Weber est président de l’ESBF. Ce partenariat exemplaire fait l’objet d’un dossier dans le magazine SportMag, no 74, févr. 2015, « Besançon, l’université au cœur du handball », Olivier Navarranne.
  • 8. Soit 12 sont en or, 13 en argent et 9 en bronze, obtenues en individuel ou par équipe.
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