La formation tout au long de la vie : le développement de SeFoC’Al

Maryse Graner

À partir du début des années 2000, les réformes successives marquent l’ancrage du service de la formation continue, intitulé désormais formation tout au long de la vie (FTLV). Réaffirmée par la commission européenne le 21 novembre 2001, cette mission peut être définie comme « toute activité d’apprentissage entreprise à tout moment de la vie, dans le but d’améliorer les connaissances, les qualifications et les compétences, dans une perspective personnelle, civique, sociale et/ou liée à l’emploi ». Trois principes doivent guider l’amélioration des systèmes nationaux d’éducation et de formation : la place centrale de l’apprenant, l’égalité des chances, la pertinence et la qualité de l’offre de formation[1]. La FTLV doit s’incarner dans un droit universel à la formation tout au long de la vie, en prenant appui sur un ensemble de dispositifs de formation destinés à différents publics.

Tout d’abord, la loi du 24 novembre 2009met en œuvre des dispositions pour le financement dela formation professionnelle des demandeurs d’emploi, qui étaient jusqu’alors exclus du système établi en 1971. Le ministère du Travail, de la Santé et de la Solidarité poursuit avec la loi du 6 mars 2014, relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale. Cette législation introduit le compte personnel de formation (CPF), qui remplace le DIF (droit individuel à la formation) créé par la loi du 4 mai 2004. Cette évolution marque une transition importante vers un système plus individualisé et adaptable aux besoins de chaque salarié. Les employeurs doivent s’acquitter d’une contribution unique, qui soutient les besoins en formation des entreprises et des individus, notamment ceux les plus éloignés. En parallèle, ils disposent de plus de liberté pour mettre en place des plans de formation concertés et efficaces.

Logo de la formation continue, conçu en 1988 par Catherine Zask, jouant sur l’idée de réseau et de maillage entre l’université et ses partenaires ; catalogue des formations du CNAM 1992-1993. Archives départementales du Doubs, 370W/5. Catherine Zask, ADAGP, Paris, 2025.

Plus récemment, la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » porte des transformations majeures. Elle redessine le paysage français de la formation professionnelle et de l’apprentissage et modifie, en profondeur, la manière d’appréhender l’écosystème de la formation professionnelle continue. Un des grands changements induits par la loi concerne l’apprentissage, libéralisé et intégré à la formation professionnelle. Pour répondre à ces enjeux, sous le mandat de Jacques Bahi, le conseil d’administration de l’université de Franche-Comté du 10 décembre 2019 valide la création d’un service commun intitulé service de la formation continue et de l’alternance (SeFoC’Al), doté de nouveaux statuts. Les activités sont réorganisées ; Laurence Ricq, directrice du service depuis 2012, conserve cette responsabilité.

En 2020, l‘application de la réforme influençant très largement la place des CFA et l’activité même de l’apprentissage, les services du CFA Sup-FC, hors les murs, sont alors désormais assurés par SeFoC’Al, qui intègre désormais l’activité d’apprentissage au sein de l’université[2]. Le service commun de la formation continue et de l’alternance a désormais pour mission d’assurer la gestion et le développement de l’activité de formation professionnelle continue et de l’apprentissage.

Brochures et chemises de communication de la formation continue.1988, Catherine Zask, ADAGP, Paris, 2025.

Interlocuteur privilégié dans l’enseignement supérieur, il constitue un levier du développement économique et social, au service des salariés des entreprises et des institutions régionales, publiques ou privées[3], ainsi qu’un outil de promotion sociale pour les particuliers – salariés, demandeurs d’emploi, travailleurs indépendants et libéraux, personnes en reprise d’études ou encore futurs alternants. SeFoC’Al mobilise son expertise en ingénierie pédagogique, administrative, réglementaire et financière pour accompagner ses bénéficiaires durant leur projet de formation et pour répondre à leurs besoins spécifiques en compétences. SeFoC’Al assiste également les différentes composantes et les laboratoires de recherche de l’université, à différents niveaux, dans leurs relations avec leurs propres publics (étudiants en alternance, conventions de stages, accompagnement de VAE) ou encore en les informant sur l’évolution du cadre régional et national (législatif, réglementaire…) en la matière.

