BAM ! est un cycle de résidences artistiques participatives venant questionner les usages du territoire de la Bouloie[1] à Besançon, qui s’est déroulé de septembre 2015 à septembre 2018, sur une idée de l’association bisontine Juste ici. Plusieurs collectifs, dont la pratique s’étend de l’image à la mise en espace, se relaient, lors de quatre résidences artistiques. Leur objet est de proposer différentes façons d’investir l’espace du campus en impliquant les étudiants, les professionnels et les habitants du quartier dans de nouvelles pratiques. Des ateliers sont animés, accompagnés par les équipes du service sciences, arts, culture et du bureau de la vie étudiante (BVE) de l’université, du Crous et de l’association Juste Ici.
Pendant la première résidence, en 2015-2016, BAM ! se décline en « la Bouloie en Agitation Maximum » et laisse carte blanche à Elsa Varin, Ambre Langlois et Marisol Abeilhe Godard, trois graphistes strasbourgeoises du collectif Terrains Vagues[2]. Pour leurs ateliers, elles se déplacent au campus avec un meuble de médiation, conçu par Chloé Ledentu et Lucile Viossat, deux étudiantes de licence professionnelle éco-design. Il sert de point de rencontre où les étudiants, le personnel, les enseignants et les habitants du quartier sont invités à se confier sur ce lieu qu’ils arpentent tous les jours. L’atelier Terrains Vagues les invite à réaliser une carte sensible.

Terrains Vagues Atelier graphique.
Les usagers du campus identifient leurs lieux favoris et ceux qui leur sont inconnus, leurs trajets quotidiens ou encore leurs souvenirs, sur une carte personnelle. Ensuite, les artistes compilent en une seule affiche ces différentes visions et contributions des usagers. Ce plan est agrémenté d’illustrations (bâtiments, animaux, aliments, objets…) de différentes couleurs : les dessins représentant des rêves et des utopies sont en orange, le bleu correspond aux histoires racontées et le rouge au présent. Le verso du document retrace quelques-uns des témoignages et souvenirs confiés par les participants aux ateliers.
En 2016-2017, le collectif marseillais d’architectes et d’urbanistes Cabanon Vertical conçoit des meubles « totems », structures temporaires, à mi-chemin entre banc, siège, bureau, table et chaise longue[3]. Ils sont fabriqués et décorés par les étudiants lors d’ateliers participatifs où les outils sont mis à leur disposition. Lors des JACES[4], en mars 2017, du mobilier en forme de radeau et de ponton investit l’espace arboré et encaissé devant la BU Proudhon, surnommé la « piscine aux arbres ». Les étudiants s’approprient confortablement ces nouvelles structures en apportant leurs coussins.

Ludovic Godard.
En 2017-2018 et en 2019, deux collectifs sont invités : l’atelier Bivouac, composé de paysagistes et d’architectes, et le collectif BIM, constitué d’artistes de théâtre, qui propose des performances théâtralisées dans et avec l’espace public et ses habitants. En compagnie des étudiants et autres usagers du campus, ces deux collectifs réalisent un sentier de découverte botanique, architecturale et chorégraphique.
En 2022, dans le cadre de la rénovation du campus Bouloie-Temis, la maison de l’architecture de Franche-Comté coordonne une résidence intitulée « L’usage du sol ». Léna Fauvernier[5] et Manon Dewilde, architectes diplômées d’État, Virgile Ricart, formateur, accompagnateur et concepteur de paysages nourriciers, et Chloé Truchon, réalisatrice sonore, rencontrent la communauté universitaire et les habitants pour échanger et réfléchir ensemble à l’usage de leur territoire. Trois axes ressortent de leurs rencontres et ateliers : diversifier, renforcer, modifier les usages ; tisser des liens entre les différents usagers, diversifier les publics ; offrir des prétextes à la rencontre et rendre le campus plus attractif, donner envie d’y aller[6].
Ce campus vallonné de la Bouloie est bien une véritable source d’inspiration et une invitation à la création.