Bien urbain : l’art dans la ville et sur le campus

Maryse Graner, David Demougeot

Pour l’association bisontine Juste ici, l’art modifie notre perception du monde. En investissant des lieux publics, son objectif est d’interpeler le passant et de l’inciter à faire parler son imagination. Elle a pour objectif de soutenir et de partager la création artistique contemporaine dans l’espace public, de favoriser la participation citoyenne, de valoriser le territoire et ses spécificités urbaines, historiques, sociales et architecturales. C’est pourquoi, depuis 2011, Juste ici organise le festival Bien urbain[1]. Cet évènement invite des artistes à investir la ville avec leurs œuvres[2]. Chaque année depuis (une année sur deux depuis 2022), cette initiative a permis à une quinzaine d’artistes internationaux de transformer des murs de la ville. Les lieux s’en trouvent complètement métamorphosés.

Dès 2011, le campus de la Bouloie bénéfice de nombreuses interventions artistiques[3]. À titre d’exemples, venus des Pays-Bas, Erris Huigens et Gysbert Zijlstra, deux artistes connus sous le nom de Graphic Surgery ont donné vie au pavillon de la vie étudiante du Crous en le recouvrant entièrement de formes géométriques abstraites noires et blanches (2014). Jeroen Erosie réalise, quant à lui, une peinture murale sur le bâtiment Fourier de l’UFR SJEPG (2013).

Peinture murale, réalisée en juin 2013 par l’artiste néerlandais Jeroen Erosie lors du festival Bien urbain.
Elle fait corps avec le bâtiment Fourier de l’UFR SJEPG (1993), architecte Bernard Quirot et associés.
Nicolas Waltefaugle, sept. 2013 (détail).

D’autres artistes sont venus d’Argentine. Sur un mur situé près de la chaufferie, Ever a peint un mur intitulé Description de l’utopie anarchiste. Franco Fasoli, dit « Jaz », aime travailler sur la thématique de l’identité culturelle. Il investit les bâtiments provisoires de l’UFR SJEPG[4] avec, de part et d’autre, une représentation de la citadelle de Besançon et du stade Bocca de Buenos Aires, soulignant un parallèle entre ces deux forteresses, l’une culturelle et l’autre sportive.

L’artiste argentin Franco Fasoli, dit « Jaz », en juin 2014, réalisant une peinture murale représentant le stade Bocca de Buenos Aires. Festival Bien urbain, UFR SJEPG.
Élisa Murcia-Artengo.

Il réalise également une œuvre monumentale sur le site de l’ESPE (aujourd’hui INSPE). Sur toute la hauteur d’un bâtiment, deux lutteurs sans visage dont les corps se fondent l’un dans l’autre s’affrontent, évoquant le poids de l’héritage européen dans l’identité argentine[5].

En 2011 l’Espagnol Sam3, reconnu pour ses peintures de silhouettes en noir et blanc, a réalisé une œuvre évocatrice des liens entre humain et cosmos[6] sur la bibliothèque de sciences.

Peinture murale, réalisée en juin 2011 par l’artiste espagnol Sam3, lors du festival Bien urbain, bibliothèque universitaire sciences sport.
David Demougeot, sept. 2011.

Sam3 a par ailleurs, en 2012, réinterprété le mythe d’Actéon sur un bâtiment de l’IUT, aux abords d’un rond-point d’entrée sur le campus : une œuvre narrative, à lire de gauche à droite et toujours aussi puissante plus de dix ans après sa réalisation.

Peinture murale, réalisée en juin 2012 par l’artiste espagnol Sam3, lors du festival Bien urbain, IUT Besançon-Vesoul.
Nicolas Waltefaugle, 2012 (détail).

L’association Juste ici programme également de nombreux autres rendez-vous publics tout au long de l’année, avec des expositions, des visites à pied et à vélo, des rencontres avec les artistes, des ateliers, des conférences, notamment en collaboration avec le service sciences, arts, culture de l’UFC et le service culturel du Crous BFC.


Notes :
  • 2. Bien urbain, ce sont aussi des installations, des rencontres, et des créations sonores, qui incitent toutes à appréhender autrement l’environnement urbain. Ce festival est soutenu par la ville de Besançon, la région Bourgogne-Franche-Comté, la DRAC Bourgogne-Franche-Comté (ministère de la Culture), le département du Doubs, Grand Besançon métropole, l’Agence nationale de la cohésion des territoires et de nombreux partenaires institutionnels, culturels.
  • 3. Certaines œuvres ont aujourd’hui disparu, notamment en raison de la rénovation énergétique et de la réhabilitation des locaux.
  • 4. Cette œuvre a disparu en 2024, avec la suppression de ces bâtiments provisoires suite à la rénovation du campus.
  • 5. Visible dans la notice « De l’IUFM à l’INSPE » de F. Muyard et F. Montaclair dans ce volume.
  • 6. Id. note 3.
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