L’AREA Sports Bouloie : le campus du XXIe siècle attendu par les étudiants

Maryse Graner, avec l’aide de : Anne Tatu, Claude Varlet et Patrick Décimo

Le nombre d’étudiants qui ne se dépensent pas physiquement préoccupe les professionnels de la santé, mais aussi les ministres successifs. La sédentarité augmente chez les nouvelles générations, entraînant une baisse des capacités physiques, de la motricité, des liens sociaux. Les étudiants se réfugient trop souvent derrière l’argument d’un manque de temps comme principal obstacle pour pratiquer une activité sportive. Au cours des années, différents rapports[1] soulignent la nécessité pour les étudiants d’exercer une activité sportive régulière. Les bénéfices sont multiples, tant sur le plan de la santé physique que mentale.

Le projet AREA Sports Bouloie fait partie du programme de modernisation du campus Bouloie-Temis qui se poursuit jusqu’en 2025. Plus de 80 millions d’euros[2] sont investis par Grand Besançon Métropole, la ville de Besançon, la technopole TEMIS, l’Europe, l’État, la région Bourgogne-Franche-Comté, le département du Doubs, l’université de Franche-Comté, le Crous Bourgogne Franche-Comté et SUPMICROTECH’ENSMM, pour faire de ce site un campus du XXIe siècle adapté aux nouveaux besoins des étudiants et des acteurs du monde socio-économique, intégré à la cité, ouvert au grand public et respectueux de l’environnement.

Les premières installations sportives extérieures sont édifiées sur le campus de la Bouloie dès 1963, en même temps que les premières résidences universitaires. Il s’agit de courts de tennis, d’une piste d’athlétisme, de terrains de rugby, de foot et de volley. L’ensemble est complété par la construction du gymnase de la Bouloie, conçu en 1967 par l’architecte Georges Jouven. Viennent ensuite, en 1985, la petite halle et la halle spécialisée de gymnastique ; puis, en 1996, la grande halle de sports collectifs, athlétisme et escalade ; l’espace forme/musculation est livré en 2005.

L’étape suivante a été de proposer des équipements en libre accès, afin d’intégrer le sport dans la vie quotidienne de tous les étudiants et de les inciter à le pratiquer. De plus, ces derniers apprécient tout particulièrement la pratique du sport-loisir, en complète autonomie.

En 2011, les terrains de beach volley aménagés en partenariat avec le CROUS sont ouverts à la pratique sur le campus de la Bouloie. Les premiers éléments d’un futur « parcours santé » sont mis en place à l’automne 2012. Il s’agit d’équipements de fitness offerts par le conseil consultatif d’habitants des quartiers de Montrapon, des Montboucons, de Montjoux et de Fontaine Écu.

Premiers équipements de fitness offerts par le conseil consultatif d’habitants des quartiers de Montrapon, Montboucons, Montjoux et Fontaine Écu, situés sur un terrain du Crous, 2012. Éric Chatelain, ville de Besançon.

Ils sont destinés aux étudiants, ainsi qu’à tous les habitants de ces quartiers afin de créer des liens. Un terrain du Crous les accueille, à mi-chemin entre l’UpFR sports, les restaurants et les résidences universitaires.

L’U-sports, en partenariat avec le Crous, poursuit l’aménagement du campus en parcours sportif, en y installant un golf urbain (disk-golf) et un terrain de hat-trick, consacré à la pratique du football. Inaugurés en juin 2014, ces espaces sportifs viennent renforcer l’offre en accès libre du campus. D’une dimension de 40 mètres sur 20 mètres, le terrain est entouré d’une clôture et possède un sol synthétique à base de caoutchouc, conçu pour éviter les rebonds. Celui-ci est financé en majorité par l’université, avec une contribution de la ville de Besançon, du Crous et de la Fédération française de football. Claude Parratte, directeur-adjoint de l’UpFR sports chargé de la promotion des sports, coordonne ces projets. Ces nouveaux espaces sont destinés notamment aux étudiants qui y vivent et qui restent isolés pendant l’été. Comme précédemment, le projet est bien d’ouvrir le campus aux Bisontins et de créer des liens entre les habitants et les étudiants. C’est également dans cette optique que le jardin botanique doit déménager dans le parc de l’Observatoire, offrant un espace de promenade et de loisirs culturels et sportifs.

En 2015, grâce à un partenariat établi entre l’université et la ville de Besançon[3], un nouvel éclairage est installé autour du terrain de rugby de la Bouloie, dont la pelouse de 7 000 m2 est également rénovée[4]. Soucieuse de la mixité des publics, la direction de l’établissement a accepté d’emblée l’idée de travailler à l’élaboration de ce projet mutualisé d’ouverture de ses installations de la Bouloie aux clubs municipaux et aux sportifs amateurs. De plus, ces travaux intéressent l’éclairage de l’ensemble des zones offertes en libre accès : l’anneau d’athlétisme qui ceinture le terrain de rugby et les terrains de tennis voisins, permettant une pratique sportive en soirée.

Toujours dans le campus de la Bouloie, l’étape suivante de développement des équipements sportifs en libre accès prend forme avec l’ambitieux projet Area Sport qui s’insère au cœur du programme global de transformation du campus Bouloie (contrat métropolitain). En septembre 2016, Anne Tatu, enseignante-chercheure à l’UpFR sports, est nommée chargée de mission politique sportive de l’université de Franche Comté par Jacques Bahi. Elle pilote ce dossier avec les divers instances internes et externes partenaires du projet jusqu’à son entrée en phase opérationnelle en 2020. Les espaces sont inaugurés trois ans plus tard, le 12 septembre 2023. En plus de la construction de la maison du sport universitaire, Area Sports s’articule autour d’équipements extérieurs entièrement rénovés ou créés.