En 2023-2024, SeFoC’Al, dirigé par Pascal Gillon depuis 2021, constitue une équipe de 44 personnes[4] (contre 19 en 2019 et 23 en 2021) qui, hormis les services administratifs et financiers, se répartissent en quatre axes de mission : le pôle développement et entreprises, le pôle « individuels », le pôle alternance et la cellule VAE. Cette augmentation, liée à la forte croissance de ses activités, rendent insuffisants la surface de  375 m2 mise à la disposition de ce service à la maison des étudiants de la Bouloie en 2005 et les bureaux à l’IUT de Belfort. Un déménagement du service est prévu à Témis sciences, dans les locaux actuels de l’ISIFC (institut supérieur d’ingénieurs de Franche-Comté) lorsque ce dernier investira ses futurs bâtiments, actuellement en construction, dans le campus de la Bouloie.  En 2023, les recettes encaissées par SeFoC’Al s’élèvent à 8 878 793 €, dont 370 441 € liés à la taxe d’apprentissage. Le service gère 1 700 stagiaires et 1 600 alternants, plaçant ainsi l’UFC parmi  les acteurs moteurs de la formation professionnelle continue et de l’alternance dans l’enseignement supérieur.

Collaborant avec plus de 2 000 employeurs, l’université de Franche-Comté, via SeFoC’Al, propose plus de 100 formations ouvertes à l’alternance[5] (de bac +2 à bac +5), couvrant des compétences et des secteurs professionnels variés : industrie, droit, économie, énergie, sport, communication et marketing, santé, sanitaire et social, sciences, bâtiment, transport et logistique, informatique, comptabilité, qualité, hygiène et sécurité… Pour cela, elle s’appuie sur la pluridisciplinarité et l’expertise  de ses départements d’enseignement, de ses enseignants et intervenants professionnels, de ses laboratoires de recherche et de ses plateformes technologiques et équipements de pointe. SeFoC’Al assure un taux de 90% de chances de réussite et de 94% d’insertion professionnelle. Soucieux d’améliorer ses prestations de service et son organisation, SeFoC’Al reçoit l’agrément de plusieurs labels de qualité : certifications ISO 9001 en 2015, FCU en 2017 et, QUALIOPI le 8 décembre 2021[6].

Ce service de l’université de Franche-Comté, depuis l’IPST, l’IUFC et son centre CNAM, la formation continue, jusqu’au SeFoC’Al, a contribué à former plusieurs milliers d’adultes à l’université[7]. Très vite, dès l’IUFC, il s’est doté d’une identité visuelle forte avec le logo emblématique dessiné par Catherine Zask en 1988[8], utilisé des années durant, et que Catherine Bouteiller a renouvelé en 2010.

Pour faire connaître son offre, le service de la formation continue de l’université a toujours su s’appuyer sur des brochures de qualité.

Chemise de communication de la formation continue. 2010, Catherine Bouteiller. Archives départementales du Doubs, 370W/5.

Aujourd’hui, la communication s’effectue davantage de manière numérique via son site internet, sur les réseaux sociaux, mais n’oublie pas la présence aux salons et autres forums.

Les directeurs de la Formation continue : Laurence Ricq (2012-2021) et Pascal Gillon depuis 2021.

Notes :
  • 2. Voir la notice « L’alternance : la voie de la professionnalisation pour les étudiants », par Maryse Graner avec l’aide de Bernard Froment et de Laurence Ricq.
  • 3. L’université de Franche-Comté collabore avec plus de 2 000 entreprises.
  • 4. Un déploiement jusqu’à 55-60 postes est projeté d’ici 2028.
  • 5. Aux niveaux BUT et licence professionnelle, 100% des parcours de formation sont ouverts à l’alternance. Au niveau master, un parcours de formation sur deux est ouvert à la pédagogie de l’alternance.
  • 7. AD Doubs, 370W/1 à 112.
  • 8. Voir la notice « Naissance d’une identité visuelle exemplaire pour l’université de Franche-Comté (1988) » de René Didi.
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