Au niveau de l’amphithéâtre extérieur de l’UpFR Sports, un espace de Parkour[5], apportant des tracés de parcours acrobatiques urbains, est accessible, y compris à des personnes en situation de handicap. Le terrain de rugby est à nouveau enherbé et son système d’arrosage rénové, à l’occasion de la remise à neuf de la piste d’athlétisme.

La piste d’athlétisme, entièrement rénovée en 2023. Yoan Jeudy.

L’espace fitness s’étoffe de nouveaux équipements sportifs multi-activités, mêlant la gymnastique et la musculation (cardio training, vélos elliptiques, poids magnétiques, grilles de suspentes…), sur une superficie de 200 m2. Les structures de beach-volley et de disk-golf sont rénovées et améliorées. Cinquante postes fixes de course d’orientation et une mise à disposition gratuite des cartes supports pour la pratiquer font également partie du projet, mais attendent la fin des travaux sur la campus pour être finalisés. Enfin, une nouvelle piste finlandaise, recouverte de copeaux de bois et aménagée pour la marche et la course à pied, dessine un parcours dans le campus. L’ensemble se situe sur les terrains du Crous, de la ville et de l’université. Campus sports en assure la gestion, apportant son expertise en conseils d’équipements sportifs et assumant la veille technique.

Ces infrastructures[6] en accès libre sont des lieux propices à la pratique des sports, au développement de liens sociaux entre les étudiants des différents campus de la ville, y compris des autres établissements d’enseignement supérieur, de SUPMICROTECH’ENSMM et de l’Institut supérieur des Beaux-Arts (ISBA). Elles apportent également de la mixité sur le campus, en le connectant au reste du territoire, voisin ou plus éloigné, et en permettant son appropriation par les habitants. De son côté, le Crous met également à disposition des plateaux et des équipements sportifs que les étudiants peuvent utiliser en autonomie, au sein des résidences (à la résidence Colette par exemple).

L’UFC mène, parallèlement, une réflexion afin de développer les infrastructures sportives dans le Nord-Franche-Comté. L’offre de cours a été développée avec les partenaires de l’enseignement supérieur, pour mutualiser les équipements et en faire bénéficier le plus grand nombre. Campus sports dispose de l’accès à deux gymnases, mis à disposition pour ses activités. Celui de Belfort est situé sur le campus du Techn’Hom. À Montbéliard, il est adjacent au campus des portes du Jura. Les demandes des étudiants sont prises en compte, comme l’installation de tables de ping-pong ou par la réalisation de leurs projets dans le cadre d’un projet participatif étudiant. De plus, le Crous réaménage des extérieurs de la résidence Duvillard à Belfort. Ces travaux comprennent un espace sportif, pour les adeptes d’activités physiques ou de jeux, avec différentes installations comme le terrain de boules, l’espace de musculation et le terrain de beach-volley. En juin 2023, la nouvelle maison du sport universitaire est également inaugurée. Ce bâtiment neuf[7], conçu en matériaux biosourcés, intègre des objectifs de performance énergétique : il répond aux exigences de l’énergie passive grâce à une excellente isolation et à une bonne orientation. Il héberge Campus sports, le comité régional du sport universitaire (CRSU) et l’association sportive de l’université (ASUFC) plus le service administratif du service commun d’action sociale et culturelle (SCASC).

La nouvelle maison du sport universitaire, 2023. Yoan Jeudy.
Notes :
  • 1. Gérard Auneau et Stéphane Diagana, « Le développement du sport à l’Université », rapport remis aux ministres Madame Valérie Pécresse, Madame Roselyne Bachelot-Narquin, Monsieur Bernard Laporte », juillet 2008 [https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/084000439.pdf] ; Éric Piozin, Édouard Leroy et Carole Sève, inspecteurs généraux de l’éducation, du sport et de la recherche, « Le développement de la pratique sportive étudiante », Rapport à monsieur le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, à madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à madame la ministre des Sports et des jeux Olympiques et paralympiques, N°21-22 352A – janvier 2023 [https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-02/rapport-igesr-21-22-352a-26349.pdf].
  • 2. Dont cinq millions d’euros sont fléchés sur les infrastructures sportives en libre accès.
  • 3. Les partenaires externes (Crous, ENSMM, CRSU) et internes (ESPE, UFR ST, UFR SMP, UFR SJEPG, CLA) sont venus au fil des mois s’associer au financement de cette mise en lumière des installations, réalisée d’août à octobre 2015.
  • 4. La ville de Besançon est désormais responsable de la maintenance de ce terrain flambant neuf.
  • 5. Le Parkour est un art acrobatique urbain.
  • 6. D’un coût prévisionnel global de trois millions d’euros, soit 1,65 million de la région Bourgogne-Franche-Comté, 960 000 euros de Grand Besançon métropole et 390 000 euros d’autres partenaires.
  • 7. Sous maîtrise d’ouvrage de Grand Besançon métropole, ce bâtiment représente un investissement de 1,21 million d’euros.
ARTICLES SIMILAIRES :
error: Contenu protégé.